Des mets et des vins à Blienschwiller : le Double Rendez-Vous des Saveurs 2016

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L’entrée du village et une vue sur le coteau nord  du Winzenberg.

Après une année de césure pour cause de « Périple sudiste », je retrouve avec grand plaisir ce « Double rendez-vous des Saveurs » organisé par le Syndicat d’Initiative de Blienschwiller.
Le temps est magnifique et il y a 10 vignerons qui nous attendent dans leur domaine pour nous faire goûter un de leurs vins accompagné par un plat réalisé en direct par un chef cuisinier.
Hoppla c’est parti !

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Accueil des participants et distribution des « outils » pour profiter de la journée

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Le set est complet…ma promenade gourmande 2016 peut commencer.

Le programme nous invite à faire un parcours où sont repérées les 10 étapes gustatives sans nous préciser les vins où les plats présentés par les domaines participants…nous partons donc au hasard pour une nouvelle aventure gastronomique !

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En route vers le domaine Sohler…

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…situé dans la partie haute du village…

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…et où il y a déjà pas mal de gourmets attablés.

 

1. Domaine Jean-Marie et Hervé Sohler : Pinot Gris 2015
La Fondue du Stall réalisée par Séverine Westerfeld« Le Huhnerstall » à Dieffenbach-au-Val.

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Né sur un terroir granitique situé entre les deux coteaux du Grand Cru Winzenberg, ce pinot gris a été prélevé sur foudre en cours d’élevage.
Classique dans son expression aromatique – fruits jaunes et touche fumée – ce vin possède une matière généreuse structurée par une arête acide assez solide qui apporte une belle fraîcheur à la finale.
Cuit dans un bouillon aromatique le poulet délicatement parfumé et ultra-moelleux se marie très facilement avec le vin : accord complet au niveau du goût et de la texture.
Avec des partenaires plus difficiles comme les condiments et la la salde aux oignons, le pinot gris résiste sans défaillir en gardant le monopole du palais en finale. Belle performance !

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Fabriquées par un tonnelier isèrois et avec des douelles taillées dans du chêne de Blienschwiller par un merrandier vosgien, ces barriques de « terroir » vont être utilisées pour l’élevage de ce pinot gris.



2. Domaine François et Pierre-Yves Meyer : Crémant Rosé 2013

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Anguille fumée, poireaux et artichauts confits, croquant granny smith et coulis de framboise réalisé par Marc Weibel « La Casserole » à Strasbourg.

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Réalisé à partir de raisins de pinot noir de 2013 ce crémant rosé, dégorgé il y a 2 mois, révèle un fruité bien frais, une vinosité conséquente, une mousse fine et une finale sapide où on sent une petite amertume.
Cette préparation d’une grande finesse et remarquablement équilibrée en saveurs met en présence un tronçon d’anguille très onctueux, un coulis fruité acidulé et des légumes au goût rehaussé par un gingembre assez explosif.
Face à ce plat raffiné le crémant ne se laisse nullement impressionner par ce festival aromatique et garde le dernier mot en proposant une finale aux amers adoucis, qui laisse une impression fort agréable en fin de bouche.

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L’art s’invite également dans les cours vigneronnes : l’entrée du domaine Meyer est décorée par les toiles de Stéphanie Leindecker.



3. Domaine Hubert Metz « Cave de la Dîme » :Pinot Noir Rosé d’Alsace Osé 2015

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Poitrine de cochon salée puis laquée sur choucroute à l’huile fumée réalisé par Sylvie Grucker« Le Pressoir de Bacchus » à Blienschwiller.

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Sur ce millésime exceptionnel, le domaine Hubert Metz a « osé un rosé » destiné à accompagner nos déjeuners estivaux. Sous le soleil printanier de ce 8 mai, il se goûte déjà avec beaucoup de plaisir : une robe très claire, un fruit charmeur, une touche de bonbon anglais, un équilibre très dynamique, une finale légère et glissante…MIAM !
Face à ce plat qui associe la douceur d’une poitrine de porc caramélisée et les arômes fumés de la choucroute, l’accord avec ce ce rosé vif et gourmand fonctionne étonnamment bien : avec le choux l’harmonie est presque naturelle – l’acidité du choux et la vivacité du vin se répondent – alors qu’avec la viande, le vin réagit en coupant un peu les sensations onctueuses délivrées par la viande, laissant le palais frais et dispos…accord dynamique très réussi !

 

4. Domaine Jean-Marie Straub : Pinot Noir Elevé en barriques  2012

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Brochette de canard sauce vinaigre de framboise sur purée de petits pois réalisé par Didier Roeckel« A la Couronne » à Scherwiller.

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Cette cuvée de pinot noir née sur un sol granitique a été vinifiée en foudres, élevée en barriques et mise en bouteille sans filtration. Encore un peu marquée par son élevage (notes lactées, caramel), ce vin encore bien jeune révèle un fruité très délicat et une vraie gourmandise en bouche : le jus bien dense est structuré par une trame tannique au grain très soyeux et au niveau de la finale on retrouve la salinité propre aux terroirs de granit. Joli vin !

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La belle cave voûtée du domaine Straub.

Avec la viande tendre et goûteuse, relevée par une touche de framboise le vin crée un accord ton sur ton d’une grande évidence…classique mais terriblement bon !
Sur la purée de petits pois, absolument délicieuse, le vin ne réagit pas trop bien : les tannins sont durcis et la finale perd de son charme en laissant persister des notes un peu terreuses.

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Didier Roeckel et ses assistants au travail dans la cour du domaine Straub…

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…où les visiteurs commencent à affluer.



5. Domaine René Kientz et fils : Pinot Gris DéliKtess 2014

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Sucette à la Tomme du Hohwald et jambon de pays réalisé par Robert Hubrecht« La Petite Auberge » au Hohwald.

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Réalisée à partir d’un assemblage de pinots gris provenant pour 30% du Winzenberg et pour 70% d’un secteur plus argileux du vignoble de Blienschwiller, cette cuvée présente un équilibre bien sec avec une aromatique discrète mais très raffinée et une finale saline, délicatement fumée.
Ce très beau pinot gris répond de la plus belle manière qui soit à cette assiette qui respire le terroir vosgien : la sucette à la tomme chante à l’unisson avec l’onctuosité du vin tout en faisant ressortir sa salinité et le jambon fumé fait un vrai mariage d’amour avec ses effluves fumés…Accord majeur validé !



6. Domaine du Racème : Muscat Belle Amie 2015

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Aiguillette de volaille fermière d’Alsace marinée au coco, curry, poivre Timut et piment d’Espelette et cuite à basse température, mousseline de carottes et copeaux de carottes multicolores réalisé par Sacha Bender« Le Freiberg » à Obernai.

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Provenant d’une parcelle de vieilles vignes sur un terroir calcaire vendangée en légère surmaturité, la cuvée « Belle Amie » est un muscat très charmeur avec une aromatique florale délicate, une matière suave et délicatement moelleuse et une finale fraîche et légère.
Face à un plat qui nous propose une aiguilette de volaille d’une tendreté absolue placée dans un environnement aromatique extrêmement complexe, ce muscat séduisant et facile d’accès se tient magnifiquement bien en créant une vraie synergie tant au niveau des textures que des arômes.
Voilà un vin que j’aurais volontiers siroté seul à l’apéritif mais cet accord inattendu prouve qu’on ne mesure pas encore l’étendue du potentiel gastronomique des muscats alsaciens.

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Des couleurs et de l’animation dans la cour du domaine du Racème…

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…et quelques petits monstres qui prouvent qu’on peut recycler de vieilles boules de pétanque.



7. Domaine de la Tour – Joseph Straub et fils : Pinot blanc Klevner 2013

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Blanc de volaille avec mousse et foie gras et gelée de Porto réalisé par Hubert Maetz « Le Rosenmeer » à Rosheim.

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Souple, frais et finement aromatique, ce pinot blanc s’exprime avec spontanéité et bonhommie…et avec cette météo déjà très estivale il nous rappelle que ce type de vin constitue une alternative de premier choix aux rosés d’été.
Partageant le même esprit de délicatesse et de douceur, le plat aux saveurs discrètes et raffinées et le vin s’harmonisent avec facilité. En finale, cette verrine réalisée par le chef étoilé de Rosheim fait ressortir le côté sapide et légèrement crayeux de ce pinot gris.

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La cour du domaine de la Tour.

 

8. Domaine Hubert Meyer : Riesling 2014

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Salade de pommes de terre au haddock fumé et son espuma au munster réalisé par Philippe Gervasi« Auberge du Neuland » à Colmar.

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Le seul riesling proposé lors de cette promenade gourmande provient d’une parcelle de vieilles vignes sur granit située en bas du Winzenberg.
Son olfaction est discrète mais très pure (fruits et fleurs blanches, pierre chaude), en bouche la matière est allongée avec une structure verticale et une belle présence minérale en finale.
Sur ce plat à base de produits campagnards assez rustiques préparés de façon élégante et recherchée, ce riesling ciselé impose la force de sa minéralité et finit par dominer les saveurs corsées de cette belle verrine.
En finale la bouche reste propre et fraîche…et prête à poursuivre l’aventure gustative.

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Les étonnantes peintures à la bière et au vin rouge de Laurent Bessot…

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…des bouchons peints avec de la Guiness et du pinot noir alsacien.

 

9. Domaine Jérôme Meyer : Sylvaner de Blienschwiller 2015

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Truite fumée de Wingen, chutney de rhubarbe réalisé par Romain Creutzmeyer « Le Colbert » à Strasbourg.

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Plantée sur un coteau de sable et de limon exposé au sud cette vigne est située dans l’aire d’appellation « Sylvaner de Blienschwiller ».
En 2015, la vendange est rentrée avec un potentiel alcoolique de 15° et Jérôme Meyer a choisi de vinifier cette cuvée exceptionnelle en visant un équilibre légèrement  moelleux avec 14° et 13 grammes de sucre résiduel.
Discret mais très complexe au plan aromatique ce sylvaner brille par sa présence en bouche très invasive avec une matière riche et concentrée et une salinité bien marquée en finale. MIAM !

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L’atelier de cuisine est installé sous une tonnelle placée entre des parcelles de vignes derrière la maison Meyer…

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Le chef Romain Creutzmeyer en plein travail…

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…et le fumoir original réalisé dans une terrine à Baeckaoffa.

Avec un plat crée pour l’occasion par le jeune chef du « Colbert » après avoir dégusté le vin de Jérôme Meyer, ce sylvaner un peu atypique entre en résonnance avec une perfection absolue : les goûts sont en harmonie et le moelleux du vin s’harmonise totalement avec la douceur de la texture et des arômes de cette composition originale…un accord parfait majeur !

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Vous reprendrez bien une lichette de sylvaner de Blienschwiller !

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En marche vers notre dernière étape à travers les vignes autour du village de Blienschwiller.

 

10. Vins Spitz et fils : Pinot Gris Prestige 2014

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Parfait de foies blonds, feuilleté aux graines, champignons et légumes réalisé par Gérard Eckert« Traiteur/Restaurant » à Dorlisheim.

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Grâce à un tri méticuleux le domaine Spitz a réussi à vinifier un pinot gris pur et délicat doté d’un équilibre sec avec un jus gourmand finement acidulé et une finale très sapide.
Le plat travaillé avec une très grande précision nous propose une version personnalisée d’un grand classique de la gastronomie française. L’accord avec le vin se réalise assez natrellement dès la première gorgée mais sur la longueur le pinot gris fléchit et finit par se faire oublier…les sensations laissées en bouche sont intéressantes mais je crois que cette préparation aurait supporté un pinot gris un peu moins sec.

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L’atelier cuisine de Gérard Eckert installé dans la cave du domaine Spitz.


Pour conclure :

Après avoir raté l’édition 2015 pour cause de « Pèlerinage sudiste », j’étais impatient de retrouver les cours vigneronnes de Blienschwiller pour tester de nouveaux accords gastronomiques avec des vins d’Alsace.
Une fois encore nos grands chefs ont su faire preuve de créativité et d’ingéniosité pour nous régaler avec des mets de très haute tenue réalisés dans des conditions de travail assez inhabituelles pour eux…Bravo à tous !

Avec une sélection de vins qui a fait la part belle au pinot gris – 3 sur 10 quand même – nous avons pu vérifier toute l’étendue du potentiel gastronomique de ce cépage alsacien.
Mes coups de cœur viniques du jour seront pour l’incroyable sylvaner de Jérôme Meyer, atypique par sa richesse mais irrésitsible par sa gourmandise, et pour le très beau pinot noir 2012 de J.M. Straub, qui confirme son coup de ceour de 2014 obtenu pour la version 2010 de cette même cuvée…belle constance !

Comme  en 2013 et en 2014, les associations gustatives proposées cette année se sont toutes révélées particulièrement harmonieuses…aucune hésitation : 10/10 avec les félicitations du jury !!!
A titre personnel j’ai apprécié par-dessus tout la perfection de l’accord entre le sylvaner de Blienschwiller de J. Meyer et la création du jeune chef du « Colbert ». Dans le même esprit, le dialogue entre le beau muscat du domaine du Racème et la subtile préparation à la volaille de Sacha Bender fut également une magnifique expérience gastronomique.

Merci à tous ceux qui ont œuvré pour nous permettre de passer cette très belle après-midi. A l’année prochaine j’espère…

P.S.
Dans mon élan d'enthousiasme j'ai oubilé de mentionner la seule critique à propos de cette journée et elle concerne le choix du verre : SVP oubliez cet INAO un peu désuet et offrez nous un vrai beua verre pour apprécier vos vins !

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