- Accueil
- Visites en Languedoc-Roussillon
- Année 2026
- Périple sudiste 2026 - Visite au domaine Supply-Royer à Arboras
Périple sudiste 2026 - Visite au domaine Supply-Royer à Arboras

Lourmarin dans le Luberon
Cette année mon périple sudiste va prendre une tournure assez inédite puisqu’il va commencer dans le Languedoc, se poursuivre dans le Luberon et la Vallée du Rhône pours se terminer par l’indispensable étape ardéchoise chez mes amis de Vallon-Pont-d’Arc
Ma courte escapade languedocienne va me permettre de découvrir le Domaine Emile et Rose dans le vignoble biterrois avant de retrouver mes amis Eric et Marie-Ange au domaine Supply-Royer à Arboras, histoire de pérenniser une tradition établie depuis une vingtaine d’année (déjà !!!!).
Mon séjour dans le Luberon sera plus touristique que vinique mais il me donnera quand même l’occasion de rencontrer Laura Aillaud et de faire une petite virée au pied du Ventoux pour retrouver Marie-Sophie et Thomas à La Combe au Mas.
La dernière halte de ce périple 2026 se situera dans les Cévennes pour une troisième visite au « Clau de Lise ».
Hoppla, c’est parti !
Domaine Supply-Royer à Arboras

Arboras en juin 2026
Après une visite plus longue que prévue au domaine « Emile et Rose » je vais vraiment arriver très tard chez mes amis Eric et Marie-Ange pour ma visite annuelle au domaine Supply-Royer.
Mais pas question de zapper cette étape essentielle de mon périple sudiste…on fera vite et bien !
Pas de temps à perdre…je retrouve Eric dans la cave d’Arboras et comme toujours nous commençons à parler du dernier millésime mais également de l’évolution du domaine car avec l’échéance du départ à la retraite qui approche pour Eric et pour Marie-Ange, il y a pas mal de questions qui se posent au sujet de la suite de leur aventure vigneronne.
Mais pour l’heure, le projet de « réduire la voilure » n’est pas encore d’actualité puisque Eric vient de récupérer une très belle parcelle de vieux carignans qui jouxte la vigne des Intillères…quand on aime les vignes, c’est dur de résister à la tentation, d’autant plus que le production de cette parcelle va pouvoir entrer dans cette cuvée des Intillères, toujours très prisée par les clients du domaine.

La nouvelle parcelle de carignan des Intillères
Les locaux professionnels du domaine évoluent également petit à petit avec un stockage bouteilles qui prend de plus en plus des allures bourguignonnes…un petit retour aux sources pour Eric !

Une partie des bouteilles de 2025 empilées à la bourguignonne.
En ce qui concerne le millésime 2025, ce fut un millésime marqué par une maturité très rapide « en nous référant aux dates de floraison nous devions débuter les vendanges le 22 août » mais avec la succession des vagues de chaleur de l’été, Eric a été contraint d’avancer les vendanges d’une semaine « il fallait agir rapidement car les raisins commençaient à griller ».
Au niveau de la production, il y a eu peu de raisins et peu de jus dans les baies, ce qui fait que selon les cépages la perte de volume varie de moins 30% à moins 50%.
Pour l’heure (mi-juin), le millésime 2026 s’annonce bien avec une floraison qui s’est bien passée et une très belle sortie de raisins mais avec la chaleur qui s’est installée très tôt sur cette région, ça ne va pas être simple…d’autant plus que les futures vendanges sont prévues début août.
Bon, il est temps d’aller voir comment se portent les vins blancs de 2025.

Prêt pour la dégustation !
Bourboulenc : expression aromatique très agréable avec des notes de fruits jaunes mûrs sur un fond finement lacté/vanillé, bouche assez généreuse avec un joli gras, finale bien digeste stimulée par une délicate amertume.
Cette cuvée inédite –et probablement éphémère – réalisée à partir de raisins récoltés sur une parcelle gréseuse semble déjà bien en place et se goûte avec grand plaisir dès maintenant…ça commence bien !
Le Bourboulenc de Nega Saumas (en cours d’élevage) : nez plus discret qui laisse deviner des notes de pêche blanche et d’agrumes mûrs, bouche puissante avec du gras, équilibrée par une acidité mûre et une forte salinité, finale bien tonique avec un long sillage sur le pamplemousse,
La « doyenne » de la cave Supply-Royer, est fidèle à sa réputation avec une expression aromatique encore sur la retenue mais un jus très prometteur qui assure un bel équilibre entre richesse et structure.
La Marsanne de Labade : nez discret mais d’une grande complexité avec une palette fruitée (pomelo, abricot frais) et épicée, bouche puissante avec une chair consistante et gourmande, finale assez riche mais bien digeste.

Millésime après millésime, cette cuvée de marsanne se distingue par une spontanéité gourmande quasi irrésistible et par un équilibre sur le fil qui lui confère une impeccable buvabilité.
La Roussane de Victor : nez très charmeur avec une palette exotique soutenue par de fins arômes citronnés, bouche puissante et bien charnue, finale intense avec une belle longueur acidulée et épicée.

A l’instar des 3 cuvées précédentes cette roussanne porte la marque du millésime en développant une présence en bouche riche et intense tout en gardant un côté fringant et sapide en finale.
Costas Blanc – Cuvée Jules : nez complexe et raffiné mais toujours un peu discret, bouche bien construite avec un jus fruité dense et profond, tenu par une acidité vive, presque mordante, finale bien tonique avec un long sillage balsamique et crayeux.
Cette jeune parcelle plantée de sémillon, chenin et roussanne sur le terroir de Costas, n’a pas connu de baisse de rendement en 2025…et c’est une bonne nouvelle car cette nouvelle cuvée Jules me semble vraiment très prometteuse…à bon entendeur !
Les Intillères (en cours d’élevage) : nez assez discret où on devine de belles notes fruitées soutenues par un boisé très élégant, bouche dense et charnue avec un joli gras et un équilibre très gourmand, finale longue et sapide.
En 2025 le « triangle » des Intillères a généré une belle vendange de chenins et de bourboulencs « une des rares parcelles où il n’y a pas eu de perte de rendement »…et ça tombe plutôt bien puisque ce jus dégusté sur fût me semble promis à un bel avenir.
Nous terminons cette série de blancs par une Marsanne de Labade 2024 : nez plus expressif avec une palette déjà bien complexe sur le citron mûr et la craie relevée par de légères nuances fumées, bouche puissante avec un équilibre précis et bien droit, bouche fraîche et sapide avec une belle persistance sur le pomelo et les épices douces.
Après avoir dégusté une superbe marsanne 2023 en mai 2026, j’attendais beaucoup de cette cuvée et je n’ai vraiment pas été déçu, l’édition 24 est tout aussi réussie…et je suis ravi d’avoir pu encaver quelques flacons de cette petite pépite. MIAM !
Nous poursuivons par la dégustation de quelques cuvées de rouge issues des millésimes 24 et 25
Les 6 Feuillettes 2025 : nez expressif et charmeur avec des notes de fruits rouges bien mûrs sur un fond boisé/épicé très raffiné, bouche dense, gourmande et bien sapide, finale assez riche mais avec un côté frais et « glissant » qui lui apporte une belle buvabilité.
Comme pour les années précédents cette cuvée est réalisée à partir d’une macération courte mais sur le millésime 2025 le jus est un peu plus corsé que d’habitude, sans toutefois lui enlever son côté séduisant et sa gouleyance. MIAM !
Les Terrasses d’Albertine – A Michel 2024 : fruité discret mais très complexe au nez, bouche bien charnue stimulée par une acidité assez pointue et un petit grip tannique très soyeux, finale tonique et très digeste.

Les Terrasses d’Albertine – La Nauc 2024 : nez ouvert et toujours très raffiné avec des notes de prune et de violette sur un fond finement balsamique, bouche puissante avec un jus dense, une acidité bien sensible et une texture très soyeuse, finale longue et sapide.

Nés au cours d’un millésime assez compliqué dans le vignoble aveyronnais, ces deux cuvées se tiennent vraiment très bien après un an de bouteille : la cuvée « A Michel » élevée en cuve a conservé toute son élégance et la cuvée « La Nauc » élevée sous bois, commence a se livrer avec une aromatique flatteuse et une présence en bouche parfaitement équilibrée.
Les Terrasses d’Albertine – La Nauc 2025 (en cours d’élevage) : nez intense et complexe, bouche puissante et très concentrée, finale riche, rafraîchie par une minéralité bien salivante,
En 2025 comme en 2024, « les raisins étaient moins beaux sur le plateau que sur les terrasses du bas » mais grâce à un tri sévère, Eric a pu vinifier cette cuvée généreuse et profonde, qui respectera parfaitement les standards qualitatifs du domaine. Prometteur…
Le Mourvèdre de Mon Léon 2025 : nez complexe et racé marqué par de fines notes de réduction mais l’aération révèle de belles notes de fruits noirs et de réglisse, bouche puissante et concentrée, équilibrée par une acidité vive et large, tanins fins et soyeux, finale très tonique avec un long sillage fruité/épicé.
En 2025, le mourvèdre du petit Léon, affirmera un caractère haut en couleur avec de la richesse et de la structure, un vin plein d’énergie qui pourra encore gagner en harmonie avec quelques années de garde supplémentaires.
La Syrah de Pey Cherres 2024 : nez qui s’ouvre sur des notes de lies et de levures avant que l’oxygénation révèle une belle palette fruitée et florale bien typée « syrah », bouche puissante et solidement construite, finale intense et tendue avec un long retour fruité/épicé.
La Syrah de Pey Cherres 2023 : nez très avenant avec des notes de fruits noirs bien mûrs sur un fond réglissé/épicé très élégant, bouche puissante avec un jus très concentré mais bien structuré, finale riche et intense avec une longue persistance épicée.

La doyenne rouge de la cave Supply-Royer a bénéficié comme toujours d’un « traitement de faveur » avec un élevage plus long qui lui permet de tempérer sa fougue naturelle. Nous terminons donc cette dégustation avec une version 2024 expressive et très fringante et une version 2023 mûre et opulente, une vraie syrah sudiste, diablement bien vinifiée…chapeau, l’artiste !
Les années passent, de plus en plus vite d’ailleurs, mais le plaisir de partager quelques moments avec mes amis languedociens est toujours aussi intense.
(comme je ne sais plus quoi dire de nouveau, je recycle cette introduction de 2025)
Après une première dégustation très convaincante en 2025, les rouges de 2024 ont tenu leurs promesses : ils sont bien construits, d’une grande élégance et d’une parfaite buvabilité, des vins plaisir à boire dès aujourd’hui mais qui pourront également patienter quelques années en cave.
Les vins de 2025 portent la marque d’un millésime chaud qui a vu se succéder les vagues de chaleur durant tout l’été.
Les blancs juteux et très consistants auront besoin d’un peu de temps pour se révéler pleinement et accorder harmonieusement leurs éléments constitutifs. Les 3 cuvées de rouge que j’ai pu déguster ce jour ont révélé des profils languedociens affirmés avec des chairs musculeuses tenues par des charpentes très solides…ce sont de vaillants gaillards sudistes taillés pour la garde et la gastronomie, des vins qui « remettent l’église au milieu du village » !
Comme toujours je repars d’Arboras comblé par cette nouvelle rencontre avec Eric et Marie-Ange et bien décidé à les retrouver en 2027…à moins qu’ils décident enfin de venir visiter « la plus belle région du monde » en 2026 !
A l’année prochaine, bien sûr !
Ajouter un commentaire