Salon Millésime Alsace 2014 à Colmar

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Avec plus de 100 domaines viticoles présents, l’édition 2014 de ce salon a rayé des tablettes celle de 2012 pourtant déjà fort impressionnante par le nombre et la qualité des participants…une distribution de rêve pour célébrer la grandeur des vins d’Alsace !
Malheureusement pour moi, on est lundi et mon emploi du temps ne me permet de dégager qu’un peu plus de 3 heures pour profiter de cette manifestation où la densité des grands noms du vignoble alsacien a atteint un niveau surement jamais égalé jusqu’ici…GRRRR !!!

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Plus de 100 domaines et des visiteurs venus en nombre dans la halle aux vins du Parc Expo de Colmar.

Je sais déjà que je vais rentrer chez moi avec un grand sentiment de frustration en pensant à tous les vignerons que je n’aurai pas eu le plaisir de saluer et à tous ces beaux vins que je n’aurai pas eu le bonheur de déguster. Mais bon, je vais quand même essayer de me faire plaisir en allant siroter quelques belles cuvées…
Hoppla, c’est parti !

Vigner
Comment choisir avec une telle offre ???

Si l’édition 2012 de Millésimes Alsace était exclusivement dédiée aux rieslings, cette année, l’organisation a permis aux vignerons de présenter des vins issus d’autres cépages mais en leur imposant de ne choisir que 8 références dans leur production.
Un peu plus de 800 vins proposés à la dégustation…une bagatelle !!!

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Riesling Pfersigberg Ortel 2012 : palette discrète sur les agrumes frais (orange, citron, pomelo), rectiligne et tonique en bouche, finale soutenue par une belle minéralité et des amers nobles.
Petite nouveauté au domaine puisque Michel Ginglinger a décidé de décliner le Grand Cru à travers deux lieux-dits distincts du Pfersigberg, l’Ortel très calcaire et le Hertacker plus gréseux.
Une première cuvée très raffinée que je comparerai bien à la seconde pour voir…affaire à suivre.

Riesling Eichberg 2010 : complexe et floral au nez, bouche avec une chair élégante et une colonne vertébrale acide très solide, belle persistance finale.
Riesling Eichberg 2008 : notes d’écorce d’orange avec une petite touche exotique au nez, acidité droite et puissance minérale en bouche, finale longue et finement tannique.
Deux vins purs, précis et solidement structurés avec un 2008 qui commence à s’ouvrir timidement et à affirmer l’empreinte minérale de son terroir. MIAM !

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Riesling Wineck Schlossberg 2013 : vif, citronné avec une acidité fine et tendue qui file tout droit.
Riesling Schlossberg 2013 : aromatique discrète, agrumes frais, structure rectiligne mais avec un peu plus de volume.
Ces deux cuvées emblématiques de riesling encore en cours d’élevage donnent une première impression du nouveau millésime chez les Bernhard : précision, vivacité et droiture…des vins élancés et bien tendus qui raviront les amateurs de classicisme.

Riesling Wineck Schlossberg 2012 : palette discrète, citron frais et notes pierreuses, fuselé et tonique en bouche, très minéral en finale.
Riesling Schlossberg 2012 : belles notes de mandarine, matière plus ample mais toujours élégante, finale assez pointue.
Déjà perceptibles en filigrane sur 2013 les natures bien différentes de ces deux Grands Crus granitiques se dessinent avec plus de précision sur 2012 : citronné, minéral avec une acidité traçante pour le Wineck, plus riche au plan aromatique avec une structure moins rectiligne et une silhouette plus fuselée pour le Schlossberg.

Pinot Gris Furstentum 2012 : complexe et finement floral au nez, belle présence en bouche avec un moelleux parfaitement intégré.
Ce Grand Cru flatte les sens par son expression aromatique séduisante et spontanée et sa matière fort avenante qui associe générosité et sapidité.

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Riesling L’Hostellerie 2012 : joli fruité au nez, gourmand mais structuré avec beaucoup de classe en bouche.
Pinot Gris L’Hostellerie 2012 : petite réduction à l’ouverture puis palette florale très séduisante au nez, équilibre sec en bouche mais avec un gras charmeur et une présence finale svelte et élégante.
Gewurztraminer L’Hostellerie 2012 : nez précis et très flatteur avec d’intenses effluves d’eau de rose (je n’ai pas retrouvé ces fameux arôme de cône de houblon présent sur 2009 et à un degré moindre sur 2011), bouche douce et suave, beaucoup de finesse dans la structure et dans l’expression aromatique.
Provenant de parcelles marno-calcaires situées sur les coteaux autour d’Eguisheim, les vins de la gamme « L’Hostellerie » permet à Christian Beyer de nous présenter les cépages alsaciens sous leurs côtés séduisants et gourmands…de petites friandises à savourer sans retenue. MIAM !!!

Riesling Pfersigberg 2012 : fermé au nez mais plein d’une énergie minérale assez impressionnante, matière qui enveloppe la bouche avant de se tendre vers une finale très salivante.
Riesling Pfersigberg 2010 : discret et classieux au nez, très belle présence en bouche, acidité fine et tracée mais une petite touche de gras supplémentaire par rapport au 2012, finale élancée, très élégante.
Malgré des millésimes assez similaires ces deux Grands Crus possèdent des personnalités bien distinctes : même si le 2010 semble s’être un peu replié sur lui-même par rapport à l’année passée, il reste un modèle de suavité et de raffinement, le 2012 se montre plus sauvage et affirme dès son plus jeune âge une minéralité intense et vibrante…très grand potentiel !

Pinot Noir Sundel 2012 : nez qui s’ouvre sur des notes lactées avant de livrer de délicats arômes de fruits rouges, bouche superbe, matière sphérique avec des tanins souples et une acidité mûre et longue, finale nette et sapide.
Cette parcelle de pinots noirs (provenant d’une sélection massale du Clos des Epenots à Pommard) plantée il y a quelques années par Christian Beyer sur le coteau calcaire du Sundel dans le prolongement du Pfersigberg, a produit un vin rouge de grande classe, étonnant de maturité malgré la jeunesse des vignes.
Beau et séduisant aujourd’hui…mais sûrement très grand dans le futur !

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Riesling Hagel 2012 : expression aromatique ouverte et flatteuse, matière ample et épanouie, finale tendue et saline.
Riesling Equinoxe 2012 : nez très élégant sur un registre floral, bouche élancée, équilibre droit, finale vive et salivante.
Paul Fuchs nous propose deux belles cuvées de riesling provenant de parcelles autour des grands crus de Ribeauvillé : Hagel est déjà bien marqué par l’empreinte minérale de son terroir granitique, Equinoxe, récolté sur des terroirs argilo-marneux tardifs (en haut de coteau ou exposés au nord) se montre plus avenant tout en s’appuyant sur une structure bien construite.
Voilà deux belles déclinaisons de mon cépage favori…MIAM !

Riesling Kirchberg de Ribeauvillé 2010 : olfaction florale très délicate, équilibre droit avec une acidité traçante et une belle salinité en finale.
Riesling Kirchberg de Ribeauvillé 2011 : olfaction complexe, florale et fruitée avec une touche de levure (même de levain…), matière ample, sphérique, belle allonge en finale mais avec un retour de ces petites scories aromatiques fermentaires.
Le terroir marno-calcaro-gréseux du Kirchberg de Ribeauvillé donne à ces deux rieslings une belle complexité dans l’expression aromatique et dans la structure. Le 2010 est pur, longiligne et racé, le 2011 qui porte encore les stigmates d’une fermentation capricieuse, est plus généreux et demandera sûrement plus de temps pour révéler sa vraie nature.
Comme souvent avec les cuvées bien nées sur ce Grand Cru, l’amateur devra s’armer de patience pour permettre à ces vins de se révéler pleinement.

Pinot Noir Rouge comme Renard 2012 : gourmand et fruité (griottes, petits fruits rouges frais) au nez, svelte et tendu en bouche, finale très tonique.
Issu d’une parcelle de vieilles vignes située dans le Grand Cru Kirchberg, ce pinot noir précis, équilibré et digeste séduit par sa finesse toute bourguignonne. Belle découverte !

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Riesling 2012 : classique, droit, simple mais très bien fait.
Riesling Vieilles Vignes 2012 : dans le même style que le vin précédent mais avec une matière plus concentrée qui s’élargit en finale.
Riesling Frankstein 2012 : olfaction très réservée, équilibre sec avec une matière assez généreuse tenue par une belle acidité, long sillage aromatique et salinité naissante en finale.
Ce crescendo qualitatif de riesling de granit nous propose une série de figures imposées très classiques mais réalisées avec une grande maîtrise.
Rien à redire, c’est tout bon !

Riesling Quintessence 2011 : plus ouvert avec une expression aromatique classique de riesling bien mûr, bouche équilibrée, belle balance entre générosité et vivacité.
Pinot Gris Quintessence 2011 : nez riche sur les fruits jaunes avec une touche grillée, volumineux et gras en bouche, s’affine et s’allonge en finale.
Ces cuvées proviennent de parcelles granitiques situées à la périphérie du Grand Cru Frankstein (il y a même une parcelle dans le GC pour le pinot gris). Leurs équilibres plus moelleux les rendent éminemment sympathiques et faciles d’accès, effets du millésime mais aussi recherche de maturité plus importante de la part de leurs concepteurs. A boire tout de suite pour le plaisir…à attendre si on en a envie car le potentiel de garde est là.

Pinot Noir Quintessence 2012 : fruit croquant, fraîcheur et grande précision aromatique en bouche, très bel équilibre final.
Issu de parcelles de vignes situées sur des sols plus légers (sables et limons) et travaillé avec un sulfitage très léger, ce pinot noir séduit par sa légèreté et sa pureté. Glissant et digeste…MIAM !

Gewurztraminer Clos Saint Sébastien 2012 : olfaction classique mais flatteuse sur les fruits exotiques et les épices douces (girofle, cannelle), matière caressante en bouche avec une expression aromatique toujours très exotique, finale qui s’étire un peu avec de belles sensations salines.
Ce clos situé sous la Chapelle du même nom produit un gewurztraminer archétypique qui se distingue par sa très belle tenue en bouche.
Classique et gourmand !

Crémant : nez très « champagnisant » avec des notes de brioche, de beurre frais et de noisette, bouche svelte avec une mousse fine et légère et une jolie présence aromatique en finale.
Présenté avec une certaine fierté par ses concepteurs, ce crémant est un assemblage de 3 pinots alsaciens (blanc, gris et noir) élevés en foudres et en barriques avant la seconde fermentation et qui ont passé 40 mois sur lattes.
Ce travail exigeant permet aux Frey de sortir un crémant de haute tenue qui je pense, tiendrait facilement sa place parmi des crus champenois.

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Crémant : grande finesse aromatique, mousse délicate, vinosité et silhouette oblongue en bouche, finale nette et longuement aromatique.
Issue à 100% de pinot noir cette cuvée de crémant qui impressionne par sa classe est pour moi l’une des références qualitatives absolues en Alsace.
La perfection dans le classicisme…MIAM !

Riesling Kirchberg de Barr 2012 : aromatique discrète sur les agrumes, structure verticale avec une matière concentrée mais l’équilibre reste sec, belle minéralité naissante en finale.
Riesling Kirchberg de Barr 2010 : nez sur le citron et les herbes aromatiques, bouche droite et précise, acidité noble mais très traçante, finale tendue et saline.
Ce magnifique coteau marno-calcaire qui domine la cité de Barr permet à Jean-Daniel Hering d’élaborer de très grands rieslings secs avec une empreinte minérale qui se dessine très tôt. Des crus de grande garde évidemment !

Rosenegert 2008 : olfaction évolutive et raffinée, matière ample et déliée en bouche, arête acide fine mais solidement tendue, finale fraîche et complexe.
Issue d’une complantation de 6 cépages alsaciens (50% riesling + gewurztraminer + pinot gris + muscat + pinot blanc) dans un petit coin de paradis au dessus du Kirchberg, cette cuvée originale est conçue pour offrir une interprétation très sensuelle de ce terroir marno-calcaire…mais comme nous le prouve cette bouteille qui s’exprime avec beaucoup d’élégance après 6 années en cave, Rosenegert demande toujours un peu de garde pour se livrer pleinement.

Pinot Noir Cuvée du Chat Noir 2012 : aromatique précise et pure sur les fruits rouges, équilibre flatteur mais digeste en bouche avec des tannins présents mais bien fondus et une finale fruitée et tonique.
Ces pinots noirs provenant exclusivement du Grand Cru Kirchberg et élevés en barriques ont produit une très belle cuvée en 2012 : l’aromatique est déjà bien épanouie, la balance entre richesse et tension parfaite et l’élevage dosé avec beaucoup de doigté…Très belle bouteille !


Mais, comme je le craignais, il est déjà temps pour moi de plier bagage et je n’ai même pas vu le quart des vignerons que j’aurai au moins voulu saluer à cette occasion…frustration maximale !
Je m’accorde quand même encore deux haltes expresses sur le chemin de la sortie :

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Crémant 2007 : expression aromatique délicate, complexe mais pas trop expansive, mousse bien crémeuse, acidité mûre et rectiligne, grande sapidité en finale avec un sillage fruité très guilleret.
Issue à 100% d’auxerrois, élevé 5 années sur lattes et non dosé à la mise, cette cuvée de crémant 2007 se hisse sans peine au niveau des belles références champenoises et s’impose comme l’une des références qualitatives parmi les bulles alsaciennes.

Riesling Linsenberg 1995 : nez fin et délicat sur les écorces d’agrumes avec une touche finement terpénique, sec et bien vertical en bouche avec une acidité très fringante qui file tout droit et une finale longue, profondément saline.
Avec sa silhouette épurée, son aromatique raffinée et sa structure acide solidement tendue ce riesling de granit est vraiment étonnant de jeunesse…MIAM admiratif !

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Muscat 2012 : raisin croquant, notes florales et touche musquée, vif et jovial en bouche, net et salivant en finale.
Déjà dégusté il y a quelques semaines au domaine ce muscat me séduit toujours autant par sa simplicité, sa pureté et son énergie.
Je ne pouvais évidemment pas quitter cette Halle au Vin sans avoir salué Claude et Sandrine Weinzorn et sans avoir sifflé une lichée de cette petite friandise.


Pour conclure :

Comme je le craignais à l’entrée de ce salon, j’en ressort en éprouvant un sentiment très partagé où le plaisir d’avoir rencontré de belles cuvées et de grands vignerons est largement gâché par le regret de n’avoir pas eu assez de temps pour profiter pleinement de cette journée dédiée aux vins d’Alsace…promis je ferai mieux la prochaine fois !

Au niveau des vins dégustés, j’ai cru reconnaître quelques grandes tendances qui semblent se généraliser chez ces vignerons alsaciens qui travaillent dur pour produire de grands vins :
 - j’ai constaté avec plaisir une progression qualitative vraiment impressionnante des grandes cuvées de crémants d’Alsace. Eh oui, il reste des vignerons qui ne cèdent pas à la facilité d’un marché porteur en commercialisant des bulles bas de gamme…pourvu que ça dure !
- j'ai l'impression que la recherche d’équilibres plus secs sur les grandes cuvées de blancs se confirme nettement, effets des derniers millésimes (10, 12 ou 13) ou changement radical de modèle…peu importe, personnellement, j’approuve !
- pour finir, j’ai également été marqué par le nombre de vignerons qui sont fiers de nous faire déguster leurs grandes cuvées rouges, des vins travaillés avec beaucoup d’ambition et dont certains tutoient d’ores et déjà l’excellence bourguignonne.

Pour trouver un rapport plus complet sur cette belle manifestation, je vous invite à vous rendre sur le blog de l’ami Stéphane.

Commentaires (1)

1. philippe (site web) 03/01/2015

Joli panorama !

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