Club AOC : vins portugais et champagnes de vignerons


Après deux sessions avec un protocole plus fantaisiste – barbecue festif pour juin et jeu qualité/prix pour septembre – il était temps de revenir vers un format classique en programmant une session d’octobre à deux thèmes :

- Premiers pas dans le vignoble portugais.
- Découverte de grands champagnes de vignerons.

Les vins du Portugal ont été collectés sur place par Pascal lors de son séjour estival dans ce pays et les champagnes ont été achetés par Martial au cours d’une visite de quelques jours chez des champenois de la famille de son épouse.
Même en vacances ils pensent au club AOC…chapeau les gars !

Les bouteilles de champagne et les 2 blancs portugais ont été débouchés à la sortie du réfrigérateur au moment du service.
Les rouges portugais ont été débouchés et laissés bouteilles ouvertes durant 3 heures avant la dégustation.
Tous les vins sont goûtés étiquettes découvertes.
C’est parti !

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Soirée Club AOC du 3 octobre 2014 à La Wantzenau

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On prend les mêmes – ou presque – et on recommence !

Muscat 2012 – Domaine de l’Oriel à Niedermorschwihr : nez aromatique et flatteur sur le raisin frais et les fleurs printanières, bouche tendre et souple, grande finesse aromatique, finale fraîche et légère.

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Au lendemain d’une belle journée de vendanges chez les Weinzorn, il était naturel que je place ce délicieux muscat en début de soirée : charmeur avec un très léger moelleux ce vin se boit bien plus qu’il ne se commente…un vrai muscat quoi !


Thème 1 : première incursion dans le vignoble lusitanien


DOC Douro Reserva 2011 – Adega de Vila Real : nez discret avec des notes de terre humide et de sous-bois relevées par de fines nuances torréfiées, bouche charnue, matière assez puissante, trame tannique soyeuse, finale plus longue avec une petite touche boisée et réglissée fort agréable.
(Touriga Nacional + Touriga Franca + Tinta Roriz + Tinta Barroca).
DOC Douro Lello 2010 – Sociedad dos Vinhos Borges : nez guilleret sur la griotte et le noyau de cerise, bouche souple, silhouette élégante, finale assez courte et finement tannique.
(Touriga Nacional + Touriga Franca + Tinta Roriz + Tinta Barroca).

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Avec son prix très doux (5 euros) et sa parfaite gourmandise, le Lello 2010 se présente comme un compagnon idéal pour une tablée de copains et mérite un MIAM franc et direct.
Plus compliqué à apprécier mais doté d’une texture plus dense et plus sèveuse, le Reserva de 2011 semble encore un peu jeune pour se livrer pleinement mais on y sent un vrai potentiel.


DOC Douro Alma Grande – Reserva 2010 – Caves Velhas : nez inattendu mais bien agréable avec une palette dominée par des notes végétales très originales (figue fraîche, peau de banane), bouche très avenante, matière charnue, très gourmande, finale assez longue avec une petite pointe alcooleuse.
(100% Touriga Nacional).
DOC Douro Vallado 2012 – F. Olazabal : nez plus classique sur un registre assez noir (réglisse, cassis, myrtille…), bouche très bien équilibrée, matière épaisse sans être pesante, puissant, concentré mais grande digestibilité en finale.
(100% Touriga Nacional).

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Avec ces deux cuvées mono-cépage on sent immédiatement la montée en gamme sur le plan qualitatif : expressions aromatiques plus complexes et présences en bouche où on sent très nettement un supplément de structure et de densité…deux belles cuvées encore jeunes mais qu’on déguste déjà avec grand plaisir.


DOC Douro Carm- Reserva 2010 – Casa Agricola Robreido Madeira : marqué par un goût de bouchon très intense, vraiment imbuvable.
(Touriga Nacional + Touriga Franca + Tinta Roriz).
Vinho Regiona Duriense Ramos Pinto 2008 – Quinta dos Bons Ares : nez très « bordelais » avec des notes de feuille et baie de cassis, une légère touche fumée, bouche bien plantée, matière riche, trame tannique et ligne acide bien en place, finale fraîche et légèrement réglissée.
(Touriga Nacional + Touriga Franca + Viozinho + Rabigato…).

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Après la déception occasionnée par cette bouteille de Carm vraiment impossible à déguster (sur le papier c’était l’une des belles quilles de la série), la bouteille de Ramos Pinto nous console très facilement : aromatique franche et élégante et grande noblesse dans la tenue en bouche. Très beau vin !


Vinho Verde 2013 – Quinta da Soalheiro : nez charmeur et bien complexe, palette florale et délicatement exotique, équilibre et petite rondeur agréable en bouche, fraîcheur et salinité marquée en finale.
(100% Alvarinho).
Vinho Verde 2013 – Quinta da Aveleda : nez frais et floral, très engageant, léger, presque fluet, en bouche, petite pointe de CO2 et acidité vive, finale nette mais très courte.
(80% Loureiro + 20% Alvarinho).

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Pour finir notre visite dans le vignoble portugais, Pascal a choisi de nous proposer 2 vinho verde bien différents. Simple, frais et glissant le premier est un vin d’été et de fruits de mer sans grande prétention mais qui se déguste avec plaisir et facilité. La très belle surprise est venue du second : complexe, équilibré et marqué par une très belle minéralité cette cuvée issue à 100% du cépage alvarinho vin blanc m’a vraiment convaincu. MIAM !


Pour conclure :

Si on excepte quelques bouteilles de Porto, dont je n’ai pas gardé un souvenir impérissable, je n’avais que très peu dégusté de vins portugais jusqu’à ce jour…autant dire que cette petite série bicolore tombait à point nommé pour commencer à combler cette lacune et ouvrir mon horizon oenophile vers ce pays où la culture vinique est ancestrale. D’ailleurs je ne savais même pas que le vignoble lusitanien était plus vieux que le vignoble espagnol.
Avec les limites imposées par le fonctionnement de notre club (8 bouteilles par série), Pascal a choisi de sélectionner les vins rouges dans la seule région du Douro pour finir par deux incontournables vinho verde.

Vignoble spectaculaire fait de pentes vertigineuses et de terrasses sur un sol de schistes et d’argiles, le Douro est connu en tant qu’aire de production du Porto mais ce soir nous avons pu constater qu’on peut y trouver de très belles cuvées de vins classiques.
Ces rouges avenants possèdent de jolies palettes fruitées avec des arômes de réglisse qu’on retrouve sur presque toutes les cuvées. Avec leurs belles acidités et leurs solides structures tanniques ce sont des vins sudistes qui se distinguent par l’élégance de leur silhouette et la parfaite digestibilité de leur matière…effets probables d’une influence océanique qui pénètre très profondément dans la vallée du Douro.

Dans cette série qui présente un beau niveau qualitatif, je choisirai comme coups de cœurs la cuvée rouge Lello pour son charme immédiat et son excellent rapport Q/P et le vinho verde de la Quinta da Soalheiro qui possède l’âme d’un vrai grand vin blanc et qui m’a rappelé le bon souvenir de quelques Rias Baixas espagnols.

Merci à Pascal qui s’est lancé en acceptant de concevoir cette série portugaise…une première réussie !



Thème 2 : bulles de vignerons…des champagnes différents ?


Champagne Extra Brut Cuvée C. Mignon – Christophe Mignon à Festigny : nez avenant et complexe sur les fleurs et les fruits blancs avec une touche de biscuit sec (« Petit Lu »), aromatique complexe en bouche avec une mousse fine et crémeuse, finale tenue, fraîche et bien longue.
(100% Pinot Meunier – dégorgé en septembre 2013).
Champagne Brut Spécial Club 2008 – Moussé et fils à Cuisles : nez expressif avec un fruité bien mûr complété par de belles notes grillées, vineux et très large en bouche avec une mousse un peu virulente, finale longue marquée par une fine amertume.
(100% Pinot Meunier – dégorgé en octobre 2013).

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Le premier duo champenois qui vient du vignoble de la Vallée de la Marne, nous emmène immédiatement vers une belle hauteur qualitative annonciatrice d’une série qui va marquer les esprits : vinosité et minéralité pour la cuvée rare de la maison Moussé, richesse aromatique et onctuosité pour le champagne de Christophe Mignon…voilà  deux interprétations magistrales du Pinot Meunier. MIAM !


Champagne Roses de Jeanne-Côte de Val Vilaine – C. Bouchard à Celles sur Ources : nez qui respire la classe avec des notes de citron frais et de poudre à canon, attaque pointue, grande finesse aromatique en bouche, structure parfaitement équilibrée avec une présence acide et un gras très « bourguignons », bulle très raffinée, finale longue et tonique.
(100% Pinot Noir – dégorgé en avril 2014).
Champagne Extra Brut Les Vignes de Montgueux – Jacques Lassaigne : nez discret qui s’ouvre progressivement en dévoilant une belle palette sur les fruits blancs et la noisette fraîche, puissant en bouche avec une mousse un poil agressive, petites notes de noyau de cerise, finale longue mais marquée par une petite amertume.
(100% Chardonnay).

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Les crus de la seconde doublette qui nous vient du vignoble de la Côte des Bar se dégustent également avec un très grand plaisir : Roses de Jeanne est absolument magnifique aujourd’hui – surement en course pour le coup de cœur de la série –et la cuvée Vignes de Montgueux possède tous les attributs d’un champagne de grande garde.


Champagne Brut Grand Cru Tradition – Egly-Ouriet à Ambonnay : nez classique mais très agréable, arômes de fruits blancs mûrs, de beurre frais et de pralin, bouche vineuse avec une mousse fine et crémeuse, très longue finale qui laisse persister de belles notes grillées.
(65% Pinot Noir + 35% Chardonnay et Pinot Meunier – dégorgé en janvier 2014).
Champagne Blanc de Noirs – B. Lahaye à Bouzy : nez complexe et raffiné, fruité bien mûr, notes de foin coupé et de poudre de craie, bouche svelte, très élégante, mousse moyenne, finale fraîche, légère et finement minérale.
(100% Pinot Noir – dégorgé en mai 2014).

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Le couple numéro 3 est né dans le vignoble de la Montagne de Reims et nous propose deux interprétations différentes d’un grand champagne : classicisme, charme mais matière consistante pour la cuvée Egly-Ouriet, dont une partie des jus a été travaillé en barriques, droiture, race et expression minérale pour la cuvée de B. Lahaye, un domaine qui travaille ses vins en bio.


Champagne Grand Cru Mesnil Expérience – A. Jacquart à Vertus : nez avec une petite touche oxydative mais un fruité généreux sur la chair de poire complété par une touche de beurre frais, bouche puissante, grande vinosité et mousse assez vive, finale longue et digeste soutenue par une fine amertume.
(100% Chardonnay).
Champagne 1° Cru Cuvée Hélixe-Blanc de Blancs – Perrot-Batteux et Filles à Bergères les Vertus : nez fin, très discret, notes de citron confit et de brioche, bouche longiligne, très élégante, mousse délicate, finale très aérienne.
(100% Chardonnay).
Champagne Brut Prestige – Diebolt-Vallois à Cramant : nez très fin sur un registre classique (fruits blancs mûrs, beurre frais), bouche ciselée, équilibre droit, mousse tonique mais pas agressive, finale longue et salivante.
(100% Chardonnay)

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Les trois derniers champagnes qui nous viennent de la prestigieuse Côte des Blancs terminent cette série par un petit feu d’artifice papillaire. Malgré des expressions aromatiques bien épanouies et relativement proches, ces vins se distinguent par des identités bien marquées au niveau de leur présence en bouche : la générosité pour le Jacquart, l’élégance pour le Perrot-Batteux et la tension minérale pour le Diebolt-Vallois…si avec ça on ne trouve pas son bonheur !!!


Pour conclure :

Le club AOC a déjà fait une incursion en terre champenoise par le passé (ICI ) mais je dois reconnaître que cette série consacrée aux crus élaborés par des vignerons (R.M.) m’a vraiment convaincu, à tel point que je crois que cette région va reconquérir une vraie place dans ma cave dans les prochaines années.

Il faut dire que la sélection de Martial a été parfaite : d’un côté il a réussi à nous présenter des flacons issus des 4 grands secteurs du vignoble de Champagne et d’un autre il nous a fait découvrir des vignerons qui se distinguent par la qualité de leur travail à la vigne avec des méthodes proches des cahiers de charges bio ou biodynamique. En disposant de matières premières de grande valeur et en mettant en œuvre une maîtrise technique absolue en cave, ils élaborent des cuvées vraiment typées qui se dégustent et s’apprécient comme de grands vins. MIAM général !!!

J’avoue quand même un vrai faible pour le champagne Roses de Jeanne pour qui je confirme sans hésiter le titre de coup de cœur personnel de cette sélection.
Pour être complet, je dois aussi citer le succès quasi général de la cuvée Hélize de Perrot-Batteux qui remporte haut la main le titre de meilleur rapport Q/P de la soirée : à 15 euros environ (les autres bouteilles se situent entre 30 et 45 euros) cette quille est un vrai cadeau…qu’on se la dise !

Grand merci à Martial, de nous avoir invités à partager ces bulles magnifiques

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