Le grand vin selon Nadine Gublin

Après 2 séances ratées en raison d’un vilain petit problème de santé me voilà à nouveau d’attaque pour reprendre le chemin des « écoliers du vin » et me rendre à Châtenois pour assister à la première session U.G.V. de l’année 2016.

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La grande salle des Tisserands de Châtenois avant l’arrivée des premiers participants.

La conférencière du jour est Nadine Gublin, œnologue réputée qui s’occupe notamment des vinifications au domaine Labruyère en Beaujolais et au domaine Jacques Prieur en Bourgogne.
J’ai comme l’impression que nous allons pouvoir nous régaler avec quelques belles bouteilles ce soir !

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Mon espace de travail est opérationnel…

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…le président et les deux vice-présidents de l’U.G.V. entourent la conférencière : tout est prêt pour vivre une belle soirée !

Née en Champagne dans une famille de producteurs céréaliers, Nadine Gublin nous apprend qu’elle est « venue au vin par hasard ».
En effet, comme ses études en agronomie ne la passionnaient pas vraiment, elle a choisi l’œnologie et s’est retrouvée à Dijon où elle a découvert la Bourgogne et ses vins : « J’ai eu un coup de cœur pour cette région ».
A l’issue de sa formation et avec un D.N.O. en poche, elle a travaillé 3 ans chez un œnologue-conseil avant d’être embauchée par la maison Antonin Rodet à Mercurey.
En 1990 elle rejoint le domaine Jacques Prieur et depuis 2009 elle vinifie également les cuvées de Moulin à Vent  du Domaine Labruyère à Romanèche-Thorins.

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Nadine Gublin

Plus récemment, le domaine Labruyère a racheté 2 domaines champenois situés sur la montagne de Reims et Nadine Gublin a été chargée du suivi des vinifications dans cette nouvelle structure : « Un vrai défi car le travail des vins effervescent ne m’était vraiment pas familier »…défi relevé avec la vinification du millésime 2012 et la maîtrise complète du millésime 2013 « le premier que j’ai réalisé à 100% ».
J’avoue que j’aurais bien goûté un verre de bulles en guise de mise en bouche mais Nadine Gublin a pensé qu’il valait mieux  ne pas trop mélanger les genres et a décidé de nous proposer une sélection de bouteilles composée exclusivement de vins tranquilles…ceci dit, à la lecture de la liste de crus présentés cette petite frustration laisse vite la place à une grande impatience.
Vite le premier verre !

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Riedel "pinot noir", Riedel "chardonnay" et Spiegelau noir, mes 3 outils sont prêts...mais je ne sais pas à quoi sert le truc blanc à droite.


Les 3 vins choisis pour ouvrir la dégustation de ce soir sont des Moulin à Vent du domaine Labruyère.
Ce sont des cuvées parcellaires réalisées à partir d’une vendange égrappée, vinifiées en cuves béton et élevées durant 12 à 15 mois en fûts.


Moulin à Vent Champ de Cour 2011
Le nez profond et racé révèle une palette délicate et raffinée avec un boisé subtil et des notes de fruits noirs sur un support déjà marqué par une belle minéralité (notes de terre, fumé léger). En bouche la matière épaisse est parfaitement équilibrée par une acidité énergique et une mâche tannique soyeuse. La finale se resserre un peu avec un sillage frais et délicatement fruité.

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Le lieu-dit « Champ de Cour » se situe autour du « hameau de Moulin à Vent » en bas d’un coteau exposé au sud où on trouve un sol d’argile et de galets sur une base granitique.
Issu d’un millésime exceptionnel en Beaujolais, cette première cuvée parcellaire du domaine Labruyère se présente à nous avec une générosité très gourmande mais dans un style résolument bourguignon. Le puriste sera un peu dérouté mais en ce qui me concerne j’aime beaucoup. MIAM !


Moulin à Vent Le Carquelin 2011
Le nez se montre plus expansif avec une palette intense et complexe où on reconnaît des arômes de petits fruits rouges et noirs (framboise, mûre), de cuir et de pierre chaude. La bouche est longiligne avec une acidité fraîche qui file droit et des tannins présents mais une peu plus légers que ceux du vin précédent. La finale est franche et pénétrée par une minéralité profonde…mais un peu trop rustique à mon goût.

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Il n’y a que deux domaines qui exploitent ce lieu-dit qui se trouve sur un coteau exposé plein sud situé au dessus de « Champ de Cour » : le domaine Labruyère et le Château des Jacques.
Cette seconde cuvée parcellaire née sur ce terroir de sable granitique impressionne par sa minéralité intense qui imprègne son aromatique et sa structure.
C’est un Moulin à Vent de garde qui, je pense, aura besoin de quelques années de garde supplémentaires pour se révéler pleinement.


Moulin à Vent Le Clos 2011
L’olfaction très opulente révèle une palette mure et suave avec des notes de fruits noirs, de cuir et de pierre chaude. Après une attaque tout en souplesse, on retrouve une matière dense qui développe une belle énergie en bouche avec une acidité tonique et une trame tannique mature mais bien serrée. La finale étire un long sillage minéral et réglissé.

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Le lieu-dit « Clos du Moulin à Vent », monopole du domaine Labruyère, est un terroir très aride situé sur un coteau exposé au levant avec un sol de granit dur décomposé en surface.
Le Moulin à Vent qui y naît brille par sa richesse et son volume tout en révélant un vrai caractère de vin de garde.


Après le Beaujolais nous partons vers la Bourgogne pour une série de 5 vins produits par le domaine Jacques Prieur.
Ce domaine exploite 24 hectares de vignes répartis sur les 2 côtes bourguignonnes : « Nous produisons 24 appellations différentes entre le Montrachet eu sude et le Chambertin au nord ».
Les vins rouges sont vinifiés en cuves bois tronçonniques ouvertes puis élevés durant 20 mois en fûts de chêne.
Les vins blancs sont vinifiés et élevés durant 18 mois dans des pièces bourguignonnes sans bâtonnage ni soutirage avant leur mise en bouteilles.


Corton Bressandes 2009
L’olfaction discrète et raffinée révèle des  notes de fruits noirs et une légère touche fumée. En bouche, la matière est ample et puissante mais dessinée avec beaucoup d’élégance. Les tanins sont d’une extrême finesse et l’acidité qu’on ressent progressivement apporte une fraîcheur bienvenue à la finale qui nous offre un retour aromatique de toute beauté avec des notes de mûre, de prune, de girofle et de menthe.

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Sur ce terroir classé Grand Cru « étendu et assez hétérogène » le domaine exploite une vigne exposée est-sud/est sur un sol argileux riche en fer où le raisin mûrit bien et vite.
Issu d’un millésime chaud ce Corton impose le respect par la force qu’il dégage tout en gardant un côté séduisant et accessible. Très grand vin !


Clos de Vougeot 2009
Le nez bien expressif charme nos sens de belles notes florales complétées par de discrètes nuances de terre humide. La bouche très dense et structurée en largeur s’affine progressivement pour nous offrir une finale sapide qui propose un long sillage aromatique sur la noix de muscade et la résine.

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Né sur une parcelle argileuse de 1,2 hectares située dans la partie centrale du Clos devant le Château de la Tour, ce Grand Cru est un vrai séducteur qui se livre avec une grande spontanéité.
Réalisé à partir de vendange entière et égrappée – « J’ai choisi d’utiliser une partie de vendange entière pour alléger le vin » - le Clos de Vougeot du domaine Prieur est un peu moins puissant que le Corton mais reste une belle réussite.


Beaune 1° Cru Clos de la Féguine 2012
Le nez pur et suave délivre des arômes de froment, de noisette et de chlorophylle soutenus par des notes de poudre de craie.La bouche svelte, élégante et parfaitement équilibrée flatte nos papilles et la finale vive et minérale est particulièrement appétant.

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Le Clos de la Féguine est intégré au premier cru « Aux Coucherais » qui se trouve sur la montagne de Beaune.
Ce terroir calcaire, bien frais malgré son exposition au sud, a permis la naissance d’un grand chardonnay bourguignon, précis, droit et minéral comme j’aime…MIAM !


Meursault 1° Cru Santenots 2012
L’olfaction présente une palette complexe avec des arômes de fleurs, de citron vert, de pamplemousse bien mûr et quelques nuances d’élevage encore un peu marquées. En bouche, le vin se fait caresse avec une matière généreuse, une expression aromatique suave et un toucher onctueux. La finale se tend et s’affine en exprimant une profonde minéralité.

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Cette cuvée est une rareté puisque ce lieu-dit situé sur un terroir calcaire riche en marnes et limons est largement colonisé par le pinot noir où il donne naissance au 1°Cru Volnay Santenots…et oui le changement de cépage fait changer le nom du village !
Ceci dit, cette vigne encore jeune (plantée en 2000 à la place du pinot noir), a produit un vin riche et bien structuré qui affirme déjà un réel pouvoir de séduction mais qui gagnera à attendre encore un peu en cave pour digérer complètement son élevage.


Puligny Montrachet 1° Cru Les Combettes 2012
Le nez frais et ciselé avec précision développe de belles fragrances minérales (pierre chaude, craie, iode). La bouche est très verticale avec une matière juteuse très fraîche qui entoure une arête acide bien tendue. La finale bien minérale laisse persister une petite sensation tannique très racée.

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Les Combettes est un lieu-dit « confiné et chaud où le raisin mûrit vite » situé  à mi-coteau sur un sol profond très caillouteux et ce Puligny vinifié par Nadine Gublin est un monolithe minéral absolument impressionnant, taillé pour faire la nique au temps qui passe. Très grand vin !


Après un trimestre de disette, ces moments de gourmandise et de culture vinique organisés sous l’égide de l’U.G.V. commençaient à me manquer cruellement et c’est avec grand plaisir que j’ai repris ma place dans cette belle assemblée d’amateurs de vins pour assister à une conférence passionnante menée par Nadine Gublin. Cette œnologue experte qui exerce ses talents dans des domaines réputés en Bourgogne et en Champagne nous a présenté sa vision du vin avec une rigueur scientifique exemplaire même si elle affirme avec modestie que son travail est facile grâce à la qualité de la matière première que lui fournit son chef de culture.

Les vins proposés ce soir sont à l’image de leur conceptrice : droits, précis et parfaitement équilibrés, ils forcent le respect par leur pureté et par la profondeur de leur trame minérale.

Mon coup de cœur rouge sera attribué sans hésitation au splendide Corton 2009, un très grand vin à la fois puissant et séducteur.
En blanc, la triplette fut simplement parfaite…même si j’ai été particulièrement sensible au charme original du Beaune 1° Cru.

Merci à tous ceux qui ont œuvré pour nous permettre de vivre ces beaux moments de partage et de gourmandise.

Commentaires (2)

1. Christian Bétourné (site web) 09/03/2016

A very good job, Mister Radmacher !!! Merci, merci.
Comme quoi retourner à l'école peut ne pas faire de mal. :)

2. MARC GAUCI 08/03/2016

Les millesimes récents ne semblent donc plus avoir de problèmes de conservation (ou alors est-ce justement parce qu'ils sont encore très jeunes...)
J'ai arreté d'acheter au domaine Prieur du fait des prix prohibitifs pratiqués depuis 2007/08 mais surtout à cause de grandes déceptions sur les premiers millésimes du siècles (2000-2002) Premiers crus blancs oxydés et même un Volnay Santenots 2002 vraiment madérisé.
J'ai encore un Musigny 2002... J'angoisse de l'ouvrir...
@+
Marc

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