Une belle tournée alsacienne vue par Cyril l'ardèchois

Quand mon ami grand Pierre vient en Ardèche, il me régale des pépites diverses et variées qu’il déniche au fil de son exploration des domaines alsaciens. Alors je me suis décidé à monter à nouveau dans le noooooooooord…Est pour découvrir ou revoir certains vignerons dont j’ai adoré certaines cuvées grâce à Pierre. Un beau moment de partage de fraternité et d’émotion


Domaine Bernard Bohn à Reichsfeld :

C’est une maison bleue…adossée à la colline…J’étais impatient de découvrir ce vigneron dont Pierre m’avait parlé et qui m’avait époustouflé avec un crémant millésimé 2004. Je ne fus pas déçu, une belle rencontre avec un personnage atypique, très attachant et une gamme de vins à son image.

Riesling 0 2010 : Pas de soufre ajouté dans cette cuvée qui s’ouvre sur des notes marquées de mirabelles, bâti sur une belle acidité qui donne de la tension au vin avec une finale minérale ou le schiste ressort ( très intéressant car je goûte beaucoup en Roussillon et l’expression du minéral, si elle a des airs de famille, s’exprime de façon différente). Un vin droit, sec, bon.

Riesling Terroir de Schistes 2008 : D’emblée je ne ressens pas la même minéralité dans ce vin mais plutôt une acidité plus élevée, effet millésime ? La encore un vin très sec, sur les agrumes et une finale légèrement saline. Le 2007 se montrera plus flatteur, plus ouvert mais avec à mon sens un manque de nerf.

La Délicieuse 2007 : Assemblage de gewurtz et pinot gris récoltés en sur maturité : Il s’ouvre d’emblée sur les fruits exotiques puis à l’aération un délicat parfum de rose se laisse entrevoir. On s’attend à un vin très moelleux or il reste assez droit et ne tapisse pas le palais. Un vin à part à découvrir.

Riesling Oberhagel 2010 : Un nez floral bâti sur une belle matière, assez gras mais bien soutenu par le terroir de schiste qui le dynamise en finale. Le 1997 lui s’exprime totalement différemment très camphré avec à mon sens une pointe d’oxydation qui me dérange.

Vin de France CharBohnais : Le jeu de mot était tentant, le vin mérite d’exister aussi, un chardonnay atypique car si l’on retrouve des notes de fruits blancs,  de poires, on est loin de la bourgogne en bouche avec une sensation plus acide et une perception de l’alcool assez haute.

Muscat rose 2011 : Attention OVNI ! Gewurtz bien sur ! ben non…moelleux évidemment ! ben non…écoeurant quand même ?! ben non…un nez délicat de rose avec une touche de fruits écrasés et un équilibre très sec. Un vin de gastronomie étrangère, d’épices, couscous, certains tajines, certains plats asiatiques…Austères s’abstenir, vin original !

Riesling Muenchberg 2000 VT : Un nez assez exotique mais avec un équilibre très sec pour une VT ce qui permettrait des accords en entrée et sur des plats principaux sans problème.

Crémant Extra Brut 2004 : fait de chardonnay et de pinot noir, framboisé avec une belle prise de mousse, crémeuse et un rien de tension en plus que la cuvée brut. C’est très bon et

Crémant rosé : une merveille de gourmandise, de plaisir régressif, le royaume de la fraise que l’on aurait cueilli dans le jardin de son grand père…j’ai 5 ans !

Gewurtztraminer 2007 : Le nez exprime le cépage, exotique, litchee mais le tout demeure assez sec avec une certaine fraicheur

Lumière de feu 2004 : Un vin oxydatif avec des notes de rancio, d’eau de vie, puissant avec l’alcool qui remonte en finale. Pas mon truc.

Pinot noir 2010 : un fruit croquant, vif, frais, glissant.

Pinot noir Les Roches Rouges 2008 : Il se livre sur de la cerise servi un peu frais, le vin serre avec une pointe d’astringence et d’amertume.


Domaine Rietsch à Mittelbergheim :

C’est un véritable plaisir d’aller voir Jean Pierre Riestch, un moment de partage, d’ouverture d’esprit, un vigneron qui permet d’élargir ses horizons.

Crémant Extra Brut nature 2011 : une belle prise de mousse, de la finesse sur le toucher de bouche, très doux, des senteurs de framboise, une belle finale vive et désaltérante : Idéal !

Pinot noir 2013 : un vin léger  sur un millésime compliqué mais qui mérite que l’on s’y intéresse tant il est frais et agréable à boire. Un vin de copain !

Quand le chat n’est pas là : un Riesling 2012 sur macération pelliculaire très original, parfumé, déroutant avec une pointe oxydative. J’aime mais je peux comprendre le contraire…

Riesling Stein 2012  : Valeur sûre de la gamme, il est encore très réussi, un poil en dessous du 10 mais au dessus de 11. Un vin gourmand bâti sur une belle tension, j’adore !

Riesling grand cru Wiebelsberg 2012 : Joli vin avec de l’arôme, de la matière et toujours ce pep’s  qui rehausse la finale

Sylvaner grand cru Zotzenberg 2010 : très expressif au nez, agrume, pamplemousse, il exprime beaucoup de puissance en bouche soutenu par une trame acide qui porte une longue finale. C’est superbe


Domaine Emile Beyer à Eguisheim :

Je n’étais jamais allé visiter ce domaine encore, mais lors de sa dernière venue, Grand Pierre m’avait amené un riesling grand cru Pfersigberg 2010 de toute beauté qui fut le compagnon rêvé d’une St Jacques à la crème portée au saint des saint des accords gastronomiques. J’attendais donc la rencontre avec Christian Beyer avec impatience et je fus récompensé en passant un très joli moment avec lui, amoureux transi (il faisait froid) de son village d’Eguisheim et du formidable patrimoine viticole qui l’entoure.

Sylvaner Tradition 2012 : On est tout de suite dans le bain avec un très bon vin avec un côté salin, désaltérant et non dénué d’une belle matière.

Muscat 2012 : Assez typé par le cépage mais porté par une acidité qui porte le vin malgré une petite pointe d’alcool en finale.

Riesling Hostellerie 2011 : Un vin assez riche, gras qui tapisse le palais, le 2012 est tout autre avec plus de nerf, de vivacité qui porte là encore une belle richesse de constitution.

Riesling grand cru Pfersigberg : Le 2011 est puissant avec de l’aromatique et de la matière. Le 2012 est lui plus tendu avec un côté salin. Le 2010 bu à table à midi à la Taverne Alsacienne s’est encore montré superbe, alliant puissance et finesse bâti sur un équilibre frôlant la perfection. Un grand vin

Pinot gris Hostellerie : Si 2011 là encore s’exprime sur la richesse avec une pointe chaleureuse, 2012 rend un fruit plus net, un vin plus direct qui reste savoureux

Pinot gris Hohrain 2012 : un très joli pinot gris aux notes d’agrume, citron confit, de la rondeur et de la gourmandise avec toujours cette fraicheur du millésime

Gewurtztraminer Tradition 2012 : très joli vin avec la typicité du cépage, fait d’épices et de fruits exotiques mais très sec, ce qui augure de jolis accords gastronomique.

Gewurtztraminer Hostellerie : Le 2011 avance avec ses petits bras musclés et un léger embonpoint que 2012 lui ôte, plus svelte, plus longiligne mais avec toujours cette pointe gourmande

Gewurtztraminer Pfersigberg 2012 : Un vin pour ceux qui ne craignent pas d’assumer leur penchant pour le péché gourmand mêlant fruits et épices, un petit côté oriental, et ce dénominateur commun à quasi tous les 2012 goutés, un coup de pep’s qui rehausse la finale et la porte. C’est délicieux, tant pis, je ferai 3 pater un avé pour me faire pardonner

Pinot gris VT 2011 : Une belle couleur or qui appelle le miel, les fruits confits, noël et le petit jésus en culotte de velours



Domaine Roland Schmitt à Bergbieten :

Un domaine que je suis maintenant depuis quelques années avec plaisir. Une jolie gamme dans laquelle il est difficile d’écarter un vin pour telle ou telle raison hormis bien sûr sa sensibilité personnelle tant les vins sont de qualité homogène.

Sylvaner Grand A 2012 : très fruité, il est doté d’une texture assez douce avec toujours ce petit ressort en finale inhérent au millésime.

Riesling Glintzberg 2012 : Très élégant, sur le fruit, se buvant avec facilité

Riesling Thalberg 2012 : D’emblée il se montre plus vif tant au nez qu’en bouche mélant des notes fumées à de la mirabelle bien mûre.

Riesling Ostenberg VT 2011 : Pour une VT, le nez se montre plutôt discret, s’imposant sur un équilibre subtil et une finale douce et savoureuse.

Pinot gris Altenberg de Bergbieten 2012 : Le 2010 m’avait séduit, il en est de même pour 2012 qui offres de délicieuses senteurs de fruits blancs, de poires, le tout soutenu par une belle acidité qui évite tout sucre trainant laissant une bouche « propre ». Un vin bâti sur un équilibre sec (on tient un bon accord pour un foie gras mi-cuit…)

Gewurtztraminer Glintzberg 2012 : déjà gouté cet été, un vin avec un charme fou, épicé, sec, salivant avec une petite pointe saline qui excite la soif.

Gewurtztraminer Engelberg 2012 : On est plus dans la typicité du cépage avec une texture douce, gourmande mais bâti sur une matière fine qui ne laisse place à aucune lourdeur en finale.

Gewurtztraminer Altenberg de Bergbieten 2012 : On verse dans le délicieux, réglissé, frais avec une bouche vive, minérale et cette tension sur la finale qui prolonge le plaisir. Le 2011, pourtant de belle qualité, se fait manger tout crû par son cadet !

Pinot gris VT 2011 : Le nez est assez mutique mais le plaisir vient en bouche, acidulée, gourmande.

Gewurtztraminer VT 2009 : Un festival de senteurs, de coing, de miel, on est dans un bain d’onctuosité et de plaisir qui vous verse inexorablement dans le domaine des pêchés originels.

A noter aussi le pinot noir du domaine encore réussi, vif, acidulé et le crémant cuvée Noémie avec sa bulle fine, vive et désaltérante à souhait.

Cyril Amelin - décembre 2013



Merci Cyril pour ces commentaires bien plus complets que les miens...et pour l'intérêt que tu portes aux vins de notre belle région.

Pierre

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