Dégustations pascales : les deux font la paire

La période de pâques est toujours pour nous l’occasion de recevoir pas mal à la maison. Cette année, cela a été beaucoup moins le cas mais nous avons quand même eu quelques bons moments de partage et de fraternité avec quelques beaux flacons qui ont défilé par paires selon le temps et l’humeur.


Une paire de blancs 2010 :


Riesling 2010 grand cru Eichberg de Paul Ginglinger : pas très à l’aise au début, très comprimé, le vin se détend et s’ouvre sur l’écorce d’agrumes et le poivre blanc. Assez salin, très structuré voire strict, il prend de l’ampleur au fur et à mesure de l’aération dans le verre sans pour autant s’imposer pleinement.

Sancerre 2010 La Côte de Gérard Boulay : maintenant, j’ai assimilé que les vins de ce domaine demandent une grande bouffée d’oxygène pour s’exprimer pleinement car encore une fois, il reste proche du mutisme à l’ouverture. Je retrouve ensuite ces notes de pamplemousse rose et de menthe que j’avais trouvé sur tant et tant de Sancerre dans ce millésime. Assez équilibré, il monte en puissance pour arriver sur une jolie finale fraîche et pleine de ressort. Il lui manque cependant à mon goût un peu de gras, d’ampleur.

Photo blancs 2010

Je pensais me régaler un peu plus avec ces deux vins que j’ai trouvé un peu stricts, dans ce profil tant à la mode du « blanc ciselé » un peu tranchant qui moi ne me satisfait pas pleinement.


Une paire de « stars » 2011 du Languedoc :


Grange des Pères 2011 : ouvert plusieurs heures à l’avance comme d’habitude, il est très expressif sur des notes sudistes de garrigue, de laurier, de menthol, d’épices, de confiture de mûre. Une bouche plus serrée avec un petit trait vert et un élevage encore présent, vanille cacao. C’est mûr, puissant, avec beaucoup de structure pour voyager longtemps en prenant de l’ampleur et de la complexité.

Pic St Loup 2011 Cuvée Guilhem Gaucelm de l’Ermitage du pic St Loup : je reviens encore sur cette cuvée coup de cœur l’année dernière. Très expressive dès l’ouverture, sur la truffe noire, les épices, la tapenade noire, le balsamique. Un peu moins cette fois ce côté agrume. Je ressens plus le fruit rouge, la groseille à maquereau voire de la rhubarbe. La syrah reste le fil rouge du vin mais il me semble que le sol commence à poindre son nez avec un fond de bouche légèrement ferrugineux. Séducteur assumé, il pourra sembler un peu « brutal » pour des non initiés. Il assume parfaitement son côté « 50 nuances » du Pic… ! (mais pas à glace)

Photo gdp gg

Si on me demande pourquoi depuis près de 20 ans j’aime les vins du sud, la réponse est donnée en partie par ces deux vins. Ils sont différents avec une grange « sérieuse » structurée dans la veine d’un Trevallon et un Guilhem extraverti, avec une expression de syrah proche de celle du domaine Combier. Mais tous les deux ont une identité sudiste affirmée dans l’expression de leur cépage notamment et m’offre du plaisir aujourd’hui et certainement au moins autant demain.


Une paire de 1998 marquant une époque de « ma vie du vin » :


Saint Estèphe 1998 Calon Ségur : la couleur est à peine évoluée, très jeune même. Pourtant c’est le sous bois qui s’impose d’emblée en 1er nez avec un peu de cuir et même un côté fauve. Dans le verre, les parfums évoluent vers la confiture de vieux garçon et la truffe blanche. Très droit avec des tanins serrés voire secs comme en retrouvent sur tant de bordeaux 1998. C’est dommage car cela coupe le vin dans son élan même si en mangeant je trouve cela moins dérangeant.
 
Coteaux du Languedoc 1998 Prieuré St Jean de Bébian : le domaine vanté par la RVF dans un millésime encensé par la RVF ! (et fait par des anciens de la RVF…) Ma dernière bouteille n’est aujourd’hui qu’un jus de pruneau à l’eau de vie…sans vie. Comment ils disent maintenant les suiveurs sur internet… ? R.I.P…

Photo vins 1998

Bon, on ne va pas faire un long discours, RVF, Bordeaux, Bébian…bon…un clin d’œil à un moment de ma vie de jeune passionné de vin.


Une paire de bébés 2014 :

Côte du Rhône 2014 Le Viognier de Timothée des vins du concours : haaa, mon GG  s’est fait plaisir sur ce millésime. D’une couleur étonnamment très blanche, il sent bon l’abricot avec juste ce qu’il faut de gras sans trop pour rester désaltérant. C’est très bien fait et son rôle de petit vin d’apéritif est rempli.

Côte de Provence rosé 2014 Château Robernier : j’aime pas le rosé…J’aime pas le rosé couleur saumon clair…bon allez il est pas mal, assez vineux même avec un poil de sucre trainant mais sans trop. A l’aise avec des anchois, de la tapenade.

Je n’ai pas fait de vœux en buvant ces 1ers 2014 en bouteille, j’aurai du…peut être…En tout cas, en discutant avec pas mal de faiseurs de vins, et ce dans des régions différentes, ils sont en général assez contents du millésime.

Photo tarte parline
Mon péché de gourmandise, la tarte aux pralines….même pas honte !!! hmmmmmmmm


Cyril Amelin - Avril 2015

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