Des 2007 à la fête

Les fêtes de fin d’année sont toujours l’occasion d’ouvrir des bouteilles réservées à cet effet. Pour nous, chaque année, la fête se prolonge sur janvier avec des anniversaires. Au vu des commentaires que j’ai pu lire récemment, 2007 est un millésime qui dans beaucoup de régions arrive à maturité avec des vins qui goutent plutôt bien, encore sur le fruit, avant de basculer peut être vers une autre ère de leur vie. Etant donné mon peu de goût pour les vins évolués, j’ai prélevé dans la cave quelques flacons, mon fils ne m’en voudra pas, afin de faire un petit tour d’horizon de cette année dont j’ai fait grand stock.
Chargez les canons !.....Buvons !

Les vins blancs :

Sancerre Les Anges-lots 2007 - Domaine Reverdy : de couleur jaune assez pale, un peu réduit, il s’ouvre sur des senteurs de cailloux, de citron et d’épices, le tout se retrouve en bouche avec un côté salin, salivant avec en fond de verre une once de caramel. Le vin a pris de l’ampleur au fur et à mesure qu’il s’est aérer et augure encore un potentiel d’évolution.
Fidèle du domaine depuis longtemps, j’ai pris encore du plaisir avec cette bouteille.

Sancerre La Bourgeoise 2007 - Domaine Bourgeois : si le pamplemousse rose s’impose en 1er nez, rapidement on part sur le litchi et l’ananas. Un vin assez gras soutenu par un trait minéral qui porte le vin vers une finale savoureuse.
Encore un Sancerre 2007 qui me réjouit dans un registre un peu différent.

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Meursault Limozin 2007 - Domaine Germain : une très belle couleur dorée scintille dans le verre. Le citron, le beurre frais, le miel et une pointe de caramel se partagent tour à tour la place des senteurs. Le vin est bâti sur une structure assez stricte avec un élevage encore assez marquant qui enlève un peu de plaisir à la dégustation.
Il faudra peut être patienter encore pour que ce vin donne sa pleine mesure.

Riesling Grand Cru Brand 2007 - Domaine de l’Oriel : le vin exprime une très grande richesse dès qu’il coule dans le verre avec des senteurs variées et évolutives entre citron confit, gingembre, coing, épices, un peu de fumé et de minéral. La texture est douce, presque suave sans être molle ou sucrée. Pour le coup, on ressent vraiment la force du minéral qui soutient le vin entre puissance et élégance. Le terme de « Grand » prend toute sa signification pour ce cru !
Ouch ! le vin blanc des fêtes et peut être celui de l’année 2015…Bravo !

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VDP Coteaux de l’Ardèche Grand Ardèche 2007 - Louis Latour (en magnum) : pfff, le bourguignon aime la barrique et veut que cela se sache ! Mais ne soyons pas médisant car assez vite ces senteurs de chêne, de caramel au lait s’atténuent pour laisser place à un bien joli vin, assez gras, beurré, mais avec une acidité sous jacente qui donne du ressort à l’ensemble pour se prolonger de façon importante. Du bel ouvrage !
Cette cuvée est celle que l’on retrouve dans quasi tous les restaurants du sud Ardèche ! Pas d’émotion particulière mais c’est  bien fait techniquement.

Les vins rouges :

Côte de Brouilly Zaccharie 2007 - Château Thivin (en magnum) : le vin sent très bon, la pivoine, le poivre, la mûre avec une pointe de minéral. Tous ces éléments se retrouvent en bouche avec une texture douce, agréable, fruitée et même si il manque un peu de persistance avec, à mon sens, un plateau de maturité légèrement dépassé, le plaisir est au rendez vous.
Parmi les 10 crus, j’ai souvent aimé Morgon et Fleurie mais j’avoue avec le temps que la côte de Brouilly me séduit de plus en plus et j’avoue que de ne pas monter à la chapelle au moins une fois par an, çà me manque…

Moulin à vent 2007 - Domaine Diochon : souvenir de bordée avec Mon Paul. Tout d’abord un peu fumé, puis petits fruits rouges et des senteurs agréables de peaux de pêche. Le tout est bien fondu mais avec une bouche de demi corps qui augure à mon sens d’une fin de vie assez proche.
Il reste un magnum pour se faire plaisir sans trop tarder

Fleurie Climat Champagne 2007 - Domaine de la Grand’cour : la couleur a bien évoluée avec un disque qui tire à l’orangé. Très floral, pivoine avec un pot d’épices douces et un trait léger de sous bois. Douceur et volupté sont au rendez vous avec un trait végétal, mentholé qui souligne le tout. Le vin est largement sur le déclin avec un manque de chair évident mais il lui reste juste encore un peu de charme pour donner du plaisir. Un vieux beau !
Les beaujolais 2007 dont j’avais un gros stock sont en train de basculer dans un autre âge, mais bon il faut l’accepter et faire avec...

Gevrey Chambertin 2007 - Domaine Lucien Boillot : il a gardé l’éclat de sa jeunesse, offrant un panier de petits fruits des bois (je me revois cet été avec mon fils cueillir fraises des bois, framboises et myrtilles dans les forêts des Arcs !) une très légère pointe fumée et un peu d’épices. La bouche au départ un peu mince prend de l’étoffe et s’étire vers une finale acidulée et réglissée. C’est très bon !
Un des rares domaines que je regrette vraiment depuis que je ne vais plus dans ce coin de Bourgogne.

Chambolle Musigny 2007 - Domaine Geantet Peansiot : un début d’évolution se dessine à la couleur. Un peu de suie à l’ouverture avec un fruit qui arrive en deuxième rideau. On a une bonne mâche mais je trouve les tanins un peu durs voire secs. Je ne retrouve pas l’élégance que j’attends dans un Chambolle.
Je n’ai pas parlé de vin féminin mais d’élégance….trop peur de me faire houspiller !

Vin de Savoie Mondeuse Tradition 2007 - Domaine Prieuré St Jean Christophe : une pensée pour Michel Grisard qui a arrêté maintenant son activité de vigneron. Sur cette bouteille, je ne retrouve ce joli nez qui m’enchante souvent. Un peu brouillon même si avec un peu d’air, le floral s’impose avec une touche de poivre et de fruit rouge. Caressant, doux, voire même légèrement sucré, il peine à persister révélant un âge qui avance mais le tout est encore agréable.
Là aussi, un magnum est en attente et sera à mon avis plus à son aise.

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Côte du Rhône 2007 - Domaine Charvin : le 1er nez est compliqué, viandé, viandox, avec une once de sauce soja. Par la suite c’est la cerise noire qui va apparaître. La bouche est elle aussi difficile, un peu dissociée entre amertume et alcool. J’ai mieux gouté ce vin auparavant, à revoir.
L’avantage de bien connaître un domaine est de ne jamais tirer de conclusions hâtives sur une bouteille.

Châteauneuf du Pape 2007 - Domaine Ferrand : dès sa naissance, encore en élevage, ce vin avait un joli parfum. C’est toujours le cas avec du bonbon à la violette, du roncier, des épices douces et des fruits noirs fraichement cueillis. La bouche est fraiche, équilibrée avec une touche de menthol même si la finale serre encore un peu et demandera du temps.
Pour le coup, le magnum pourra attendre très longtemps mais on a du 75cl en stock pour patienter !

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Gigondas Terre des Ainés 2007 - Domaine Montirius : souvenir commun avec Mon grand Pierre…un beau domaine…et ce vin s’inscrit dedans avec des parfums de fruits noirs, d’herbes de Provence, de chocolat, avec une bouche juteuse, fraiche, ayant du ressort malgré un alcool assez présent et un côté glycériné. C’est bon aujourd’hui et certainement encore plus demain.
Les vins du domaine sont souvent très bons mais sont assez chers pour l’appellation sans quoi j’irai visiter plus souvent… !

Côte Rôtie 2007 - Domaine Guigal : très olive noire avec un trait végétal mais non floral, qui marque le vin. On a un côté un peu acidulé que l’on n’attendait pas forcément, presque petits fruits rouges. A l’aération le vin s’étoffe un peu et évolue vers le moka.
Un peu déçu par cette bouteille qui n’offre pas ce que j’attends d’une côte rôtie. Une autre bouteille bue récemment confirme cette impression.

Côte du Vivarais La Syrare 2007 - Domaine Gallety : un petit coup de volatile à l’ouverture puis les fruits noirs s’imposent, le café puis un peu de violette. Une bouche pleine et équilibrée, gourmande, juteuse qui donne beaucoup de plaisir.
Voilà ce que j’attends d’une côte rôtie...!

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Baume de Venise Cuvée St Martin 2007 - Domaine de la Ferme St Martin : un peu de réduction à l’ouverture m’incite à un passage de 2/3 heures en carafe. Le vin est transformé, très fruits noirs, réglisse sudiste en diable. Bouche sphérique, gourmande mais sans sucres trainants le tout offrant un maximum de plaisir.
Depuis le millésime 2004 je vais voir ce domaine comme en pèlerinage, j’adore !

St Estèphe Château Tronquoy-Lalande 2007 : et en avant le coup de bois ! pffff, on peut chercher du fruit ou tout autre élément mais plus le temps passe et moins j’ai envie de m’em…… avec ce genre de vins. Je passe mon tour !
Pas d’autre commentaire sous peine d’être désagréable…

BON !!! Voilà un joli tour d’horizon qui a eu le mérite d’évaluer le potentiel de mon stock de 2007. Pour les beaujolais, je ne vais pas tarder à tout vider. En Sancerre, j’ai de la marge comme pour l’alsace a priori. En bourgogne, j’ai peu de bouteilles, on verra. Reste le Rhône sud qui à mon sens possède réellement le fond pour arriver à 20 ans voire plus et me permettre de les partager avec mon fils. Languedoc et Roussillon que je goûte souvent ont aussi du potentiel. On a encore du temps pour se faire plaisir dans le futur !

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