Salon "Millésime Alsace" à Colmar - Partie 1

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Avec 99 grands domaines alsaciens réunis dans un même espace, le salon Millésime Alsace ressemble plus que jamais à la grand-messe célébrée pour rendre hommage au travail de l’élite vigneronne de notre région et devient par le fait même un rendez-vous obligatoire pour tous ceux qui vouent un culte aux grands vins d’Alsace.

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Des verres et le plan de la salle à l’entrée…deux outils indispensables !

En 2014, mon emploi du temps m’avait obligé à organiser ma visite au pas de charge mais cette année je dispose d’une journée entière pour participer en toute quiétude à cette eucharistie vinique.
Alleluia !
!!


Connaissant mes limites physiologiques en terme de dégustation, j’ai défini une stratégie personnelle qui va me permettre de profiter pleinement de cette manifestation vraiment exceptionnelle et découvrir un maximum de vins et de vignerons.
1. Je ne goûterai pas de vins chez des vignerons que j’ai rencontrés récemment.
2. Je ne goûterai qu’un seul vin de chaque domaine et je demanderai au vigneron de le choisir.

Allez, je vous emmène en promenade dans les allées de ce salon pour rencontrer quelques grands vignerons alsaciens…Jetzt geht’s los !


Domaine Jean Marie Haag à Soultzmatt

Riesling Vallée Noble 2013 : palette fine et aguichante, notes de miel et de fleurs printanières, matière assez généreuse en bouche, acidité rayonnante et salinité sensible, finale avec un sillage citronné et une petite présence tannique qui donnent une belle impression de sapidité.
Riesling Grand Cru Zinnkoepflé 2013 : nez plus discret mais belle profondeur, arômes citronnés et minéraux (pierre chaude), ample et large en attaque de bouche, la matière se tend et s’affine progressivement, finale tendue et saline, belle persistance.

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Hoppla ça commence bien…mon vœu de continence est rompu dès la première halte mais bon, je ne connaissais que très peu ce domaine situé dans la vallée de Soultzmatt et le premier vin était tellement charmeur que je n’ai vraiment pas pu résister au plaisir d’en déguster un second.
Né sur un coteau gréseux exposé au sud, le premier riesling est un séducteur au cœur tendre mais avec une belle colonne minérale alors que le Grand Cru se montre un peu plus sérieux avec une aromatique retenue et une structure très solide.
Avec une cuvée « Vallée Noble » qui peut se boire sur le fruit et un Grand Cru qu’on pourra attendre un peu en cave, le domaine Haag nous propose deux rieslings très bien travaillés se complètent parfaitement.



Domaine de l’Oriel à Niedermorschwihr

Riesling Grand Cru Sommerberg-Z 2013 : nez frais et vivifiant, notes de citron, de zestes, de verveine…, droit et ciselé en bouche, le vin file vers la finale avec une grande vélocité, sillage frais et belle persistance.

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Mon arrêt chez le vigneron alsacien que je rencontre le plus régulièrement constitue ma deuxième entorse aux règles établies pour cette journée, mais comment refuser de goûter un vin chez le grand Claude !
Pur, précis et solidement tendu, le riesling « Z » du domaine de l’Oriel né sur cette calotte de roche granitique située au sommet du 4° amphithéâtre du Sommerberg, entre officiellement dans la cour des Grands Crus d’Alsace. Bravo !



Domaine François Schmitt à Orschwihr

Pinot Noir Cœur de Bollenberg 2015 : fruité noble et délicat, nuances boisées qui commencent à se fondre, fines touches florales en fond, matière généreuse mais équilibre tonique, grande finesse tannique, sillage fruité très agréable en finale.

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Mis en bouteille spécialement pour le salon ce pinot noir encore en cours d’élevage propose un jus très gourmand soutenu par un boisé distingué et bien maîtrisé.
Après un 2012 un peu démonstratif, goûté lors de notre récente
dégustation pinots noirs alsaciens, ce Cœur de Bollenberg 2015 se montre très convaincant : fruité très épanoui, élevage subtil et équilibre bien digeste. Très prometteur !

Crémant Blanc de Noirs : aromatique délicate et séduisante, fruité complexe, matière suave, mousse fine et crémeuse, belle sapidité en finale.

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Cette cuvée a été réalisée à partir de pinots noirs de 2012 et 2013 dont 30% ont bénéficié d’un élevage en barriques.
Frédéric Schmitt dont on sait qu’il adore vinifier le pinot noir nous montre qu’il se plaît également à l’interpréter en version effervescente et ce très beau crémant extra brut (dosé à moins de 3 g) nous le prouve de façon éclatante. MIAM !

 

Domaine Jean Paul Schmitt à Scherwiller

Pinot Gris Rittersberg-Grande Réserve 2012 : quelques notes lactées à l’ouverture puis beau développement aromatique sur les fruits jaunes et les fleurs de printemps, matière fuselée avec un joli gras et une acidité très fine, salinité bien présente en finale.

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Après avoir brillé avec son pinot noir lors de notre série consacrée à ce cépage, Jean-Paul Schmitt nous prouve que le Rittersberg peut également engendrer des pinots gris de très haute volée.
Vinifiée à la bourguignonne et élevée durant 18 mois en demi-muids, cette cuvée se livre avec beaucoup de spontanéité tout en révélant une personnalité très racée et un vrai potentiel de garde.

 

Domaine Mader à Hunawihr

Riesling Grand Cru Rosacker 2013 : palette suave, complexe et très fringante, notes de carambole et de mangue fraîche sur un fond citronné et crayeux,bouche svelte, silhouette élégante redressée par une acidité bien mûre, présence saline très tactile, finale ciselée et très longue.

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J’étais très content de retrouver mon guide sur le Grand Cru Rosacker et de pouvoir regoûter l’un de ses rieslings du Rosacker pour vérifier si j’allais pouvoir retrouver ces belles sensations ressenties lors de ma visite au domaine.
Le riesling 2013 proposé par Jérôme Mader commence à peine à montrer l’étendue de ses ressources mais développe d’ores et déjà une aromatique et une présence en bouche absolument remarquable de finesse et d’équilibre. MIAMMMMMM !

 

Domaine Lissner à Wolxheim

Riesling Rothstein 2015 : nez fin et charmeur, évocations florales très raffinées, bouche généreuse, fruité bien frais qui s’affirme progressivement, le grain tannique qui commence à se faire sentir est rehaussé par une acidité puissante, belle présence saline en finale.

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La richesse du millésime et la force de ce terroir de grès rose ont permis à Bruno Schloegel de concevoir un riesling à l’olfaction délicate et au corps solidement constitué (9,3 g  AT et 9 g SR).
Voilà encore une cuvée qui nous prouve que le Rothstein imprime une vraie signature minérale sur les vins qui y naissent…le projet de classement de ce terroir en 1° Cru me semble absolument légitime.

 

Domaine Muré à Rouffach

Riesling Grand Cru Zinnkoepflé 2015 : nez suave et élégant, bouche bien droite et solidement charpentée, finale complexe avec des amers minéraux et un beau sillage floral.

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Plutôt que d’assurer en me servant un cru du Vorbourg ou du Clos Saint Landelin, Thomas Muré a eu envie de me présenter ce riesling issu d’une jeune vigne (10 ans) replantées à 10000 pieds/ha sur le Grand Cru Zinnkoepflé.
Mise en bouteilles il y a trois semaines cette cuvée est née sur une parcelle dont les terrasses ont été rabotées pour pouvoir y planter des ceps dans le sens de la pente.
Après le riesling du domaine Haag, cette très belle cuvée nous montre qu’il est possible de concevoir de grands vins secs sur ce coteau pentu exposé plein sud.

 

Domaine Hering à Barr

Riesling Grand Cru Kirchberg de Barr 2010 : nez intense et complexe, notes de miel et de citron confit, nuances florales délicates, matière généreuse, acidité bien large, finale saline et citronnée, très belle digestibilité.

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Le terroir calcaire du Kirchberg de Barr engendre des vins qui ont besoin d’un peu de temps pour se révéler : droit et resserré dans sa prime jeunesse ce riesling 2010 commence à s’ouvrir et à s’épanouir tout en gardant un maillage acide/minéral très solide…Classique et classieux !

 

Domaine Hubert Metz à Blienschwiller

Riesling Cuvée Saint Hubert VT 2014 : palette assez discrète, fruité complexe, belle présence en bouche, richesse et salinité intense, expression aromatique plus ouverte, notes de raisins sec et d’agrumes mûrs, finale fraîche avec un long sillage floral.

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Ce riesling VT récolté sur les sols granitiques au pied du Winzenberg brille par sa délicatesse de son expression aromatique et par la précision de son équilibre en bouche. Les 80 g de sucres résiduels se fondent dans une matière juteuse tramée par un maillage acide/salin bien solide.
C’est une bouteille qu’on pourra déboucher dès maintenant pour profiter pleinement de sa gourmandise ou alors décider de l’oublier un peu en cave pour lui permettre d’affiner sa structure et laisser la place à son expression minérale.

 

Domaine Rieflé à Pfaffenheim

Alsace Grand Cru Steinert 2014 : nez agréable, fruité complexe et élevage délicat, matière ample, acidité profonde, équilibre très droit, finale saline et sillage boisé/épicé raffiné.

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Cette nouvelle cuvée du domaine Rieflé est un assemblage de riesling (2/3) et de pinot gris (1/3) élevé en barriques.
Dans cette cuvée dégustée sûrement un peu trop jeune on sent pourtant déjà que ces deux cépages parfaitement travaillés commencent à créer une belle synergie pour mettre en valeur ce Grand Cru calcaire.

 

Domaine Emile Beyer à Eguisheim

Riesling Grand Cru Pfersigberg 2014 : palette discrète sur les fruits à noyau et un fond minéral racé, après un attaque fine et précise la matière s’élargit en milieu de bouche, acidité droite et salinité bien marquée qui organisent la structure et étirent la finale.

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Les calcaires du coteau du Sundel ont généré un riesling puissant et très solidement charpenté qui s’exprime aujourd’hui avec une certaine retenue mais qui recèle un potentiel exceptionnel.
J’ai l’impression que ce 2014 se situe dans la ligne qualitative des magnifiques 2010 et 2012…voilà un vin à encaver d’urgence !

 

Domaine Moritz à Andlau

Riesling Grand Cru Kastelberg 2005 : expression aromatique sombre et discrète, notes balsamiques et nuances de pierre à fusil, présence large en bouche, équilibre sec et texture épaisse, finale longue, minéralité très impressive et sillage fruité sur le pamplemousse.

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Riesling Grand Cru Kastelberg 1999 : olfaction plus claire, expression vive sur les agrumes frais et la pierre, matière plus fine et plus souple, équilibre assez aérien, finale persistante, notes de pamplemousse et de résine.

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Ce vigneron d’Andlau chez qui j’ai déjà fait quelques belles dégustations verticales de Grands Crus locaux, a toujours quelques flacons de derrière les fagots à nous proposer comme ces deux rieslings étonnants de jeunesse.
Si vous voulez vérifier que le Kastelberg engendre de très beaux vins de garde, c’est chez Claude Mortitz qu’il faut faire étape car son tarif propose quelques pépites d’âge vénérable cédées à prix d’ami…à bon entendeur !

 

Domaine Adam à Ammerschwihr

Riesling Grand Cru Kaefferkopf 2010 : expression aromatique pure et très classique, notes de citron frais et de pierre chaude, matière longiligne, tendue par une acidité très verticale, trame saline bien définie, finale tonique et finement zestée.

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Présentée en magnum cette cuvée est issue d’un assemblage de parcelles granitiques et calcaires situées sur le Grand Cru Kaefferkopf.
A l’instar du riesling, 2012 qui avait fait sensation lors d’une dégustation AOC consacrée aux Grands Crus granitiques, ce 2010 est monolithe minéral impressionnant qui nous confirme que la gamme « Jean Baptiste Adam » de ce grand domaine d’Ammerschwihr propose des cuvées de très haut niveau

 

Domaine Agapé à Riquewihr

Riesling Grand Cru Rosacker 2014 : nez fin et délicat, notes florales et citronnées, matière large, acidité puissante mais bien mature, salinité intense et pénétrante, belles sensations tanniques, finale intense, retour aromatique long, pierreux et zesté.

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Cette version du Rosacker de Vincent Sipp surprend par la force de ses éléments constitutifs, surtout si on la compare à celle toute en délicatesse de Jérôme Mader… mais là on se trouve en présence d’une bouteille qu’il ne faudra pas déboucher tout de suite – à moins d’aimer les sensations fortes - mais quel grand vin !

 

Domaine Jean-Marc Bernhard à Katzenthal

Riesling Grand Cru Schlossberg 2013 : discret, raffiné et finement minéral au nez, matière épaisse avec une acidité solide qui file très droit, finale nette et salivante.
Riesling Grand Cru Wineck-Schlossberg 2008 : olfaction classique définie avec une grande précision, notes de citron frais et de zestes d’agrumes, bouche droite et expressive, finale salivante.

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Véritable « enfant terrible » du millésime, le Schlossberg 2013, que Frédéric Bernhard a choisi de commercialiser après les 2014, commence à montrer toute l’étendue de son potentiel alors que le Wineck 2008 qui est entré dans sa phase de plénitude nous ramène vers un univers plus serein mais toujours marqué par la signature minérale du granit…je vais vite voir s’il m’en reste un exemplaire en cave !

 

A SUIVRE...

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