Dégustation club AOC - Grands blancs de Méditerranée : Cassis - Palette - Bellet

 

La réunion AOC du mois de mars nous emmène une nouvelle fois loin de notre vignoble alsacien puisque nous allons tout d’abord nous promener sur le pourtour méditerranéen entre Marseille et Nice avant de partir à l’aventure au pays de Dracula…

Voici donc les thèmes du jour :

- les blancs provençaux de Cassis, Palette et Bellet
- les vins de Roumanie

La série de vins roumains a été préparée par Stefan et les vins du sud de la France ont été collectés par François et par moi-même.

Les blancs ont été débouchés avant la réunion et servis à l’aveugle par doublette de même appellation, les rouges ont été ouverts et/ou carafés 2 heures avant leur dégustation.

Verres Spiegelau Authentis 01


Soirée Club AOC du 11 mars 2016 à La Wantzenau


En guise de mise en bouche :

Crémant Extra Brut Nature 2007 – Domaine Bohn à Reichsfeld

1 32

Déjà goûté et commenté plusieurs fois, ce crémant, toujours aussi baroque dans son expression, n’a pas réussi à convaincre les membres de notre assemblée.
En ce qui me concerne, j’aime toujours autant ce grain de folie pétillant mais je me suis senti un peu seul ce soir !


Thème 1
Voir la Côte d’Azur en blanc.

Méditerranée Terre Promise 2015 – Château Henri Bonneau à Le Tholonnet : nez intense et flatteur, arômes de muscat et de groseille blanche, notes florales délicates en fond, matière juteuse qui laisse une impression de douceur, finale aérienne et bien glissante.
(100% rolle – terroir : argilo-calcaire)
Cassis Clos Val Bruyère 2014 – Château Barbannau à Roquefort la Bédoule : expression olfactive discrète, notes de réduction et touche grillée, matière large en bouche mais équilibre très droit, finale tendue et un peu austère.
(marsanne + clairette + ugni blanc + sauvignon – terroir : argilo-calcaire)

2 32   3 32

Le vin de Cassis doté d’un beau volume mais encore très réservé sur le plan de l’expression aromatique a été écrasé par l’exubérance gourmande du vin de pays produit par le Château H. Bonnaud.
En tous cas, ces deux premiers flacons sudistes sentent bon les vacances : une terrasse en bord de mer, Terre Promise à l’apéritif et Le Clos Val Bruyère sur un poisson grillé…nous voilà partis au soleil !


Palette Quintessence 2014 – Château Henri Bonnaud à Le Tholonnet : nez un peu marqué par l’élevage, arômes lactés et briochés, belle notes de fruits mûrs (abricot, nectarine) qui se montrent progressivement, matière ample et caressante en bouche, finale sapide avec un long sillage fruité et finement boisé.
(ugni blanc + clairette blanche + clairette rose – terroir : éboulis argilo-calcaire)
Palette Château Simone 2013 – Château Simone à Meyreuil : réduction intense au nez, belle palette florale qui se révèle après une très longue aération, bouche puissante et volumineuse, finale très longue sur l’abricot frais et la pêche jaune.
(80% clairette + 10% grenache blanc + 6% ugni blanc + 2% bourboulenc + 2% muscat – terroir : éboulis calcaires)

4 30   5 29

Affirmant des styles fort différents ces 2 crus de Palette ont surement été bus trop jeunes mais ils on t quand même réussi à nous faire sentir leur grande classe : le château Henri Bonnaud déjà très en verve sur le plan aromatique possède une vraie profondeur structurelle en bouche alors que le Château Simone qui se montre un peu revêche au premier abord brille par sa matière classieuse et raffinée.
Double MIAM !


Bellet Le Clos 2014 – Clos Saint Vincent à Saint Roman de Bellet : nez fin et complexe, notes de fruits blancs, fines nuances minérales, matière gouleyante et très aérienne en bouche, finale digeste.
(100% rolle – terroir silico-calcaire, galets et sables)
Bellet Vino di Gio 2014 – Clos Saint Vincent à Saint Roman de Bellet : nez raffiné, élevage délicat et belles évocations florales, attaque souple en bouche, matière large, acidité bien mûre, finale nette et sapide, amers minéraux et sillage long sur le pamplemousse.
(100% rolle – terroir silico-calcaire, galets et sables)

6 32   7 32

Les deux raretés de Bellet se livrent avec une spontanéité tout à fait réjouissante avec un Clos qui flatte nos papilles par sa matière déliée et très gourmande et l’ambitieux Vino di Gio (600 à 800 bouteilles par millésime), un peu plus réservé révèle une base minérale très racée.


Coteaux d’Aix Classic 2006 – Château Pigoudet à Rians : notes de réduction à l’ouverture puis développement aromatique sur la groseille blanche et la fleur de sureau, matière assez légère, équilibre droit, finale fraîche et délicatement acidulée.
(50% vermentino + 25% sauvignon + 25% ugni blanc – terroir : argilo-calcaire caillouteux)

8 29

Coteaux d’Aix Le Temple 2007 – Château Bas à Vernègues : nez flatteur, palette agréable sur le miel et les fruits à chair blanche, matière généreuse en bouche, structure large, finale un peu lourde.
(sauvignon + grenache blanc + rolle – terroir : limono-argileux sur calcaire)

Invités de dernière minute pour compléter notre série, les 2 Coteaux d’Aix nous ont permis d’avoir un petit aperçu sur le comportement de ces vins blancs face au temps qui passe. Léger, frais mais un peu simple, le 2014 du Château Pigoudet se goûte avec un vrai plaisir alors que le 2007 du Château Bas révèle davantage de volume et de complexité mais laisse une impression un peu pesante en fin de bouche…personnellement, je préfère le premier !

 

Pour conclure :

- Hormis certains vins du Roussillon et quelques cuvées languedociennes (Daumas Gassac et les vins de Supply-Royer), il y a vraiment peu de blancs nés sous ces latitudes méridionales qui m’ont fait vibrer jusqu’ici.
Par contre, il est vrai que je n’ai que peu goûté de vins du sud-est de la France jusqu’à aujourd’hui…d’ailleurs, je ne crois pas avoir déjà dégusté un cru de Palette ou de Bellet.
Autant dire qu’il était grand temps pour moi de combler cette lacune !

- Au bout du compte, ces 8 bouteilles ont montré une belle homogénéité et un niveau qualitatif tout à fait satisfaisant : des expressions aromatiques très diversifiées, des matières gourmandes et des équilibres frais et précis.
Mon coup de cœur du soir va évidemment aux deux cuvées de Palette : même s'ils ont été débouchés bien trop tôt, ces crus sudistes réputés ont montré des personnalités affirmées et un remarquable potentiel de garde…tout ce qu’il faut pour mériter le statut de grand vin !

- S'il fallait apporter un petit point critique à ces impressions globalement très positives, je déplorerais le prix à mons sens trop élevé de la plupart de ces bouteilles : c’est vrai que les aires de production de Palette et de Bellet sont minuscules (respectivement 46 et 50 hectares) mais de là à laisser s’envoler les prix au-delà des 30 euros la quille…non !

 

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