Le salon des Vins de la région de Molsheim - Edition 2016

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Organisée le jour de la Grande Braderie annuelle le 76° Salon des Vins de la région de Molsheim a permis à 20 vignerons de la Couronne d’Or de se retrouver dans le grand salon de l’Hôtel de la Monnaie pour faire découvrir leurs vins aux visiteurs.
Pour compléter cette belle offre vinique, les oenophiles peuvent également participer à une conférence-dégustation animée par le sommelier François Goepp sur le thème « L’Alsace et le vieillissement de ses vins ».
Hoppla, c’est parti !

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La foule se presse entre les stands dans les rues de Molsheim.

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Pas de doute, c’est bien là !

Arrivé sur place à 15 heures pile, j’ai juste le temps de prendre mon verre à dégustation et de m’installer parmi les amateurs de vins qui ont choisi de suivre la conférence de François Goepp.

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Un auditoire attentif et intéressé par les analyses et les conseils de François Goepp

Avant de nous servir le premier vin, le jeune sommelier nous donne quelques pistes pour nous aider à comprendre et à apprécier les vieux vins. « Il ne faut pas confondre aptitude au vieillissement et capacité à se bonifier » : les bons vins tiennent dans le temps sans subir d’altération marquantes, les meilleurs évoluent avec l’âge en gagnant en complexité, en profondeur et en expression du terroir.

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François Goepp présente le premier vin…

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…avant de le servir aux participants à la conférence.

Les deux premières doublettes de bouteilles proposées à la dégustation nous viennent du domaine Schmitt de Bergbieten.

Riesling Glintzberg 2015 : robe jaune clair, belle brillance, nez frais et guilleret, notes de groseille blanche et de pamplemousse, ample et tendu en bouche, minéralité naissante en finale.
Riesling Glintzberg 2003 : robe d’un jaune plus prononcé, dense mais encore très brillante, nez évolué mais très agréable, palette d’une grande complexité, notes d’amandes et de pralin sur un fond terpénique et légèrement fumé, matière souple et  suave avec un petit creux en milieu de bouche, finale tonifiée par une belle présence saline, sillage long, anis, menthe fraîche et nuances minérales.

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Le Glintzberg est un coteau exposé au couchant et situé dans la prolongement de l’Altenberg de Bergbieten et ses sols argilo-marneux avec du gypse en profondeur sont identiques à ceux du grand cru.
Le riesling jeune est tonique et croquant avec une ligne acide très droite, son ainé nous séduit par sa très belle palette aromatique mais semble un peu plus fragile en bouche.
Personnellement je préfère le côté fringant du 2015 mais je dois reconnaître que le 2003 qui s’est patiné et raffiné avec le temps présente un profil gastronomique nettement plus riche.


Riesling Grand Cru Altenberg de Bergbieten 2013 : jaune clair très lumineux, nez déjà bien complexe qui gagne en intensité après oxygénation, belle palette florale sur un fond minéral qui commence à se définir, bouche puissante et gourmande, arômes d’agrumes frais, fine tannicité en finale, sillage sur le pamplemousse.
Riesling Grand Cru Altenberg de Bergbieten 2004 : robe intense, nuances dorées avec beaucoup d’éclat, nez splendide, notes de noisette, d’amande fraîche, de bergamote sur un fond finement terpénique, bouche longiligne, solidement tendue, finale salivante, amers nobles et salinité.

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Ces deux Altenberg de Bergbieten vinifiés par Julien Schmitt affirment leur rang de Grand Cru avec beaucoup d’aisance. Le 2013 qui se livre avec une vraie gourmandise aujourd’hui commence à parler de son terroir mais son accessibilité va immanquablement nous pousser à le boire trop tôt…Carpe Diem !
La surprise de cette après-midi est venue de ce 2004 que j’avais senti assez fatigué en 2010 (lors d’une petite verticale faite pour mon travail sur l’
Altenberg de Bergbieten), mais là j’avoue que je suis épaté par la classe qui se dégage de ce vin.

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Pour présenter les gewurztraminers du Stierkopf, François Goepp bénéficie du soutien de Frédéric Becht

Gewurztraminer Stierkopf 2014 : robe or clair, nez ouvert, palette subrtile avec de belles nuances exotiques, bouche légère et très gourmande, finale digeste.
Gewurztraminer Stierkopf 1997 : robe dorée, nez intense mais assez étonnant, notes de cire d’abeille, de fruits jaunes bien mûrs (mirabelle, abricot) et d’épices douces, bouche souple et déliée, finale longue et délicatement épicée.

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Le Stierkopf est un coteau calcaro-gréseux exposé sud/sud-ouest qui engendre des vins élégants et finement bouquetés comme en témoignent ces deux gewurztraminers élaborés par le domaine Becht à Dorlisheim.
Le 2014 très charmeur se goûte frais et sec malgré ses 23 g de sucre résiduel. Avec près de 2 décennies au compteur, le 1997 a complexifié son expression aromatique mais montre un côté plus ondulant en bouche qui laisse supposer que sa phase de déclin a commencé…mais belle performance quand même !

Cette petite heure passée en compagnie de François Goepp et de Frédéric Becht nous a permis de vérifier une fois encore que le temps ne faisait pas peur aux vins d’Alsace bien nés.
Avec des profils aromatiques et des structures en bouche devenues plus complexes avec l’âge, ces vins permettent des associations gastronomiques très diversifiées et à ce sujet François Goepp a énoncé un principe que je trouve particulièrement intéressant : « Les vins d’Alsace jeunes appellent les produits de la mer (ou de la rivière) alors que les vieux s’accorderont plus facilement avec des produits terriens »…simple mais efficace non !

Après la conférence, retour au premier étage de l’Hôtel de la Monnaie pour une petite dégustation complémentaire de crus de la Couronne d’Or.

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Affluence des grands jours dans le salon de l’Hôtel de la Monnaie.

Face à une offre pléthorique de bouteilles à déguster – 20 vignerons venus avec plus de 10 vins chacun…ça fait beaucoup pour un seul homme – je vais simplement essayer me limiter à un ou deux vins maximum à chaque stand où je choisirai de m’arrêter.
Voici les impressions laissées par quelques bouteilles qui m’ont particulièrement marquées :

Traenheim 2014 du domaine Mochel à Traenheim : expression aromatique complexe et très primesautière, palette florale, notes d’amande fraîche, bouche droite, matière juteuse solidement tendue par une belle ligne acide, finale digeste et salivante.
(70% pinot blanc + 30% pinot gris – vinification et élevage en barriques)

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En m’arrêtant à la table de Guillaume Mochel j’ai pu goûter pour la première fois cette appellation dont le dossier de validation est en cours (si vous voulez en savoir plus Appellation Traenheim (48.93 Ko)) et j’avoue que cette cuvée m’a vraiment plu…à tel point que j’ai eu envie d’en savoir un peu plus.
Direction les autres domaines qui commercialisent du « Traenheim »


Traenheim 2013 du domaine Mochel-Lorentz à Traenheim : nez un peu déroutant, notes de fruits blancs, écorce et sous-bois, bouche longiligne, équilibre sec, finale marquée par des arômes de résine.
(1/3 pinot blanc + 1/3 auxerrois + 1/3 pinot gris – vinification et élevage en barriques)

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Cette cuvée encore un peu marquée par son élevage montre une personnalité originale qui nous emmène assez loin des canons esthétiques alsaciens…pour l’heure je ne suis pas vraiment convaincu mais je crois que ce vin a encore besoin d’un peu de temps pour s’harmoniser.


Traenheim 2013 du domaine Charles Muller à Traenheim : olfaction séduisante, notes de pain grillé et fruité délicat, assez ronde en attaque la bouche se tend et s’affine progressivement, finale digeste avec des amers nobles.
(50% pinot noir + 25% auxerrois + 25% pinot blanc – élevage en foudres)

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Le 3° « Traenheim » de la série nous donne une nouvelle interprétation de cette appellation : c’est un vin équilibré qui commence à se mettre en place et qui se déguste avec plaisir et facilité.


Pinot Noir 2015 du domaine Schmitt à Bergbieten : aromatique très pure, fruits rouges  croquants, chair généreuse et profondément fruitée en bouche, acidité bien en place et trame tannique veloutée.

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Née sur des parcelles situées au pied de l’Altenberg de Bergbieten cette cuvée de  pinot noir 2015 me fait penser à la superbe réussite de 2009 avec peut-être un soupçon de profondeur en plus.
Julien Schmitt avoue qu’il « commence à prendre un vrai plaisir à travailler ce cépage » - il a d’ailleurs replanté du pinot noir sur sa parcelle de l’Ostenberg à Westhoffen – j’ai comme l’impression qu’on va bientôt pouvoir goûter de très grands vins rouges du côté de Bergbieten !


Pinot Noir 2015 du domaine Anstotz à Balbronn : joli nez sur la groseille bien mûre, matière concentrée, texture épaisse avec un grain tannique sensible, finale fraîche et persistante.

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Vinifié en cuve inox et élevé en foudre ce pinot noir est un peu plus rustique que celui des Schmitt mais il se déguste déjà avec beaucoup de plaisir  : consistant, juteux et bien tonique…c’est un vin qu’on pourra boire dès à présent sur des grillades ou qu’on pourra laisser un peu en cave pour le laisser prendre une vraie dimension gastronomique.


Pinot Noir Cuvée Frédéric 2012 du domaine Becht à Dorlisheim : expression fruitée ouverte et gourmande, matière charnue, équilibre idéal entre richesse/acidité/tannins, finale soyeuse, salivante et longuement aromatique.

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Née sur les sols calcaires du Stierkopf, cette cuvée élevée durant 12 mois en barriques allie un caractère juteux et bien glissant avec une vraie profondeur.
Proposée à 10,20 euros au domaine, cette bouteille constitue l’un des plus beaux rapports Q/P sur ce cépage dans notre région. A bon entendeur…


Riesling Grand Cru Steinklotz 2013 du domaine Fritsch à Marlenheim : nez intense et éclatant de fruit (pamplemousse rose, carambole, citron vert), matière longiligne, équilibre tonique, finale longue, fruitée et très salivante.

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Je ne pouvais pas quitter ce salon sans avoir goûté au moins quelques rieslings…et c’est bien celui de Romain Fritsch – mon premier guide dans mon étude des Grands Crus – qui m’aura fait la plus belle impression aujourd’hui !
C’est un vin particulièrement flatteur qui tient ses promesses en bouche et qui possède un vrai potentiel de garde. MIAM !


Pour conclure :

- Une conférence très intéressante animée par un sommelier vraiment passionné, un salon où on peut rencontrer les grands noms du vignoble de la Couronne d’Or et une offre pléthorique de vins à déguster...voilà ce que j’appelle un Salon des Vins pleinement réussi.
Merci à tous ceux qui on œuvré pour que nous puissions nous régaler dimanche !

- Je n’ai pas pris de notes assez détaillées sur les bouteilles dégustées pour faire un récit plus complet et les vins cités dans cet article constituent déjà une petite sélection personnelle.
Ceci dit, il faut quand même relever la qualité impeccable de tous les vins présentés par Julien Schmitt et la belle prestance de la cuvée Traenheim de Guillaume Mochel…la vraie découverte du jour !

 

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