Une série de vins rouges espagnols.

Espagne

Au fil de l’année 2015, de mes escapades en Catalogne, des cadeaux que l’on m’a fait, j’ai réuni une dizaine de vins rouges Espagnols afin d’apporter un peu « d’exotisme » à mes connaissances viniques et élargir mon horizon bacchique. J’ai bu ces vins lors de différents repas et toujours en compagnie d’autres personnes afin d’écouter aussi leurs sensations.
Vamos !

Finca Espolla 2010 Castillo Perelada DO Emporda (assemblage de monastrell, syrah, garnatxa, cabernet sauvignon) : de couleur pourpre, il exhale des senteurs de chêne, de fumé, de cuir avec des notes de mûres. C’est un vin assez massif, balsamique, un peu entêtant avec une pointe d’amertume. Le fond de verre est sur la cendre froide et un léger menthol.
Bien fait techniquement mais un rien emprunt de lourdeurs.

Licis 2011 Ribeira Sacra Franck Massard : un vin découvert à Bron au salon de la Cugnette. Un peu réduit, très fruit à noyau, floral, un peu lardé. On pourrait penser à une jolie syrah de crozes hermitage avec cette pointe acide sous jacente. Un côté minéral se développe au fur et à mesure avec un trait végétal voire une petite amertume. Le fumé revient en fond de verre avec une pointe florale.
Je retrouve à chaque fois dans ce vin beaucoup d’élégance, de fraicheur, c’est bien bon !

Finca Espolla 2008 Castillo Perelada DO Emporda : aromatique très sombre, empyreumatique, presque cendre froide. Avec un peu de temps, le fruit noir ressort, mûre avec une note de poivre noir. Enrobé, presque gras, l’entrée en bouche est un peu rêche, fruit à noyau puis là encore évolue vers quelque chose de plus aimable sur la cerise avec une pointe d’amande et de balsamique.
Un vin pas facile d’accès et qui demande un peu de patience pour être apprécié

Milcampos Tempranillo 2010 DO Ribera Del Duero : on dirait de l’encre noire et parait impénétrable. Pourtant avec un peu d’aération, le vin s’ouvre sur la groseille, le chêne avec une pointe fumée.  L’élevage est assez prégnant. Une bouche de demi-corps avec un peu d’amertume et des tanins légèrement sucrés.
La technique a ici laissé peu de place à la nature…

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Antonio Moral tinto 2009 DO Ribera Del Duero : là encore, on est sur une couleur noire qui laisse d’abord entrevoir que des notes d’élevage, de chêne et de vanille. Mais cette fois, le vin va évoluer vers de la myrtille, le thym, l’olive noire, le sud ! Le grain de tanin est très joli, avec une belle structure notamment amenée par une pointe acide. La finale est là encore un peu sucrée mais juste ce qu’il faut pour amener de la gourmandise.
On se laisse facilement avoir par ce séducteur en diable !

Barahonda Barrica 2010 Monastrell Syrah DO Yecla : pour le coup, la couleur est vive, rubis et d’ailleurs, on sent tout de suite le fruit frais, rouge avec à peine un peu d’élevage et une petite pointe d’acidité. Par contre, la bouche est un peu dissociée avec tour à tour une sensation d’amers, d’acide et d’alcool.
On pouvait espérer un joli vin mais au final c’est décevant

Heredad Ugarte Crianza 2007 DO Rioja (essentiellement composé de tempranillo avec un peu de garnacha) : il est immédiatement expressif, avec un joli nez de fruits rouges, un peu de cuir, d’olives noires et un soupçon de basilic. Assez simple dans sa structure mais agréable, frais, fruité avec juste un peu de raideur sur la fin.
Un vin très lisible, qui sait donner du plaisir

Cogito ergo sum Cartesius 2007 DO Emporda : tout de suite, on ressent un vin fatigué, sur le pruneau, un peu décharné, sans âme avec l’alcool qui remonte et dissocie complètement le vin
Bouteille défectueuse ou vin mort, à revoir

5 Fincas 2010 Perelada DO Emporda (garnatxa, cabernet sauvignon, syrah, merlot) : tout pour me déplaire à la base avec une boisé vanillé entêtant à l’ouverture. Et pourtant ! Le fruit noir reprend force et vigueur, le vin enrobe le palais de façon plutôt adroite et structurée. Les convives apprécient et se laissent faire facilement
Le type même de vin technique mais pas désagréable du tout.

Barahonda 2011 Barrica DO Yecla : sur un autre millésime, le vin s’exprime à peu près de la même façon avec ce côté fruit frais, cassis, une pointe acide et une bouche cette fois un peu plus en place même si elle s’avère fuyante et plutôt courte.
Bon, je pense que ce vin n’est peut être pas fait pour moi !

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Bon…..Evidemment, et en aucun cas, je ne vais faire d’une dégustation d’aussi peu de vins une généralité. Mais quand même. Sur quasi tous ces vins, on ressent l’apport technique à plein nez, même si ce n’est pas toujours mal fait d’ailleurs. Je comprends que les vins espagnols s’exportent et que notamment, aux Etats-Unis, ce profil chêne grillé, tanins sucrés plaisent, surtout si l’on ajoute à cela des prix qui tournent tous entre 8€ et 15€. Ce n’est pas mon cas. Le vin de Franck Massard m’a bien plus car dans une autre veine, j’avais goûté en Espagne la cuvée Dido en Montsant qui était très très agréable. Je vais donc affiner mes recherches lors de mon prochain passage en Espagne pour rechercher des vins qui me correspondent mieux. A suivre…   

Cyril Amelin - septembre 2015

 

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