Série de vins des Côtes du Rhône méridionales 2004

Alors que beaucoup parlaient du « fameux » millésime 2003 et de la canicule, à l’époque, la quasi-totalité des vignerons craignaient plus le millésime 2004. Aujourd’hui, il reste dans les mémoires comme une année très sèche où le déficit pluviométrique de janvier à fin juillet est un des plus élevés de ces cinquante dernières années. Le vent avait pas mal soufflé cette année là et septembre avait été très chaud. La qualité des vins de ce secteur était plutôt bonne à leur naissance mais on ressentait parfois des déséquilibres avec notamment des vins parfois assez secs en finale et un alcool assez présent. J’ai voulu conserver un stock de bouteilles pour les ouvrir à 10 ans d’âge et par là même, faire à nouveau un petit tour d’horizon du millésime.

Côte du Rhône 2004 Serre de Catin – Domaine du Clos du Mont Olivet : la couleur est assez briquée avec un nez de pruneau et une touche végétale. La bouche au début est un peu sèche et chaude mais l’aération apaise le vin qui évolue vers plus de finesse délivrant de jolies notes de framboises, de confiture puis d’épices douces.
Un vin agréable au fil de la dégustation.

Baumes de Venise 2004 Cuvée St Martin – Domaine de la Ferme St Martin : une couleur à peine évoluée pour ce vin qui fut pendant longtemps fermé. Une identité très sudiste tant au nez qu’en bouche avec une belle énergie qui le porte. La finale est un peu dissociée avec l’alcool qui remonte et une certaine sécheresse de tanins.
Plutôt pas mal au demeurant pour ce vin issu de vignes sises plus hautes en altitude et le seul de la série en AOC.

Web 142 beaumes st martin 2004

Côte du Rhône 2004 Terres d’aigues – Domaine Richaud : là encore, le disque vire à l’orangé avec tout de suite de belles senteurs florales puis d’agrumes. Des notes plus tertiaires, de terre apparaitront au fil du temps. Une bouche de demi-corps avec un peu de gaz, qui tombe rapidement.
Le vin est déclinant mais pas inintéressant.

Côte du Rhône village 2004 Haut Bressan – Domaine Saladin : un léger orangé teinte le vin, le fruit à noyau domine, mâtiné de cuir avec là encore une remontée d’alcool.
Il manque de chair et d’expression et, à mon sens, a largement dépassé son plateau de maturité.

Côte du Rhône Cairanne 2004 L’Ancestrale du Puits – Domaine des Aphillantes : là encore évolué, sur le pruneau, le fruit à noyau et de légères notes d’humus, de feuilles mortes. A ma grande surprise, la bouche est restée assez charnue, avec une rétro fruité agréable qui cependant, là encore, marque un peu l’alcool.
Au final, un vin très correct.

L ancestrale du puits

Côte du Rhône 2004 – Domaine du Grand Père Jules : très évolué, jus de viande, pruneau, bouche décharnée, fluide.
Paix à son âme…

Côte du Rhône 2004 Les Abeilles – Jean Luc Colombo : marqué par une volatile prégnante, orangé, très marc de café avec de l’amertume et de la sécheresse.
Pas agréable.

Les abeilles de colombo

Côte du Rhône 2004 – Dolium des vins du concours : pour le coup, la couleur est restée assez vivace, délivrant un parfum de café puis de framboise. La 1ère gorgée est chargée en gaz qui permet au vin de garder de la fraicheur.
Le tout retombe vite mais demeure assez agréable.


On ne va pas dégager de grandes théories suite à la dégustation de ces vins mais, pour ceux qui tiennent encore debout, on retrouve les marqueurs du millésime. Le tour d’horizon était assez parlant car les vins étaient issus de différents endroits, de différents domaines ou négoces avec des vignes de plaines et de coteaux. L’appellation côte du Rhône n’a à mon sens pas vraiment de cohérence ni identité marquée. Il serait intéressant de goûter à des appellations méridionales telles que Gigondas, Vacqueyras ou Châteauneuf afin d’affiner cette approche du millésime 10 ans après. Pour en avoir dégusté quelques uns récemment, on retrouve ces marqueurs avec des vins qui, avec plus de matière, de chair, ont mieux supporté ce millésime chaleureux mais restent eux aussi parfois déséquilibrés sur les finales avec des sensations de chaleur et d’alcool qui remontent voire une légère sécheresse de tanins.

Carte des appellations de cotes du rhone meridionales c m crivellaro
Un peu de géographie pour se situer...


Cyril Amelin - Février 2015

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