Visite au Domaine de Torraccia à Lecci (Corse)

Panneau torraccia

Après une visite au domaine Fornelli à Tallonne, j’avais prévu, sur les conseils de Nicolas Bon, d’aller visiter ce domaine bien connu des amateurs de vins Corse sis non loin de Porto Vecchio, à Lecci.

Vignes sur mer torraccia
Vignes sur mer du domaine de Torraccia

Le domaine a été crée en 1964 par Christian Imbert dans un endroit superbe entre mer et montagne sur des coteaux d’arènes granitiques. 43 Ha de vignes en tout plantées en grande majorité de cépages traditionnels soit Vermentinu en blanc et Niellucciu et Sciaccarellu en rouge complété d’un peu de grenache syrah et de cinsault pour le rosé. Des élevages en cuve.
Les rendements ne dépassent pas 45 Hl Ha, une viticulture raisonnée et même un peu plus que cela car aujourd’hui certifiée AB. Les vins portent L’appellation d’origine protégée Corse Porto- Vecchio. Un petit tour dans les vignes ne laisse aucun doute quant à la qualité et le soin qui leur est apporté. Le site est magnifique, un petit chemin qui vous emmène loin des affres touristiques avec une vue sur mer incomparable dès que l’on se promène un peu. L’accueil en cave a été très agréable, plein de partage et de générosité.

Cuves torraccia
Les cuves du domaine

Domaine de Torraccia blanc 2014 : un joli jus, épicé vif pour ce 100% Vermentinu. Un blanc d’apéritif, désaltérant, un peu salin.
Un vin bien fait qui remplit son office d’entrée de gamme

Oriu blanc 2014 : issu de vignes plus anciennes, élevé sur lies avec bâtonnage. Le vin est assez gras, avec des notes d’agrumes, de citron, de pamplemousse blanc et de poivre blanc
Plus de matière, de corps pour un vin bien né

Domaine de Torraccia rosé 2014 : constitué de 4 cépages dont du cinsault, il allie agrume et floral le tout bâti sur un support acide bien maitrisé.
Un rosé d’été très agréable

Oriu rosé 2014 : un vin assez glycériné, très pamplemousse rose, avec une pointe amère, et une belle tension qui tient le vin en bouche avec pas mal de persistance.
On est là sur un rosé de table qui tiendra tête à une cuisine d’été de caractère.

Niellucciu rouge 2013 : une macération carbonique en vendange entière. Il pète le fruit, la cerise, le petit fruit rouge acidulé avec une bouche très fraîche sur le zan.
Un petit bonbon qui servi un peu frais ravira les amateurs de vins sur le fruit.

Domaine de Torraccia 2012 rouge : un assemblage de Niellucciu en majorité complété de Sciaccarellu syrah et grenache. Assez sombre, sur les fruits noirs avec une pointe de garrigue et de réglisse sur la finale qui retombe un peu vite.
Un rouge agréable mais qui manque un peu de corps

Oriu 2011 : 80% Niellucciu 20% Sciaccarellu. Il lui faut du temps pour se livrer, le vin est très compact, sombre. C’est la cerise noire presque confiture qui finit par émerger avec des relents de laurier, d’olive et de zan. Les tanins sont très serrés et le tout demande encore du temps pour se fondre.
Un rouge de garde qui à ce jour devra être bien aéré pour être apprécié à sa juste valeur et encore mieux, gardé 3 à 4 ans de plus.

Une série de magnums bus à table :

Oriu blanc 2013 : Une bouteille superbe avec une couleur brillante, citron. Le nez va évoluer dans la gamme des agrumes, citron pamplemousse voire cédrat. Assez salin, on sent du ressort, de la structure, une pointe amère, très sec.
Un très joli blanc de table que l’on peut ouvrir à l’apéritif et garder tout au long du repas

Oriu 2006 : C’était intéressant d’avoir des magnums de millésimes plus anciens sur le rouge. La couleur est assez sombre, à peine briquée sur le disque. Il s’ouvre assez vite avec un côté sudiste affirmé, garrigue, olive noire avec de la cerise bien mûre pour compléter le tableau. Une structure assez ferme, qui se délie un peu dans le verre. La finale évoque la réglisse, le pruneau et s’assouplit un peu.
Un vin de repas d’hiver, ferme, qui en magnum a encore du temps devant lui

Oriu 2004 : D’une couleur assez évoluée flirtant avec le rouge orangé, il est très animal de prime abord, cuir puis, après quelques instant dans le verre,  il offre un festival évolutif de senteurs diverses, floral pivoine, menthol, pruneau et une pointe d’épices douces et de tabac blond. Je ne suis pas amateur de vins évolués mais celui là m’a séduit, très loin d’être décharné,  avec encore suffisamment de gras en bouche, de la vie et une douce note chocolatée pour finir.
Un très beau vin qui atteste de la capacité de vieillissement de cette cuvée.

Magnums d oriu

Nous avons passé de beaux moments avec ces vins, tant en dégustation au domaine, que sur table notamment en magnum. On ressent du caractère, de la matière. Il faut savoir être patient notamment sur la cuvée Oriu en rouge. Ils font souvent référence au maquis corse en dégustation. Comme je ne fais appel qu’à mon propre référentiel quand je décris des vins, j’évoque moi la garrigue. Mais en balladant aux alentours, j’ai remarqué de grandes similitudes au niveau de la végétation avec mon terroir ardéchois du sud notamment avec les herbes aromatiques et les arbres tel que l’arbousier le laurier et l’olivier (ils font une huile d’olive excellente, pleine de caractère). Mais eux, ils ont la mer !  Et sincèrement, une ballade dans les vignes vaut le coup d’œil et donne un peu plus envie encore d’aller découvrir ce domaine de grande qualité.

Cyril Amelin - juillet 2015

Commentaires (1)

1. Bon Nicolas (site web) 03/07/2015

Top Cyril. Un domaine qui monte et des vins qui reflètent une vraie expression du caractère parfois ambigu de la Corse. Et ca veillis tres bien, je confirme !

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