Petite visite au domaine Rietsch à Mittelbergheim - Eté 2014


Avant de rejoindre notre villégiature estivale en Ardèche je m’accorde une dernière escapade dans le vignoble alsacien, histoire de trouver quelques bouteilles pour compléter la sélection de crus que je vais partager avec mes amis oenophiles du sud.
C’est parti, direction Mittelbergheim et le domaine Rietsch pour une visite un peu plus « au calme » que lors de mon dernier passage dans ce village

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Mittelbergheim en juillet.

Comme il fait très beau et que la lumière me semble assez propice pour faire l’une ou l’autre photo, je ne résiste pas à l’envie de faire quelques pas dans les vignes autour de Mittelbergheim par le sentier qui passe par les lieux-dits Stein, Weingarten et Hagel.

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Des vignes dans le Stein avec de l’herbe déjà bien brûlée par le soleil..

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...mais quelques fleurs poussent encore dans les rangs.

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Sur les pentes du Weingarten

Après une petite demi-heure de marche sous un soleil qui tape vraiment dur en ce début juillet, la petite fraîcheur (toute relative d’ailleurs…) qui règne dans le caveau du domaine Rietsch et les quelques bouteilles préparées par Jean-Pierre tombent à pic pour me permettre de récupérer de mes efforts dans d’excellentes conditions...eh oui, les personnes âgées un peu corpulentes doivent prendre certaines précautions quand il fait chaud !

Pinot Gris Quand le chat n’est pas là 2013 : la couleur légèrement saumonée est surprenante et l’olfaction très agréable sur les petits fruits rouges frais me fait un peu penser à un pinot noir vinifié en rosé, la bouche est très gourmande avec une acidité souple et une présence finement tannique, la finale encore un poil austère affirme une belle salinité.
(13°1 – SR : 1,4 g/l – AT : 5,5 g/l – non filtré, sans sulfites ajoutés : SO2 total : 11 mg/l).

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Issue de pinots gris du Rippelholtz et du Zotzenberg cette cuvée a été travaillée de façon très originale : 2/3 des raisins ont macérés en grappes entière durant une vingtaine de jours avant pressurage et 1/3 des raisins ont subi un pressurage direct puis ont été laissés en milieu oxydatif. L’assemblage de ces deux jus a été élevé durant 5 mois en demi-muids et en barriques de 400 litres.
Ce vin assez inclassable est doté d’un côté friand et facile d’accès qui lui permettra de trouver facilement sa place sur les tables estivales…ceci dit, sa texture et son équilibre en bouche annoncent un joli potentiel de garde.
A boire ou à encaver pour quelques années…au choix !

Riesling G.C. Zotzenberg-Kappel 2011 : robe brillante et limpide (étonnant lorsqu’on sait que ce vin n’a subi aucune filtration), fruité très discret au nez, attaque bien percutante en bouche, matière pleine d’énergie, salinité intense, finale salivante avec de beaux amers et une fine tannicité.
(13°7 – SR : 0,6 g/l – AT : 7,4 g/l – non filtré, sulfitage très léger : SO2 total 16 mg/l)

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Issu du lieu-dit « Kappel » situé dans le secteur bas du Zotzenberg particulièrement riche en marnes ferrugineuses, ce riesling élevé durant 30 mois en foudres impressionne par sa profonde minéralité qui marque le vin tant dans son aromatique que dans sa structure.
Très proche par son expression du superbe sylvaner Z 2010, cette cuvée nous livre une interprétation directe et décomplexée de la personnalité de ce Grand Cru. MIAM !

Sylvaner Vieilles Vignes 2012 : pur et avenant mais sans esbroufe avec des notes de fleurs et de fruits blancs complétées par une fine touche vanillée, bouche assez concentrée mais qui reste bien glissante, finale minérale, salivante avec un sillage aromatique d’une longueur respectable.
(13°3 – SR : 1,1 g/l – AT : 5,6 g/l – sans sulfites ajoutés : SO2 total : 9 mg/l)

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Issu d’un assemblage de plusieurs parcelles autour de Mittelbergheim, ce sylvaner travaillé « nature » séduit par sa pureté aromatique, sa matière assez dense mais bien gourmande et sa grande salinité en fin de bouche. On y retrouve un peu l’esprit de l’auxerrois « Entre Chien et Loup » mais avec un soupçon de droiture en plus...MIAIM !

Gewurztraminer 2013 – élevé en barriques : robe jaune très prononcé, nez de raisin sec avec une petite touche végétale pas désagréable, assez puissant mais sec en bouche, jolis arômes de bâton de réglisse, finale minérale et légèrement tannique révélant quelques amers nobles.
Gewurztraminer 2013 – élevé en amphores : olfaction un peu plus marquée par une touche de graphite mais proche de celle du vin précédent, bouche qui possède la même structure et le même profil aromatique mais qui développe une matière plus sensuelle.
Les gewurztraminers à l’origine de cette cuvée ont subi une macération en grappes entières de 15 jours avant pressurage. Les jus de la première cuvée ont été élevés en barriques alors que ceux de la seconde ont séjourné dans des amphores avant la mise.
Ces deux vins non filtrés et non sulfités ne sont pas encore au tarif mais leur dégustation en primeur s’est révélée fort intéressante : des matières encore un peu « brutes » mais une concentration et un équilibre qui permettent d’envisager sereinement quelques années de garde.


- Si je compte bien, ça va faire 10 ans que je connais Jean-Pierre Rietsch et que je lui rends visite régulièrement pour déguster ses vins…et pourtant il arrive toujours à me surprendre par l’originalité de l’une ou l’autre cuvée qu’il vient de concevoir.
La recherche de l’expression la plus pure et la plus authentique de ses terroirs le conduit à opter pour un travail en cave qui limite les intrants chimiques et les interventions œnologiques à un strict minimum : levures indigènes, élevages longs sur lies, pas ou peu de filtrations, pas ou très peu de sulfites ajoutés…
Ces pratiques « naturelles » nécessitent bien évidemment une matière première de très grande qualité : elle est obtenue grâce à un soin particulier apporté aux vignes conduites en culture biologique et à des vendanges manuelles avec un tri drastique sur chaque parcelle.
Les pressurages doux et longs limitent l’extraction des bourbes et permettent l’obtention de jus limpides sans avoir recours à des filtrations qui dépouillent toujours un peu les vins : la robe du riesling Kappel 2011 prouve qu’on peut arriver très naturellement à un résultat parfait sur le plan visuel.

- Bien évidemment je mentirai si je vous disais que je suis réceptif à l’esthétique de toutes les cuvées que me propose Jean-Pierre : il y a certaines bouteilles qui m’interpellent, me déstabilisent, me dérangent parfois…mais j’apprécie depuis toujours la liberté de ce vigneron qui brouille un peu les codes établis mais qui sort très régulièrement des cuvées absolument géniales.
Sur cette série, ma préférence va très nettement au riesling Kappel 2011 suivi de près par le sylvaner 2012…de grands vins tout simplement !

- Merci à Jean-Pierre de continuer à faire œuvre de pédagogie avec un élève un peu rétif mais qui essaie de progresser…timidement mais sûrement !

Dsc 1509
Une date à noter pour ceux qui veulent vérifier mes dires…


Commentaires (1)

1. Jaffuel Dany 06/08/2014

Les fleurs violettes sur ta 4eme photo ressemblent à.... des sauges afghanes (??????). A l'occasion demande à JPR ce qu'il en est...
Formidable pinot auxerrois sur 13.
Dany

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