Portes Ouvertes au domaine Barmès-Buecher - Edition 2014

Avec cette lumière quasi-estivale qui règne en cette mi-mars sur le vignoble alsacien, je n’ai pas hésité un seul instant pour programmer une excursion dans le vignoble du Haut Rhin.
Ma première étape à Orschwihr me donnera l’occasion de faire quelques prises de vues pour mon prochain article sur les Grands Crus d’Alsace.

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Orschwihr en mars 2014

Ma seconde étape se fera à Wettolsheim pour répondre à la sympathique invitation du domaine Barmès-Buecher qui organise une nouvelle journée « Portes Ouvertes ».

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Wettolsheim au printemps 2014 vu du coteau du Hengst…



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 …et l’entrée du domaine Barmès-Buecher.

Je retrouve la mise en place qui a contribué à la réussite de l’édition 2013 avec la famille Barmès-Buecher et son équipe qui nous reçoivent dans leur grand chai où sont installés 3 ateliers de dégustation.

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La cave et ses ateliers de dégustation thématiques.

Sous les voûtes de la cave bordées de barriques et de demi-muids où séjournent une partie des jus de 2013, c’est la patronne qui accueille les clients et leur souhaite la bienvenue en leur proposant un verre de crémant.

Crémant Brut 2011 : nez vif et assez minéral, toucher étonnamment gras équilibré par une effervescence fine et vivifiante, finale fraîche et appétente avec une délicate amertume.

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Issu à parts égales de chardonnay, d’auxerrois et de pinot gris ce crémant non dosé séduit par son énergie et sa vinosité. Evident à l’apéritif, il tiendra tout aussi facilement sur un poisson grillé ou une choucroute…des bulles très gastronomiques !


La première table nous propose un « Eveil des papilles » et c’est Maxime, 24 ans, qui assume depuis 3 millésimes la responsabilité des vignes et des vinifications au domaine, qui nous présente une série de 4 vins :

Riesling Clos Sand 2009 : nez fin et délicatement citronné, bouche tonique avec une matière en demi-corps et une finale d’une pureté cristalline.
Riesling Grand Cru Steingrubler 2009 : nez encore retenu mais d’une jolie complexité, notes d’agrumes, de fleurs blanches avec une touche pierreuse, bouche élégante, présence souple et relâchée mais belle tension minérale en finale.
Riesling Grand Cru Hengst 2009 : nez sur un registre proche du Steingrubler mais s’exprimant avec plus d’intensité, attaque très vive, matière ample et pleine de fougue, finale longue et puissamment minérale.

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Issu d’une parcelle granitique très fraîche (située en hauteur et près de la forêt), le riesling du Clos Sand est un peu atypique dans la gamme du domaine mais sa précision et sa délicatesse le situent complètement dans le style Barmès-Buecher.
Les deux Grands Crus révèlent des palettes aromatiques très proches mais le Hengst reste fidèle à sa réputation, c’est un vin corsé et plein d’énergie qui n’hésite pas à montrer ses muscles, alors que le Steingrubler s’exprime avec plus de retenue et de finesse.
Un cépage, trois terroirs, trois esthétiques bien particulières et une pléthore d’accords gastronomiques envisageables…il y en a pour tous les goûts !

Pinot Gris Rosenberg 2009 : nez au fruité mûr très gourmand, matière tendre et charnue, un peu rondouillarde, finale nette et sapide.

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Issu d’une vigne située en bas de coteau exposée à l’est sur un terroir assez fertile ce pinot gris élevé en demi-muids propose une interprétation classique de ce cépage : facile d’accès, équilibré et bien glissant…j’avoue préférer actuellement des versions de pinot gris un peu plus tendues mais je reconnais sans hésiter la belle tenue de ce vin qui répondra facilement à des plats de viandes blanches à la crème ou à quelques préparations sucrées-salées.


A la seconde table un jeune vigneron, ami de Maxime et venu prêter main forte à la famille Barmès-Buecher pour l’occasion, nous présente « L’élégance des rouges » du domaine :

Pinot Noir Réserve 2012 : nez très guilleret de fruits rouges, bouche souple et légère soutenue par une petite trame tannique bien mûre, finale nette et fraîche.
Pinot Noir Vieilles Vignes  2010 : nez puissant, un peu « sanguin », fruits noirs, violette et touche minérale, matière ample, charnue et tannins nobles en bouche, finale longue et délicatement fumée.

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Les deux vins rouges présentés cette après-midi nous offrent deux interprétations bien différentes du pinot noir alsacien mais avec un niveau qualitatif irréprochable : la cuvée « Réserve » issue en majeure partie de parcelles sur le ban d’Eguisheim nous présente une version tendre, gourmande et séduisante alors que la cuvée « Vieilles Vignes » née sur le coteau du Hengst se rapproche de la noblesse d’un vin de la Côte de Nuits…tiens, j’avais déjà eu cette impression l’année passée avec le 2008 !

A la troisième table Sophie, qui s’occupe avec sa mère de la gestion commerciale du domaine, nous invite à la suivre dans un « Voyage à travers l’exotisme » :

Gewurztraminer Herrenweg 2009 : nez intense avec une jolie palette exotique sur le mangue et le litchi, bouche concetrée, onctueuse et puissamment aromatique, finale finement poivrée.

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Issu du secteur sablo-limoneux de la plaine de Turckheim, ce gewurztraminer très généreux assume son côté très démonstratif avec une certaine insolence.
Très charmeur au premier abord ce vin possède une force peu commune qui peut heurter les âmes sensibles mais qui va lui permettre de résister à des plats très forts en goût.

Gewurztraminer Grand Cru Steingrubler 2006 : nez discret et complexe sur un registre floral, bouche légère, très élégante mais manquant un peu de profondeur.
Gewurztraminer Grand Cru Steingrubler 2008 : nez délicat marqué par des arômes très séduisants d’eau de rose, bouche gourmande, équilibre très aérien, finale sapide et légère qui développe un beau sillage floral.
Gewurztraminer Grand Cru Steingrubler 2009 : nez flatteur et complexe, récital floral sur la rose, la violette, la guimauve, bouche riche mais équilibre magnifique, finale longuement aromatique.

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En dégustant ces 3 gewurztraminers il nous semble évident que le Steingrubler est un terroir qui a tendance à amplifier l’effet du millésime sur la personnalité des vins : le 2006 est séduisant mais un peu superficiel, les 2008 est expressif et d’une grande finesse, le 2009 est plein de force et d’énergie positive…il y en a vraiment pour tous les goûts !
Il reste l’élégance de la silhouette de ces trois cuvées que je considère comme un « leitmotiv » évident pour les vins nés sur ce Grand Cru.

A la quatrième table le récital gustatif se termine par de magnifiques « Notes de douceur » :

Pinot Gris Rosenberg VT 2008 : nez typé sur le sous-bois, la truffe blanche et les fruits jaunes très mûrs, bouche riche, opulente, joli développement fruité sur la confiture d’abricot et de mirabelle, finale longue avec une petite pointe de vivacité.
Gewurztraminer Grand Cru Pfersigberg VT 2007 : nez très agréable sur une palette florale relevée par de subtiles notes d’épices douces, bouche avec une balance bien équilibrée, riche mais sans aucune lourdeur, finale longue, minérale et épicée.
Gewurztraminer Grand Cru Hengst SGN 2007 : nez puissant et complexe sur les fruits exotiques et l’écorce d’orange confite sur un fond très vineux, bouche ample et sphérique avec une énergie très envahissante, finale épaisse, tonique et marquée par un long sillage exotique.

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Ces trois cuvées moelleuses issues de terroirs réputés autour de Wettolsheim nous séduisent sans réserve par leurs aromatiques très expressives et leurs équilibres digestes.
Je ne suis pas un fan inconditionnel de ce style de vin mais je ne peux que m’incliner devant ces trois belles réalisations qui respirent le travail bien fait…Chapeau !


Pour conclure :

- En tant que « dégustateur de vigneron » tout à fait décomplexé (j’assume ce vilain défaut avec sérénité… !), je ne pouvais que tomber sous le charme de ce trio familial qui se serre les coudes pour perpétuer la tradition d’excellence de leur domaine. Depuis 2011, Geneviève, Sophie et Maxime poursuivent le chemin tracé par François Barmès en proposant des vins de haute tenue qui marquent les esprits par leur finesse incomparable.

- Lors de cette journée « Portes Ouvertes » j’ai une nouvelle fois pris du plaisir à suivre le parcours tracé par les Barmès-Buecher et leur équipe pour partir à la découverte de leurs vins.
Finesse, pureté et sincérité…voilà les mots qui me viennent à l’esprit pour qualifier les différentes cuvées que j’ai pu découvrir aujourd’hui. A la vigne, la biodynamie qui s’est imposée comme une évidence depuis de longues années, permet à ces vignerons de travailler des fruits qui expriment le terroir avec une grande authenticité.

- Parmi cette sélection de belles quilles, je vais quand même citer mes deux coups de cœur du jour : le riesling Hengst 2009, un vin musculeux et racé, encore un peu jeune mais qui promet de grandes émotions dans quelques années et aussi le Gewurztraminer Steingrubler 2009, féminin, élégant et suave…une sensualité qui en fera fondre plus d’un !


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Le coteau du Hengst au priontemps...comme son nom l’indique.

- Mille mercis pour ce beau moment vinique et bonne chance pour les futurs millésimes…que continuerai de suivre avec le plus grand intérêt.

Commentaires (1)

1. Pr.Grumao (site web) 12/10/2014

Ce crémant -à en lire ta description- vaut un champagne.

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