
Pour la session AOC du mois d’avril nous partirons du vignoble alsacien où nous allons goûter des cuvées de rouges issues des 3 premiers terroirs classés en Grand Cru pour le pinot noir avant de tracer une diagonale en direction du sud-ouest et des Pyrénées pour découvrir quelques blancs secs du Jurançon.
La sélection de pinots noirs a été effectuée par Martial avec des bouteilles achetées chez les vignerons alsaciens et chez un caviste, et la série de blancs de Jurançon a été constituée par mes soins avec des bouteilles achetées chez des cavistes et auprès des domaines présents au Salon des Vignerons Indépendants de Strasbourg.
Les vins rouges ont été débouchés 3 heures avant et dégustés à l’aveugle.
Les vins blancs ont été débouchés au moment du service et dégustés à l’aveugle.
Comme d’habitude, l’évaluation individuelle de chaque bière se fera en se référant à la grille créée par Thierry Meyer avec les fameux « Beurk », « Bof », « Bien », « Très Bien » et « Excellent ».
Verres Spiegelau-Cremona 460ml
Soirée Club AOC du 10 avril 2026
La mise en bouche
Crémant d’Alsace Essence de Pinot Noir- Brut – Domaine Siebert à Wolxheim : nez discret avec une palette très raffinée qui développe de belles notes fruitées et floral relevées par de fines touches minérales (craie), bouche ample et vineuse stimulée par une bulle très fine, finale marquée par une longue salinité et des amers salivants.
(100% pinot noir – Dosage : 3g – élevage sur lattes : 18 mois)

La mise en bouche du soir nous est proposée par Estelle, la vigneronne qui a élaboré cette cuvée de crémant…et qui nous participe de temps en temps à nos dégustations.
C’est un blanc de noirs de belle facture avec du corps et de la structure, une bulle très raffinée qui pourra être servie à l’occasion d’un apéritif festif mais qui saura également bien se tenir à table pour accompagner des plats à bas de poisson noble ou de viande blanche…et même une bonne choucroute !
Quand les vins de Jurançon oublient la douceur pour jouer la carte de la vivacité…
Jurançon sec Pierre Blanche 2024 – Domaine Bellegarde à Monein : nez assez discret mais très pur avec des notes d’ananas frais bien définies, bouche juteuse et concentrée étirée par une acidité droite et mordante, finale très tonique avec une longue persistance saline et citronnée.
(Gros manseng + petit manseng – vinification + 12 mois d’élevage en demi muid + amphore)
Appréciation générale : BIEN

La série de jurançons secs débute par une cuvée qui pose les marqueurs de cette appellation avec une grande clarté : des aromatiques exotiques (avec l’ananas frais en tête de liste) et des lignes acides acérées, capables d’indisposer les papilles alsaciennes les plus aguerries…ce qui ne va pas manquer de se produire tout au long de la dégustation.
Jurançon sec Françoise 2024 – Domaine des Féréol à La Chapelle de Rousse : nez discret et raffiné avec des notes exotiques délicates soulignées par de fines touches minérales, bouche ample équilibrée par une acidité vive et filante, finale longue et salivante.
(gros manseng + petit manseng – élevage : 2/3 en barriques + 1/3 en amphore)
Appréciation générale : TRES BIEN
Jurançon sec Météore 2024 – Clos Larrouyat à Gan : nez discret mais d’une belle complexité avec des notes d’ananas frais sur un fond citronné et mentholé, bouche droite et bien saline, électrisée par une acidité incisive et véloce, finale fraîche et saline avec une persistance fruitée et balsamique.
(30% gros manseng + 70% petit manseng – vinification + 6 mois d’élevage en barriques non neuves)
Appréciation générale : BIEN

Avec les deux vins suivants, nous restons dans le même registre organoleptique que précédemment avec la cuvée du domaine des Féréol déjà bien en place et très bien notée par le groupe, et la cuvée du Clos Larouyat qui a choqué pas mal de monde par son acidité vraiment trop tranchante...j’avais très bien goûté le 2023 en cours d’élevage et le 2022 en bouteille lors de ma visite au domaine en 2024 mais ce soir, la magie n’a pas opéré.
Jurançon sec Tauzy 2022 – Domaine Castera à Monein : nez agréable avec des notes de fruits exotiques frais sur un fond autolyse très élégant, bouche puissante mais très bien équilibrée, finale longue avec une belle persistance citronnée, exotique et épicée.
(50% petit manseng + 25% gros manseng + 25% petit courbu – vinification + 9 élevage en demi muid + 10% en œuf en grès)
Appréciation générale : BIEN
Jurançon sec La Canopée 2022 – Domaine Cauhapé à Monein : nez ouvert et complexe avec des notes exotiques et épicées sur un fond boisé assez présent, bouche très puissante mais pas en place avec un jus généreux et une acidité pointue qui restent dissociés, finale lourde et chaleureuse marquée par une amertume disgracieuse.
(100% petit manseng – vinification + 10 mois d’élevage en barriques)
Appréciation générale : BOF

Le troisième tour de cette dégustation nous propose deux bouteilles où le petit manseng occupe une place prépondérante avec la cuvée domaine Castéra que j’ai trouvé très à mon goût (comme la plupart des cuvées produites par ce domaine d’ailleurs…) mais qui est loin d’avoir fait l’unanimité autour de la table, et la cuvée du domaine Cauhapé qui ne s’est vraiment pas montrée à son avantage ce soir, une cuvée exclusivement dédiée au petit manseng avec des éléments constitutifs assez « extrêmes »…un vin qui devra vieillir quelques années en cave pour trouver un peu de sérénité.
Jurançon sec Ambitions 2021 – Domaine de Cinquau à Artiguelouve : nez expressif sur les fruits exotiques (ananas frais, mangue, carambole…), bouche riche et très gourmande avec un équilibre suave, finale vive et salivante avec un long retour boisé/épicé.
(53% petit manseng + 47% petit courbu – 12 mois d’élevage avec 47% en œuf béton + 53% en fûts avec 1/3 de bois neuf)
Appréciation générale : BIEN
VDF Evidencia 2019 – Domaine Lapeyre à La Chapelle de Rousse : nez complexe et un peu déroutant avec des notes de réduction à l’ouverture (un peu lard fumé) suivies par des arômes de houblon et d’autolyse relevés par une présence de volatile assez marquée, bouche intense et chaude avec une présence alcooleuse sensible et un léger grip tannique, finale tonique marquée par un retour acide cinglant.
(50% gros manseng + 33% petit manseng + 17% petit courbu – vinification + 9 mois d’élevage en demi muid)
Appréciation générale : BOF

La série se termine par deux bouteilles qui ont vraiment crée le débat.
La cuvée du domaine de Cinquau a affiché ses « Ambitions » de façon un peu trop ostentatoire avec un jus très généreux et un élevage qui marque encore beaucoup la finale mais je pense que quelques années de garde supplémentaires permettront à ce vin de tempérer sa fougue actuelle.
La cuvée du domaine Lapeyre, travaillée « nature » s’est fait littéralement « lyncher » par le groupe avec des qualificatifs que je n’aime pas entendre quand on parle de vin.
C’est la première fois dans l’histoire de ce club que je me retrouve tout seul à défendre un vin. Pour essayer de comprendre, je l’ai dégusté une nouvelle fois à la fin de la réunion et le lendemain et j’ai continué à trouver de vraies qualités à cette cuvée originale, complexe et pleine d’énergie…bizarre !
L’appellation « Jurançon sec » est née en 1975 mais cette production est restée assez marginale face à la réputation des grands vins moelleux qui ont fait la réputation du la vignoble béarnais.
Depuis quelques années, la tendance des consommateurs à chercher des vins plus secs a donné un bel élan à cette appellation…il était temps que notre petit groupe œnophile s’y intéresse.
Ces cuvées vinifiées avec les mêmes cépages que les jurançons doux (gros manseng, petit manseng, petit courbu et camaralet), des cépages à forte personnalité avec des aromatiques souvent intenses et des acidités particulièrement aiguisées.
Pour ce qui est de la qualité d’ensemble, les vins proposés ce soir ont révélé un niveau assez moyen avec une seule bouteille notée « Très bien » et toutes les autres qui ont du se contenter d’un petit « Bien » ou d’un « Bof ».
Il aurait peut-être fallu aérer ces vins avant la dégustation ou alors dégoter des flacons avec un peu d’âge (très difficiles à trouver), en tous cas, je dois reconnaître que j’attendais mieux de cette série.
En ce qui concerne le podium de la soirée c’est la bouteille du domaine des Féréol qui a gagné assez largement le droit de monter sur la plus haute marche, suivie par la cuvée du domaine de Bellegarde et par les cuvées du domaine Castera et du domaine de Cinquau qui se partagent la médaille de bronze.
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