Les vins du mois de mai 2018

Riesling Estate Rüdesheim 2016
Domaine G. Breuer à Rüdesheim (Rheingau)

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Robe : jaune clair, lumineux avec des reflets argentés.
Nez : franc et bien ouvert, notes de citron vert et de groseille blanche sur un fond minéral déjà très sensible (pierre chaude, silex frotté).
Bouche : attaque très vivre, minéralité expressive et très immédiate, milieu de bouche qui donne une petite sensation de douceur, petit grip tannique très stimulant, finale acidulée et très saline, retour aromatique très long sur la groseille blanche.
Voilà une bouteille qui nous permet de comprendre pourquoi les rieslings allemands sont si bien représentés sur le marché international.
Né sur un terroir de schistes ce vin assez léger (11°5) mais soutenu par une présence minérale de grande classe, nous propose une version d’un riesling sans trop de fantaisie mais qui s'exprime avec une pureté remarquable.


Sylvaner 2015
Domaine P. Ginglinger à Eguisheim

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Robe : jaune clair avec des éclats gris métalliques.
Nez : discret et raffiné, notes d’herbe sèche et de fruits blancs frais sur un fond légèrement fumé.
Bouche : attaque souple, matière généreuse qui enrobe une acidité bien mûre, finale puissante et profondément saline avec de beaux amers minéraux et quelques nuances boisées.
Issu d’une parcelle de très vieilles vignes située sur le lieu-dit Bodenacker (terroir marno-calcaire) ce sylvaner en étonnera plus d’un par son opulence et sa belle trame minérale : le cépage est transcendé par le terroir et galvanisé par ce millésime très solaire.
Dégusté avec des asperges blanches, le vin s’est vraiment affiné : l’amertume a été complètement gommée et l’acidité est devenue plus saillante pour laisser persister une belle sensation de fraîcheur en finale.


Muscat Eguisheim 2017
Domaine E. Beyer à Eguisheim

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Robe : jaune clair, très lumineuse avec des éclats argentés.
Nez : discret et complexe avec une palette bien fraîche sur les fleurs des prés et la groseille blanche sur un fond minéral qu’on commence à entrevoir.
Bouche : attaque vive et franche avec une ligne acide fine et tendue qui se met en place très rapidement, matière longiligne, petit perlant très stimulant, finale bien minérale avec des amers nobles et une belle salinité.
Né sur des parcelles situées sur les coteaux d’Eguisheim, ce muscat frais et appétant est marqué par une présence minérale d’une force peu commune : c’est un beau vin de terroir qui fera merveille dès aujourd’hui avec des asperges mais qui pourra également attendre un peu en cave pour s’affiner et donner toute la mesure de son potentiel gastronomique.


Riesling G.C. Hengst 2011
Domaine Barmès-Buecher à Wettolsheim

Robe : or clair, très belle brillance.
Nez : mûr et intense, notes de citron confit, d’épices douces, de gingembre et de vanille.
Bouche : bouche massive et puissante, silhouette plantureuse tenue par une acidité très large, finale chaude et intense avec de beaux amers minéraux.
Ce riesling d’une puissance assez extrême (16° au compteur !) nous rappelle que le terroir marno-calcaire du Hengst est vraiment unique en Alsace.
Sa force expressive et sa présence très intense en bouche flattent nos sens de manière spectaculaire…si bien que les palais sensibles risquent d’être saturés par tant de puissance.
Voilà un vin fait pour défier le temps que je regoûterai bien dans 10 ou 20 ans !


Meursault Vieilles Vignes 2015
Domaine Buisson-Charles à Meursault

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Robe : jaune clair, belle brillance, reflets vert pâle.
Nez : ouvert et complexe, notes d’amande fraîche et d’herbes aromatiques sur un fond minéral très pur qui évoque l’eau de roche.
Bouche : attaque vive, matière ample et concentrée, présence saline très tactile (petit grain tannique), finale longue et digeste avec des amers salivants et un beau sillage épicé.
Si mes souvenirs sont bons, Patrick Essa avait crée une petite polémique locale en 2015, lorsqu’il a défendu l’idée de vendanger tard malgré les risques de maturité excessive de ses chardonnays…et cette superbe cuvée de meursault est là pour prouver qu’il a eu raison de faire confiance à ses terroirs : c’est un grand vin plein d’énergie minérale et d’une fraîcheur tout à fait réjouissante. MIAM !


VDP du Mont Baudile La Roussanne du Bramaïre 2015
Domaine Supply-Royer à Arboras

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Robe : jaune doré avec beaucoup d’éclat, larmes glycérinées bien visibles.
Nez : intense et particulièrement complexe, palette évolutive avec des notes balsamiques à l’ouverture (résine, terpènes), puis développement aromatique sur l’abricot frais, le gingembre et les épices douces sur un fond légèrement fumé.
Bouche : matière épaisse et concentrée, acidité fine et bien souple, amers minéraux qui structurent l’ensemble en apportant fraîcheur et sapidité à la finale.
Dégustée sur place lors de mon dernier périple sudiste la version 2016 de cette cuvée m’avait fait une très belle impression et j’ai eu envie de vérifier si son aînée était du même acabit…verdict sans appel : cette roussanne 2015 est un pur bonheur.
MIAM !


Pinot Noir Les Rocailles 2015
Domaine P. Ginglinger à Eguisheim

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Robe : sombre et dense avec une fine frange rubis.
Nez : fines notes fumées/torréfiées à l’ouverture puis développement aromatique très complexe, fruité profond (cerise noire, cassis) et nuances épicées raffinées (curcuma, poivre blanc).
Bouche : attaque souple et très franche, matière très gourmande, toucher soyeux, structure sphérique, finale riche, longue et très sapide.
Bon, j’avoue que j’insiste un peu lourdement sur la qualité de ce pinot noir né sur une parcelle de vieilles vignes située au cœur du Grand Cru Eichberg…mais plus je goûte ce vin (à trois reprises durant le dernier mois…quand même !) plus je suis convaincu que cette cuvée vinifiée à la perfection par Michel Ginglinger entrera dans ma sélection resserrée des grandes bouteilles de rouge du millésime 2015. MIAM !


Coteaux du Languedoc Peyre Rose-Marlène N°3 2004
M. Soria à Saint Pargoire

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Robe : très sombre et compacte avec une fine frange tirant sur le roux.
Nez : profond et racé avec une ouverture très « noire » sur la réglisse, la baie de cassis et l’olive avant de libérer de beaux arômes d’herbes de garrigue complétés par de fines notes de fruits rouges frais.
Bouche : jus consistant tenu par une acidité bien mûre et une maille tannique très soyeuse, équilibre parfait, texture caressante, finale salivante relevée par une minéralité intense et pénétrante.
Cette cuvée qui m’avait déjà beaucoup impressionné lors de notre visite chez Marlène Soria a encore gagné en volume, en élégance et en complexité après quelques années de plus en cave…une splendeur en 2016, une merveille absolue aujourd’hui !

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Vue sur le Clos Lucas du domaine Beyer (photo de Valérie Beyer)

 
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