Dégustation club AOC - Des blancs du mâconnais

Club A.O.C.
Saint Chinian et blancs du mâconnais


Après une escapade dans des vignobles étrangers en janvier, la deuxième session AOC de l’année 2015 nous ramène en France en nous proposant de découvrir :

- l’appellation Saint Chinian en rouge et en blanc

- quelques grands noms du vignoble mâconnais.

La série sudiste a été constituée par mes soins à partir de bouteilles collectées lors de mes deux derniers périples en Languedoc.
La série bourguignonne est issue en grande partie de ma réserve personnelle avec des domaines dont je suis la production depuis de longues années, mais pour diversifier l’offre j’ai complété ma sélection en demandant à Stéphane W de me céder quelques bouteilles produites par d’autres vignerons réputés de l’appellation.

Les bouteilles de rouges de Saint Chinian ont été débouchées 6 heures avant dégustation et servies deux par deux à l’aveugle.
Les vins blancs ont été débouchés 2 heures avant dégustation est servis deux par deux à l’aveugle (millésime annoncé pour les Mâcon blancs).

Hoppla, c’est parti !

Verres Spiegelau Authentis 01

Soirée Club AOC du 6 février 2015 à La Wantzenau


Petite mise en bouche pour patienter :

Pinot blanc La Fontaine aux enfants 2013 – Domaine Kreydenweiss à Andlau : nez raffiné avec des notes de chair de poire, une fine touche vanillée et de belles sensations minérales en fond, bouche ample, charnue, très saline, sillage citronné qui rafraichit agréablement la finale.

Dsc 1887

Dégustée une première fois en fin d’année lors d’une petite visite au domaine Kreydenweiss, cette cuvée de pinot blanc née au sommet du coteau du Kastelberg est parfaitement en place aujourd’hui : aromatique pure et noble, balance entre richesse et tension parfaitement équilibrée et minéralité naissante en finale...MIAM !



Thème 2 : les chardonnays de la côte de Beaune sont rares et chers…et si on partait en vadrouille dans le mâconnais !

Manoir du Capucin-Délice Mâcon Solutré Pouilly 2013 – Bayon-Pichon à Fuissé : nez agréable, belle palette florale, notes de poudre de craie, matière longiligne , beaucoup d’élégance, acidité mûre et droite, belle salinité en finale.
(élevage sur lies en cuves – 12 mois)
Manoir du Capucin-Quintessence Pouilly Fuissé 2013 – Bayon-Pichon à Fuissé : nez marqué par un élevage raffiné, arômes de pain grillé et d’épices douces, belle concentration en bouche, équilibre impeccable, finale longue et fraîche où se marient notes minérales et boisé fin.
(élevage en pièces bourguignonnes – 11 mois)

Dsc 1986

Réalisé à partir d’un assemblage original de deux clones de chardonnays, dont le clone 809 (muscaté), ce Mâcon Solutré Pouilly constitue une mise en bouche parfaite pour cette série : aromatique, gourmand, digeste et déjà bien minéral...MIAM !
Avec un marquage aromatique boisé encore trop dominateur, la cuvée haut de gamme du domaine Manoir du Capucin affirme cependant sa classe par la qualité de sa présence en bouche…une bouteille à attendre en toute confiance.
Ces deux vins élaborés par Chloé Bayon, dont nous avons découvert le domaine au cours de l’automne 2014, nous donnent vraiment envie de nous engager plus avant dans la visite de cette région…en plus avec un « Délice » vendu à 8,50 euros et une « Quintessence » cédée à 16 euros départ cave, ces bouteilles offrent des rapports Q/P exceptionnels.


Les Longeays Pouilly Vinzelles 2010 – La Soufrandière à Vinzelles : nez d’une grande finesse, citronné et délicatement minéral (poudre de craie, terre glaise), équilibre très droit en bouche, matière assez puissante mais structurée tout en longueur, finale précise et tendue avec une présence minérale très tactile.
(élevage en pièces bourguignonnes – 11 mois)
Ampélopsis Pouilly Fuissé 2010 – Saumaize-Michelin à Vergisson : nez discret et raffiné, notes de noisette fraîche et de zeste d’agrumes, matière large et concentrée qui s’étire progressivement, finale longue, pointue et bien saline avec quelques beaux amers.
(élevage en pièces bourguignonnes – neuves à 20%)

Dsc 1981

Ces deux superbes cuvées labellisées « biodynamie »ont peut être été dégustées trop jeunes (bien que…) mais ce soir elles ont pleinement convaincu l’assemblée : des matières denses structurées par des acidités matures, un élevage dosé à la perfection et une minéralité qui commence à se montrer…la classe incomparable des chardonnays bourguignon est au rendez-vous avec ces deux domaines phares du mâconnais qui tiennent leur rang…Bravo !


La Côte Rôtie Saint Véran 2008 – Bret Brothers à Vinzelles : nez plus mature avec une palette très complexe, noisette fraîche, herbes aromatiques, notes fumées sur un fond minéral (pierre chaude, boîte de craie), matière svelte, équilibre parfait, grande finesse dans la structure, finale longue avec un retour citronné et finement minéral.
(élevage en pièces bourguignonnes – 11 mois)
Le Chavigne Mâcon-Pierreclos 2008 – Guffens-Heynen à Vergisson : nez plus riche mais également très complexe avec des arômes de groseille, de gingembre, de menthe fraîche et d’épices, matière volumineuse, concentrée et soutenue par une puissante acidité, finale très longue avec un sillage aromatique intense et raffiné.
(élevage en pièces bourguignonnes)

Dsc 1982

Avec cette doublette de 2008, nous retrouvons les frères Bret en face de Jean-Marie Guffens, le plus grand vigneron du mâconnais d’après le RVF…rien que ça !
Issu d’une parcelle très pentue exposée au sud située au pied de la roche de Vergisson, le Saint Véran des Brothers semble être arrivé à maturité : fin, élégant et complexe avec une présence pleine de noblesse et l’empreinte de son terroir calcaire en filigrane…MIAM !
Le Chavigne, plus spectaculaire avec sa volupté et sa force, ne semble pas encore avoir atteint son apogée mais se livre déjà avec une parfaite gourmandise qui le rend presque irrésistible…RE-MIAM !


Grande Réserve Pouilly-Fuissé 2007 – Larochette-Manciat à Chaintré : nez très fin avec une palette subtile qui allie notes d’agrumes frais et d’herbes aromatiques sur une base bien minérale, matière longiligne, acidité fine et droite, salinité sensible, finale salivante qui laisse une sensation légèrement tannique et une délicate amertume.
(élevage en pièces bourguignonnes)
Clos des Quarts Pouilly-Fuissé 2007 – Merlin à La Roche Vineuse : nez discret, palette très vive sur la groseille et le citron frais, matière plus massive, acidité profonde qui se tend progressivement, finale longue, assez pointue, belle salinité et nuances mentholées très fraîches.
(élevage en pièces bourguignonnes – neuves à 25% – 10 mois)

Dsc 1983

Ces deux vins assez différents par leur structure en bouche ont n commun la nature et la force de leur expression minérale. Récolté sur le secteur de Chaintré, le Pouilly Fuissé du domaine Larochette-Manciat est plus svelte que celui d’Olivier Merlin mais ne me demandez pas de départager ces deux cuvées : je ne les boirai pas forcément avec les mêmes plats mais je serai incapable de dire laquelle des deux est la plus réussie…elles sont superbes tout simplement !


La Verchère Viré-Clessé 2005 – Bret Brothers à Vinzelles : nez épuré, très racé, notes de citronnelle, de basilic, nuances pierreuses, matière puissante mais silhouette oblongue, finale très longue et puissamment saline.
(élevage en pièces bourguignonnes – 11 mois)

Dsc 1984

Avec sa petite décennie au compteur ce Viré Clessé des Bret Brothers est la bouteille la plus âgée de la série sans pour autant nous donner des inquiétudes pour son avenir. Issue d’une vigne de 50 ans travaillée en bio cette cuvée se présente à nous débarrassée de sa graisse (dixit André Ostertag) pour nous révéler sa superbe ossature minérale…Total respect et MIAM final !



Pour conclure :

- Cette nouvelle visite en terre mâconnaise n’a pas déçu : 9 très belles bouteilles que j’aurai beaucoup de peine à hiérarchiser sur le plan qualitatif…je n’en ai d’ailleurs nulle envie !

- En tous cas, voilà un vignoble où on trouve encore du vin à acheter et des bouteilles que l’on peut encaver généreusement sans mettre en péril l’équilibre de son budget familial…qu’on se le dise !

- A titre personnel, j’ai une tendresse particulière pour les vins des frères Bret dont je suis la production depuis près de 10 ans mais je dois reconnaitre que les autres quilles de cette série m’ont également fait vibrer ce soir.
En termes de rapport Q/P c’est sans conteste les bouteilles de Chloé Bayon qui remportent la palme…adresse à noter !

Dsc 0162
L’arrière-grand-père de Chloé Bayon a produit cette bouteille de Pouilly Fuissé 1947 noté 18,5 par les dégustateurs de « Bourgogne Aujourd’hui »…qui a dit que les grands blancs du mâconnais ne pouvaient pas vieillir !



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