Pèlerinage Jura Bourgogne 2015 - Visite au domaine Pignier

Après plusieurs années de routine avec un parcours gravé dans le marbre qui enchaînait toute une série d’étapes incontournables, le pèlerinage 2015 sera sensiblement différent puisque j’ai opté pour un circuit plus large qui passera par le vignoble jurassien avant de retrouver les terres bourguignonnes.
Pour préparer ma rentrée de professeur d’E.P.S. autrement qu’en chargeant des cartons de vins dans ma voiture, la mise en condition du premier jour sera assez physique avec une étape sportive dans le Doubs pour découvrir la via ferrata des « Echelles de la Mort »…même pas peur !

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Le soleil brille, le rocher est très beau…rien de tel qu’une petite via ferrata pour se dégourdir les jambes…et les bras ! 

Pour récupérer de mes émotions rien de tel qu’une petite virée sur les routes magnifiques qui serpentent sur le plateau jurassien en direction d’Arbois puis de Lons le Saunier : au programme une visite au domaine de la Pinte et au domaine Pignier.
Le lendemain, je reviendrai vers des contrées plus familières avec un passage en Bourgogne et des visites au
domaine Buisson-Charles et au domaine Chicotot.
Hoppla c’est parti !

Jour 1. : domaine Pignier à Montaigu

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Le domaine Pignier est établi dans une ancienne propriété des Chartreux située au centre de Montaigu, un petit village perché sur une colline qui domine Lons le Saunier. Après une première visite très convaincante en 2011 chez ces vignerons travaillant en biodynamie depuis de longues années, j’ai donc choisi de m’arrêter une nouvelle fois à Montaigu pour découvrir la gamme actuelle proposée par la famille Pignier.

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Depuis la cour du domaine la vue sur Lons le Saunier et les différentes reculées couvertes de vignes est toujours aussi belle mais cette année la maison Pignier est en chantier (réfection de la toiture) et ce sont des grues et des échafaudages qui gâchent un peu l’aspect extérieur de cette belle bâtisse.

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Vue sur Lons et le vignoble jurassien de la cour du domaine Pignier.

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La maison Pignier en travaux

La journée étant déjà bien avancée, je choisis de ne pas visiter la somptueuse cave-cathédrale du domaine – et pourtant elle aurait largement mérité une seconde visite – et je me rends directement au caveau de dégustation où Mme Pignier me reçoit pour me faire goûter les quelques cuvées actuellement disponibles à la vente.

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Les voûtes gothiques de la cave Pignier (photo de 2011)

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Le caveau de dégustation

Après 3 millésimes compliqués avec des récoltes peu abondantes – notamment sur 2013 où la drosophile suzukii a fait des ravages –, il y a déjà beaucoup de références épuisées sur la carte des vins du domaine Pignier.
Heureusement que 2015 s’annonce sous de bien meilleurs auspices : « il y a du volume, l’état sanitaire est bon et les raisins sont bien mûrs » et les vendanges commencent demain pour les crémants car « les acidités commencent à baisser »…espérons que ce nouveau millésime mettra fin à cette série difficile pour nos vignerons !

Comme les deux crémants blancs sont épuisés je commence ma dégustation par une sympathique petite bulle rose :

Crémant du Jura Rosé : nez mûr et charmeur sur les fruits rouges croquants, matière gourmande en bouche, bulle vive et serrée, finale digeste avec de beaux amers et un sillage intense sur le fraise.
Fruité, vivifiant et appétant ce crémant conçu à partir de pinot noir (100%), non dosé et non sulfité est une vraie friandise : un vin festif et jubilatoire avec de l’équilibre et du fond. D’ailleurs, les quelques bouteilles achetées n’ont pas fait long feu après mon retour en Alsace…j’aurais du en prendre plus !!!

Nous poursuivons par deux vins rouges « 0 sulfite » :

Côtes du Jura Poulsard-En Chôné 2014 : belle netteté aromatique au nez, notes de fruits rouges frais (framboise), bouche légère et sapide, fruité pur, finale agréable, nerveuse mais bien glissante.
Issu d’une parcelle de marnes grises sévèrement attaquée par la drosophile en 2014, ce Poulsard vinifié « nature » étonne par sa précision aromatique.
Voilà un vin qui ne porte absolument pas les stigmates d’une vendange compliquée…le travail des vignerons a du être titanesque pour arriver à un tel résultat. Chapeau !

Côtes du Jura – Trousseau-Les Gauthières 2013 : nez complexe, notes florales et délicatement épicées, matière concentrée, structure solidement charpentée, trame tannique saillante, finale un peu virile avec un joli retour aromatique sur la violette.
Ces vignes relativement jeunes (50% plantées en 1992 et 50% en 2000) plantées sur une parcelle de marnes rouges et noires, ont généré un vin corsé et expressif qu’il faudra garder encore un peu pour lui laisser le temps de déployer pleinement sa classe. Grand vin en devenir !

La gamme de blancs du domaine Pignier compte de nombreux absents – GPS, Sauvageon et Cellier des Chartreux...rien que ça ! – il ne me reste donc que 3 références à découvrir :

Côtes du Jura – Chardonnay-A la Percenette 2013 : nez complexe et raffiné d’où émane une belle sensation de fraîcheur, notes de fleurs blanches sur fond citronné, équilibre tonique et droit en bouche, jus très pur, finale de longueur moyenne mais joli sillage minéral.
Née sur une parcelle de marnes calcaires sur schiste et élevée durant une année en pièces bourguignonnes, cette cuvée de chardonnay ouillé encore un peu timide au niveau de son expression aromatique possède une chair tonique mais parfaitement déliée que l’on a envie de croquer à pleines dent…une jeunette presque irrésistible. MIAM !

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Un premier quatuor majeur…

Côtes du Jura Savagnin 2011 : nez typé, complexe et assez intense, notes de sous-bois, d’épices douces, de mousse…, équilibre très vertical en bouche, matière dense solidement tenue par une corde acide bien tendue, finale longue sur les épices et quelques nuances minérales naissantes.
Récoltés sur deux parcelles dont le sol est composé de marnes du Lias, ces savagnins ont passés 3 ans en fûts sans ouillage.
Même si le goût de jaune est présent en filigrane cette cuvée privilégie la finesse et l’élégance. Un Jura joliment typé sans être trop démonstratif. MIAM !

Côtes du Jura Vin Jaune 2008 : nez discret mais marqué « jaune », notes de noix fraîche et d’épices, attaque vive avec une acidité puissante qui porte la structure, matière riche qui donne une sensation d’épaisseur, arômes épicés bien présents et persistants, finale interminable sur les épices, la noix et la truffe blanche.
Cette cuvée est née sur les mêmes parcelles que le savagnin mais elle est conçue à partir d’une sélection des plus belles pièces que les Pignier laisseront vieillir encore quelques années supplémentaires dans leur cave pour permettre l’accomplissement de ce « miracle jurassien ». Superbe !

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La doublette de savagnins jurassiens.


Etabli dans une grande bâtisse chargée d’histoire, le domaine Pignier est la seule exploitation viticole du village de Montaigu. Leurs vignes travaillées en biodynamie depuis 1998 trouvent des conditions naturelles particulièrement propices grâce à leur implantation sur des coteaux situés sur deux reculées typiquement jurassiennes : le Val de Sorne et le Val de Vallières.
Bien évidemment les vendanges sont manuelles et les interventions en cave limitées au strict minimum : pas de chaptalisation, levurage naturel avec pied de cuve, peu ou pas de SO2…
Après une expérience concluante sur la cuvée de savagnin ouillé 2012 (le fameux « Sauvageon ») qui a été élevé durant 11 mois en cuve-œuf – mais que je n’ai hélas pas pu déguster…cuvée épuisée – le domaine Pignier a fait l’acquisition de 2 nouveaux œufs géants pour contenir les jus pour la cuvée de chardonnay et le crémant…avis aux amateurs !

Comme je l’ai déjà évoqué lors de mon passage au domaine en 2011, la visite de la cave voûtée de la maison Pignier vaut à elle seule le petit crochet sur les hauteurs de Lons le Saunier…mais lorsqu’on sait que la qualité des vins proposés par ce domaine n’est pas en reste, cette adresse prend de fait le statut d’étape incontournable pour tout œnophile à la recherche de belles émotions viniques et esthétiques.

Les vins blancs du domaine Pignier sont d’une finesse absolue : leurs caractères jurassiens sont plus ou moins prononcés mais tous impressionnent par leurs remarquables qualités d’équilibre et de sapidité.
Avec leur côté juteux et bien gourmand, les rouges sont des séducteurs qui disposent d’un joli fond vineux en révélant de belles complexités aromatiques.
« Last but not least », le crémant rosé « nature » fut la très belle découverte de ma visite : du fruit, de l’énergie et une grande buvabilité…tout ce qu’il faut pour plaire, non !

Merci à Mme Pignier pour son accueil.

 

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