Pèlerinage Bourgogne/Beaujolais 2015 - Visite à la Soufrandière

En 2015, l’itinéraire de mon périple automnal en terre burgonde retrouve un trajet un peu plus classique entre la Côte de Nuits, le Châlonnais, le Mâconnais et le Beaujolais mais notre duo de l’année passé s’est enrichi d’un troisième élément en la personne de Jean-Luc qui comme l’ami Jean-Claude a commencé avec moi son parcours scolaire sur les bancs de l’école maternelle de La Wantzenau...je sens qu’on va évoquer quelques souvenirs bien croquignolesques entre deux dégustations !

Le voyage vers Clessé où nous sommes attendus par Michel, notre ami artiste qui nous reçoit chaque année dans sa grande maison, sera entrecoupé de trois étapes vigneronnes : Morey Saint Denis (Domaine Castagnier), Barizey (Domaine Masse) et Pierreclos (Domaine Chagnoleau).

La seconde journée nous emmènera vers notre deuxième adresse mâconnaise (La Soufrandière) et dans le Beaujolais (Domaine des Marrans).

Hoppla, c’est parti !

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Vinzelles vue du coteau des Quarts

 

Jour 1. : visite au domaine de La Soufrandière à Vinzelles

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Avec 10 ans de fidélité cette nouvelle visite à la Soufrandière revêt un caractère jubilaire, mais le plaisir de rencontrer les Brothers est toujours intact et l’impatience de découvrir les dernières réalisations de ces vignerons est toujours aussi grande.
Let’s go !

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Le bas de la Soufrandière et le nord du coteau des Quarts

Je ne vais pas répéter tout ce que j’ai déjà pu dire sur ce domaine dans mes précédentes contributions (il y en a un certain nombre, notamment ICI et LA), mais je ne résiste pas au plaisir de vous emmener en visite sur le coteau des Quarts en compagnie de Jean-Philippe Bret…c’est une entrée en matière quasiment indispensable pour accéder à l’univers si particulier des frangins de Vinzelles.

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En compagnie de Jean-Philippe sur le haut des Quarts

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Le Mont Blanc c’est juste par là…

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La vigne des Quarts « Clocheton » fraîchement buttée.

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Un vieux cep de chardonnay dans cette terre aérée, odorante, vivante…

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Le haut des Quarts avec une herbe bien drue et bien verte pour une fin d’automne.

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La partie des Quarts où on récolte les raisins millerandés pour le cuvée haut de gamme du domaine.

Après cette petite ballade toujours très agréable nous repartons vers la cave et comme l’ami Jean-Luc effectue sa première visite à la Soufrandière nous partons pour un rapide tour du propriétaire avant de gagner le chai à barriques pour déguster quelques cuvées produites par ce domaine en 2014.

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Une partie de la vinothèque du domaine.

Comme d’habitude Jean-Philippe nous pose la question habituelle « de combien de temps disposez vous pour goûter nos vins ? ».
En fait, il est près de 11 heures 30 et nous avons rendez-vous au restaurant à Villié-Morgon à 13 heures… « juste assez pour déguster une petite douzaine de vins ». C’est parti !

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Les outils sont prêts…

Mâcon Villages Terroirs du Mâconnais : nez pur et délicat sur un registre floral, matière gourmande avec un équilibre très aérien, amers nobles en finale.
Le seul vin d’assemblage du domaine est une entrée de gamme accessible et pleine de charme qui s’offre sans chichis tout en affirmant une belle présence en bouche. D’ailleurs 1/3 des raisins qui entrent dans cette cuvée proviennent du domaine Chagnoleau…la preuve – s’il en fallait une – de l’exigence avec laquelle les Brothers choisissent les vignerons qui travaillent pour eux !

Mâcon Uchizy La Martine : nez flatteur avec un fruité épanoui, matière dense, équilibre tendu, toucher bien gras et finale délicatement acidulée.

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Malgré son habituelle gourmandise, cette cuvée née sur une parcelle de vielles vignes plantées sur un sol argilo-calcaire assez caillouteux prend de plus en plus des allures de beau vin de terroir. MIAM !

Viré Clessé La Verchère : nez discret avec une palette minérale déjà bien affirmée, silhouette fuselée tendue par une acidité fine et très mature, toucher finement tannique, sillage long et salin avec quelques beaux arômes d’agrumes frais.

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Cette parcelle de vignes largement cinquantenaires travaillée en bio depuis de longues années et située sur un coteau argilo-calcaire de Viré génère chaque année un vin qui brille par son élégance et sa classe. Aucune hésitation : La Verchère 2014 s’impose comme l’un de mes coups de cœurs sur la gamme Bret Brothers. MIAM !

Saint Véran En Combe : nez pur et délicatement fruité, nuances d’élevage très raffinées, matière sphérique et milieu de bouche structuré en largeur, finale qui se tend progressivement, sillage aromatique long et complexe, notes citronnées, épicées et finement boisées.
Né sur un terroir argilo-calcaire riche en oxyde de fer, ce Saint Véran qui s’exprime habituellement avec beaucoup de retenue dans sa jeunesse, montre un côté ouvert et très avenant sur ce millésime. Certes la profondeur de sa structure révèle la marque du grand vin de garde mais il va falloir faire preuve d’abnégation pour résister à la tentation du plaisir immédiat !

Pouilly Loché Les Mûres : nez fruité et finement miellé, matière ample et opulente, tenue fermement par une acidité bien mûre, rétro-olfaction complexe avec de belles nuances minérales et fruitées.

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Le lieu-dit « Les Mûres » est situé sur un coteau argilo-calcaire riche en oxyde de fer qui sera probablement classé premier cru sur l’appellation Pouilly Loché. En 2014, cette parcelle a produit un vin remarquable : riche, puissant et déjà imprégné par la signature de son terroir…un vin qui assume son statut de futur grand du mâconnais !

Pouilly Fuissé Les Chevrières : nez racé avec une palette minérale bien définie, matière concentrée mais silhouette fuselée très élégante, salinité marquée en finale.
Encore un peu austère à l’heure actuelle, le nouveau venu dans la gamme Bret Brothers provient d’une vieille vigne exposée au couchant et dont les raisins millerandent facilement. C’est un vin dense et droit taillé pour la garde…cela étant, l’amateur impatient pourra se consoler en sirotant un Clos Reyssié, une autre cuvée Pouilly Fuissé originaire de Chaintré plus accessible dans ses jeunes années.

Pouilly Fuissé Les Crays : nez pur et discret, attaque vive, milieu de bouche plus généreux, acidité profonde, finale longue, sillage épicé et minéral.
Originaire d’un climat très qualitatif situé sur un coteau pentu au pied de la roche de Vergisson, ce Pouilly Fuissé Les Crays – encore une nouveauté dans la gamme ! – est encore très réservé à l’heure actuelle mais sa concentration, sa tension, sa présence minérale et son équilibre déjà très abouti ne trompent pas : on arrive dans le monde des très grands vins de terroir.

Mâcon Vinzelles Le Clos de Grand Père : nez étonnamment discret – le « Grand Père » nous avait habitué à plus d’éloquence ! – bouche dense, équilibre droit, finale tendue et très saline.

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Cette parcelle historique du domaine, située au pied du coteau des Quarts a généré une cuvée de Mâcon-Vinzelles étonnante en 2014 : peu loquace à l’heure actuelle mais ciselé avec une grande précision, ce Clos se positionne dans la lignée des vins de terroir qui auront besoin de temps pour se livrer pleinement…en ce qui me concerne je vais surement le boire après le Pouilly Vinzelles !

Pouilly Vinzelles : fruité plus expressif au nez, matière opulente et bien souple, acidité qui étire la structure en largeur, finale qui se resserre progressivement, belle présence saline.

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Comme chaque année, le Pouilly Vinzelles de la Soufrandière marque les esprits par cette incomparable gourmandise qui va encore nous faire oublier que son jus riche et structuré par un maillage acide/minéral de haute tenue, le place dans la catégorie des grands vins capables de se bonifier dans le temps.

Pouilly Vinzelles Les Longeays : nez discret, palette tonique et minérale, attaque très vive avec une acidité cinglante mais la générosité de la chair crée rapidement un équilibre bien posé en bouche, puissance minérale exceptionnelle en finale.
Les sols plus profonds et riches en manganèse de ce climat voisin des Quarts produisent en général des vins assez ronds et faciles d’accès mais là encore, la cuvée 2014 bouscule les codes avec cette cuvée qui nous impressionne par son énergie débordante...une force de la nature !

Pouilly Vinzelles Les Quarts : expression aromatique proche de celle du vin précédent, matière ample et très concentrée en bouche, acidité plus fondue, équilibre parfait, finale sapide avec un sillage minéral intense.
Malgré un cru des Longeays assez exceptionnel, la grande cuvée de la Soufrandière affirme sa place en haut de la pyramide qualitative du domaine, grâce à sa présence en bouche qui montre un surcroît de puissance et de concentration. Très grand !


Pour finir cette série, on change de couleur en dégustant deux cuvées de rouge choisis parmi la gamme de vins du Beaujolais signés Bret Brothers :

Beaujolais-Leynes Glou de Jeff : fruité guilleret et bien mûr, jus doté d’une jolie consistance, acidité souple, tanins lisses, finale fraîche et glissante.
Issu d’une vieille vigne de gamay (60 ans) travaillées en bio et située sur un coteau exposé au sud, cette cuvée a été élevée sans soufre en cuves inox. Comme chaque année, le Glou de Jeff nous régale par sa gourmandise et sa belle vinosité.

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Jean-Philippe qui présente ses vins…toujours aussi passionné !

Morgon Les Charmes : aromatique fruitée, pure et assez classique, très cerise (pulpe et noyau), chair assez généreuse, belle acidité et présence tannique raffinée, finale longue et assez tendue.
Alliant un côté agréablement fruité et un côté très vineux ce Morgon nous rappelle le vin précédent, mais sa présence en bouche plus complexe et plus dense révèle la marque d’un beau terroir. MIAM !


Bon, là je ne sais vraiment plus quoi dire de nouveau sur ce domaine même si j’ai envie de relever une fois de plus l’exceptionnelle qualité du travail des frangins de Vinzelles pour mettre en valeur les terroirs du mâconnais et du beaujolais mais comme je l’ai déjà dit dans l’intro…allez voir mes contributions antérieures sur le sujet.

Après un millésime 2013 qui a donné naissance à des vins solidement constitués qui s’exprimaient avec une certaine véhémence, le millésime 2014 nous propose une série de cuvées plus classiques jouant sur le registre de la finesse et de l’élégance.
Les trames minérales profondes et racées marquées avec une grande précocité dans tous les vins dégustés nous conduisent à penser que ces crus seront prêts à boire assez rapidement – avant les 2013, je pense – tout en gardant cependant un vrai potentiel de garde…un millésime idéal pour l’amateur de vin en quelque sorte !
La surprise est venue des vins de la Soufrandière, dont la dégustation a un peu bousculé les codes habituels avec un Pouilly Vinzelles plus immédiatement fruité que le Clos du Grand Père et une cuvée des Quarts plus loquace que celle des Longeays…rien ne prouve que cet état de fait durera mais quelle importance puisque la qualité est au rendez-vous !

Bien que l’envie de faire comme l’année passée me taraude – coup de cœur général pour la gamme –  je vais quand même vous proposer une petite sélection de bouteilles qui m’ont particulièrement séduit cette année : toujours très attendue, la cuvée des Quarts tient son rang et sera l’un des grands vins de la région sur 2014 mais le Viré Clessé La Verchère qui me plaît de plus en plus d’une année à l’autre représente un challenger de choix pour le grand vin du domaine. Pour terminer, je relèverai aussi la belle prestation des 2 Pouilly Fuissé, nouveaux venus dans la gamme Bret Brothers et véritable enrichissement de leur offre vinique.

Mille mercis à Jean-Philippe pour cette nouvelle visite toujours aussi indispensable…et à l’année prochaine bien sûr !

 

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