Périple sudiste 2022 - Visite au domaine Julien Peyras à Paulhan

Img 5441Le vignoble sous les Dentelles de Montmirail et le Ventoux au loin…le sud comme je l’aime !

Une fois de plus, je vais profiter de mon statut de jeune retraité pour entreprendre mon traditionnel périple sudiste durant le mois de juin, histoire de profiter de la longueur des journées et des facilités de circulation pour concocter un petit programme sympathique qui me permettra d’associer mes activités favorites : golf, via ferrata, repas avec des amis et visites vigneronnes…bref, je vais essayer de bien vivre tout simplement !

Mon voyage aller vers Port Camargue se fera avec 2 haltes dans le vignoble rhodanien : une première au domaine des Bruyères à Beaumont-Monteux et une seconde au domaine de Grangeneuve à Roussas.
Après une journée de repos (et un parcours de golf à La Grande Motte), je repars dans le vignoble du Ventoux pour une nouvelle visite au domaine de La Combe au Mas.
On continue avec un week-end festif et gourmand en Ardèche chez l’ami Cyril avant de revenir à Port Camargue et remonter dans les Cévennes pour faire la via-ferrata de Colias et visiter le domaine Bos de Canna à Vicq-le-Fescq.
Après une nouvelle journée de récupération en bord de mer, les affaires vineuses reprennent avec une journée dans le Languedoc et des visites au domaine Julien Peyras et au domaine Supply-Royer.
Pour terminer ce périple sudiste 2022, je vais partir à la découverte d’un domaine situé au sud d’Arles sur la rive gauche du Rhône : le domaine de l’Attilon.

Qui m’aime, me suive…hoppla, c’est parti !


Domaine Julien Peyras à Paulhan

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Après deux visites très complètes de ce domaine crée par Julien Peyras (en 2018 et en 2019), j’ai eu envie de retourner voir ce vigneron sympathique qui pratique son métier en respectant une ligne de conduite très vertueuse pour produire une très jolie gamme de vins « libres » languedociens…une belle rencontre en perspective !

« Vigneron à 100% » depuis 2018, Julien dispose aujourd’hui d’une surface plantée de 12 hectares de vignes mais les parcelles acquises en 2017 (environ 4 hectares) ne sont pas encore prêtes à être exploitées : « je les travaille depuis plus de 3 ans pour y faire revivre les sols ». Il y a semé des plantes à pivot comme le radis et des légumineuses comme les fèves ou les pois chiches qu’il va coucher au printemps (en mai) pour amender le sol et lui offrir une protection contre le soleil.

Actuellement il y a un groupement de viticulteurs locaux qui projette de travailler ce vignoble avec zéro produit phytosanitaire : « nous faisons des expériences sur l’utilisations de différents types de purins ».
Il a aussi une réflexion en cours sur la gestion de l’eau : « nous projetons d’équiper les ruisseaux avec des écluses pour favoriser le ruissellement de l’eau dans le sol ».

Julien travaille ses vins exclusivement en cuve inox et le transfert des jus ne se fait que par gravité après la phase de fermentation alcoolique.

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L’inox qui règne toujours en maître dans la cave de Julien Peyras

Le domaine propose actuellement 2 cuvées de blanc – « L’éphémère blanc » et « Les copains d’abord » – une cuvée de rosé – « Rose bohème » – 4 cuvées de rouge – « Gourmandise », « Séraphin », « Syrah nostra » et « Lo tarrall » – et 2 Pet’nat – « Les pétillantes blanc » et « Les pétillantes rosé » – une offre vinique complète qui est hélas rapidement épuisée…d’ailleurs, il n’y a quasiment plus rien à vendre aujourd’hui mais les cuvées 2021 de « Séraphin », « Syrah nostra » et « Lo Tarrall » vont être mises en bouteille très bientôt. Avis aux amateurs !

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Une série de palettes en partance pour le Japon

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Bon on va s’installer à l’ombre pour continuer notre discussion…

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…en buvant un petit coup de blanc.

Tout en sirotant l’une des dernières bouteilles d’éphémère blanc 2020 sortie de la réserve personnelle de Julien Peyras, nous évoquons rapidement les derniers millésimes :
- 2019 : « une année catastrophique avec des journées à plus de 50° dans le vignes, de la sécheresse et des fermentations difficiles en cave »…pour arriver à un rendement global de 12 à 13 hl/ha et « l’ensemble des cuvées de blanc parti à la distillerie ».
- 2020 : «  un joli millésime avec des températures modérées et un peu d’eau…une mauvaise année pour les touristes mais une bonne année pour les vignerons ».
- 2021 : « un millésime atypique avec un mois d’août très humide, des raisins arrivés à maturité phénolique avec moins de sucres que d’habitude ».
Les fermentations ont été un peu plus problématiques « certaines étaient très poussives et d’autres très rapides étaient terminées au bout d’une semaine ».
En 2021 Julien a pu élaborer « des vins mûrs mais pas trop alcoolisés » avec un rendement d’environ 20 hl/ha .
- 2022 : un millésime qui ne s’annonce pas trop bien avec des vignes qui souffre déjà de la sécheresse « je ne vais plus dans mes vignes en ce moment, je n’aime pas les voir souffrir »…bref, ça ne s’annonce pas trop bien !

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Allez, rien de tel qu’un petit verre (ou deux) de la cuvée éphémère 2020 pour se désaltérer

Vin de France L’éphémère blanc 2020 : nez très complexe, notes d’abricot, d’épices douces et de craie, bouche très élégante avec un jus bien tramé, un équilibre frais, une salinité intense, finale tonique et d’une buvabilité exemplaire.
(assemblage : roussanne sur marnes, clairette et grenache blanc sur calcaires du villafranchien)

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Malgré une robe trouble ce vin blanc est d’une pureté aromatique exceptionnelle et nous régale en bouche par sa gourmandise et son énergie…un vrai médicament pour redonner de la joie de vivre. MIAM !

Vin de France Gourmandise 2021 : nez ouvert et engageant avec des notes de cerises acidulée sur un fond floral délicat, bouche bien gouleyante avec un jus fruité léger soutenu par une présence acide très stimulante, finale glissante et appétante. (100% cinsault sur terroir argilo-calcaire).

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Comme toutes les « Gourmandise » dégustées jusqu’ici, l’édition 2021 de cette cuvée de cinsault porte toujours aussi bien son nom…c’est un rouge sudiste avec une aromatique très plaisante et une présence légère et guillerette en bouche, un vin de copains qu’on peut boire à grande lampées sans se soucier du lendemain. MIAM !


J’ai été ravi de revoir Julien Peyras pour constater qu’il est toujours ce vigneron de conviction qui met en œuvre des pratiques vertueuses et naturelles avec une intransigeance qui force l’admiration.

Il est profondément engagé dans la préservation de ce beau vignoble languedocien au sein d’un groupement de viticulteurs locaux animés par la même envie de valoriser ces terroirs de façon éco-responsable…un projet qui force le respect et dont on ne peut que souhaiter qu’il réussisse.

Ses vins ont trouvé leur clientèle – en France et dans le monde – si bien qu’il n’a pas toujours de quoi répondre à la demande de sa clientèle…la « faute » à des rendements très modestes dus à une viticulture très respectueuse dans les vignes et à un travail en cave sans aucun intrant.

J’ai eu le plaisir de déguster une remarquable cuvée d’Ephémère blanc 2020 dont il ne restait hélas plus une seule bouteille à vendre mais j’ai pu me consoler (un peu) en partant avec un joli carton plein de « Gourmandise »…que j’ai déjà bien entamé depuis mon retour en Alsace.

Mille mercis Julien pour ton accueil…et bonne chance pour le nouveau millésime.

 

 

 

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