Pèlerinage Bourgogne/Beaujolais 2016 - Visite au domaine François Carillon

Comme je n’ai pas pu effectuer mon traditionnel pèlerinage estival en terre burgonde, j’ai décidé de profiter de mes congés d’automne pour programmer ce séjour prolongé qui va me faire voyager de la Côte de Nuits au Mont Brouilly.
Lors de la première journée de cette longue tournée oenophile j’ai prévu 3 visites : le
domaine Castagnier à Morey-Saint Denis, le domaine Gros Frère&Sœur à Vosne Romanée et le domaine Chicotot à Nuits Saint Georges.
Pour les deux jours suivants je serai rejoint par mes vieux compères, Jean-Claude et Jean-Luc – ceux là même qui m’avaient accompagné l’année passée – pour une virée dans les vignobles du Beaujolais, du Mâconnais et de la Côte Châlonnaise avec 5 étapes viniques au programme : le domaine Burgaud à Morgon, le Château Thivin à Odenas, le domaine René Michel à Clessé, La Soufrandière à Vinzelles et le domaine Tatraux à Givry.
Le dernier jour verra mon retour en Bourgogne avec 3 visites en Côte de Beaune : le domaine Carillon à Puligny-Montrachet, le domaine Buisson-Charles à Meursault et le domaine Christophe Vaudoisey à Volnay.

Hoppla, c’est parti !

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La montagne sacrée de la Côte de Beaune parée des couleurs flamboyantes de l'automne

 

Jour 4. : visite au domaine François Carillon à Puligny Montrachet


Après une belle soirée à Chagny – avec un excellent dîner au restaurant « Pierre et Jean » – je repars en direction de la Côte de Beaune pour ma dernière journée de visites oenophiles en Bourgogne.
Mes deux compagnons d’échappée sont retournés en Alsace la veille (boulot-boulot !) et c’est donc en « lonesome wineboy » que je vais finir mon pèlerinage 2016.

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Puligny en octobre 2016

En août 2015, je n’avais pu faire qu’un passage éclair au domaine Carillon – en cause, la fin du chantier de la nouvelle cave et la proximité des vendanges – mais cette année c’est dans une ambiance automnale bien apaisée que je vais pouvoir retrouver François Carillon pour parler vin et déguster quelques cuvées en cours d’élevage.


Nous commençons par une rapide visite des nouveaux espaces professionnels du domaine : des locaux neufs très spacieux pour le cuvage et le stockage et d’anciennes caves voûtées restructurées et rénovées pour les rendre plus facilement accessibles.

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Les caves rénovées du domaine François Carillon…

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…où les vins de 2016 séjournent dans des fûts de chêne.

François a également décidé de s’équiper avec de nouvelles machines-outils pour l’embouteillage et l’étiquetage. C’est un vigneron qui pense qu’il ne faut jamais hésiter à investir pour acquérir le matériel le plus précis et le plus perfectionné « c’est le prix à payer pour respecter les vins ».

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La nouvelle machine-outil pour capsuler et étiqueter les bouteilles…

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…et la chaine d’embouteillage ultra perfectionnée.

Avant de passer à la dégustation, François évoque brièvement ces 2 derniers millésimes très particuliers…comme un peu partout dans le vignoble français.

2016 :
Le secteur de Chassagne et de Saint Aubin a été fortement impacté par les terribles gelées de printemps : « Les Macherelles et Le Clos Saint Jean n’ont donné que quelques raisins et il n’y aura pas de Saint Aubin Charmois en 2016 ».
Sur Puligny les vignes ont été moins touchées mais certaines parcelles ont souffert : il y a eu des phénomènes inexplicables sur Puligny comme sur le secteur sous le grand cru Bienvenues-Bâtard-Montrachet, « les vignes des Aubues ont copieusement gelé alors que le secteur voisin des Enseignières n’a pratiquement pas souffert ».
En 2016 les rendements sont encore en baisse mais les jus sont de belle qualité et les vins se comportent très bien en cave…à suivre.

2015 :
La canicule de 2015 a permis de rentrer des jus riches et concentrés que François Carillon a choisi de ne pas acidifier « les ph étaient un peu au dessus de la normale à Puligny (3,30 au lieu de 3) mais j’ai décidé de respecter la typicité de ce millésime ».
Les vendanges se sont déroulées durant 9 jours avec 2 équipes de 30 vendangeurs qui ont travaillés dur pour alimenter les 3 pressoirs du domaine.
Pour garder des équilibres digestes, il a effectué un gros travail sur les lies fines et a raccourci un peu les durées d’élevage.
Bon…et si nous allions vérifier tout ça !


Bourgogne Le Vieux Clos 2015 : expression fruitée bien mûre au nez, matière gourmande avec un joli gras et une structure acide tonique, finale fraîche avec une présence minérale très salivante.

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Cette nouvelle référence du domaine qui s’intercale entre le Bourgogne générique et la grande cuvée de Puligny Villages, m’a séduit par sa belle plénitude en bouche : la chair voluptueuse est soutenue par squelette acide/minéral très solide.
Belle réussite !


Puligny Montrachet 2015 : nez pur et discret, fruité mûr et fines notes florales, matière longiligne en bouche, structure ample qui s’étire et s’affine en finale, sillage long avec de beaux amers minéraux.

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La cuvée « Village » 2015 révèle son habituelle pureté aromatique et son équilibre impeccable mais on sent que ce vin va s’ouvrir et s’épanouir plus vite que ses aînés…voilà une bouteille qui arrive à point nommé après les 2014 et 2013 qui auront besoin de plus de temps en cave pour se faire.


Puligny Montrachet Les Enseignières 2015 : nez complexe et raffiné, matière ample acidité mûre et très large, finale fraîche et digeste, salinité qui commence à se faire sentir et notes persistantes de pamplemousse et de vanille.

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Cette cuvée née un secteur proche des célèbres Bâtards, s’impose peu à peu comme l’une des très belles références de la gamme Carillon : avec un niveau de qualité toujours impeccable et une présence minérale très impressive, le Puligny Enseignières est capable de rivaliser sans complexe avec les 1° Crus du domaine. MIAM !


Puligny Montrachet 1°Cru Champ Gain 2015 : nez délicat, palette discrète sur la le citron et la fougère avec quelques notes pierreuses, matière souple et déliée en bouche, silhouette svelte et élégante, finale longue et fraîche.
Ce 1° Cru qui révèle une belle harmonie entre en jus très gourmand et une trame minérale bien structurante, nous fait entrer de la plus belle manière qui soit dans le monde des grandes cuvées de François Carillon. MIAM !


Puligny Montrachet 1°Cru Les Folatières 2015 : au nez, on retrouve la discrétion et la palette classieuse de Champ Gain mais la matière en bouche est plus riche et massive, texture épaisse et acidité puissante, finale intense.

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J’ai toujours bien aimé Folatières pour l’élégance racée de son expression mais cette année l’édition 2015 m’a impressionné par sa puissance vraiment exceptionnelle. Grand vin !


Puligny Montrachet 1°Cru Les Combettes 2015 : nez mûr et déjà bien ouvert, notes d’agrumes frais sur un joli fond minéral, ample et concentré en bouche, acidité large soutenue par une salinité bien marquée, finale très longue sur la vanille et les épices.

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Le terroir des Combettes a superbement réagi face à cette année caniculaire en générant un vin dense et charpenté qui se livre déjà avec beaucoup d’allant mais qui est taillé pour durer : Combettes est grand aujourd’hui mais sera probablement immense dans quelques années.


Puligny Montrachet 1°Cru Les Perrières 2015 : nez qui ne renie pas son nom, notes de silex, pierre chaude et fumé léger, bouche très puissante avec une matière étirée par une tension acide très ferme, finale longue et sapide, retour minéral intense.
Véritable monolithe minéral qui laisse une impression d’énergie vraiment hors normes ce Perrières m’a laissé bouche bée : c’est le vin du domaine que je connais le mieux (avec la cuvée « villages » évidemment) mais je crois qu’il me surprendra toujours. Magnifique !


Saint Aubin 1°Cru Les Pitangerets 2015 : fruité explosif au nez, framboise et cerise burlat, matière juteuse d’une gourmandise absolue, toucher de bouche velouté, finale fraîche, longue rémanence sur les fruits rouges.

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Cela faisait très longtemps que je n’avais pas goûté de vins rouges au domaine Carillon – je les trouvais toujours un peu trop austères –, mais je crois bien que François savait très bien ce qu’il faisait lorsqu’il m’a proposé ce Saint Aubin vraiment irrésistible. Quel bonheur !

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La cuve où le Saint Aubin termine sa phase d’affinage...j’en aurai bien soutiré quelques litres pour la route !!!

 

C’est décidé, à partir d’aujourd’hui j’arrête de compter mes visites au domaine Carillon : depuis ma première rencontre à la fin des années 80 avec Louis Carillon – dont je garde encore un souvenir très précis – à cette nouvelle édition en compagnie de François Carillon, je n’ai pas vu passer le temps…et pourtant !!!

Après des travaux qui ont duré quelques années, François dispose maintenant d’un outil de production spacieux et performant avec de nouveaux espaces de travail et des caves agrandies, rénovées et restructurées.
Disposant d’un patrimoine de vignes de grande valeur qu’il suit avec beaucoup d’attention, François a choisi de se donner les moyens de viser la perfection dans la conception de ses vins « c’est la moindre des choses, lorsqu’on a la chance de travailler ces grands terroirs ».

Sur 2015, les vins du domaine Carillon sont plus riches et concentrés que d’habitude mais les expressions minérales très intenses tiennent parfaitement les structures et assurent des équilibres parfaitement digestes : c’est un très beau millésime qui aura permis aux terroirs de Puligny de montrer leur force.

Comme chaque année, l’homogénéité qualitative de la gamme Carillon est impressionnante et le choix de quelques coups de cœur est toujours difficile…mais cette année je crois que cela relève de l’impossible : les Puligny sont irrésistibles, la nouvelle cuvée de Bourgogne est un vrai bonheur et le Saint Aubin rouge m’a laissé sur le c… !
Que dire de plus ?

Merci à François Carillon pour son accueil et à l’année prochaine pour une X-ième visite.

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Le coteau des Grands Crus en automne 2016

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