Articles de pierre_radmacher

Conférence-Dégustation avec David Lefebvre aux Halles du Scilt à Schiltigheim : une nouvelle façon de concevoir des accords mets-vins

Par Le 27/11/2022

Les Halles du Scilt de Schiltigheim accueillaient 7 vignerons alsaciensdomaine Luc Faller, domaine Geiger Koenig, domaine Moritz, domaine du Petit Poucet, domaine Michel, domaine Paul Gaschy – qui le temps de week-end allaient tenir compagnie à Nicolas Jaegert de La Cave en Tournée pour porter la bonne parole vinique dans la cité des brasseurs.
En marge de ce mini salon des vins David Lefebvre nous a proposé une petite animation gourmande pour nous exposer sa façon de concevoir des accords mets-vins.

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L’atelier mets et vins est prêt…

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…et les participants commencent à s’installer

Grâce à des bouteilles fournies par les vignerons invités et aux gourmandises fournies par les commerçants du Scilt (Duchemin, Kirn et l’Epicier Grand Cru), David Lefebvre nous a proposé quelques accords mets et vins très intéressants.

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Un peu de théorie…

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…et des travaux pratiques

Armé d’une solide formation en chimie et en œnologie, David s’est intéressé aux processus de minéralisation dans les aliments et notamment dans le vin : pour en savoir plus vous pouvez lire l’article dans la revue « Le Rouge et le Blanc » (ICI et LA) ou écouter le podcast sur « La Terre à Boire »…ou relire l’une de mes anciennes contributions sur une petite conférence de David au domaine Schoenheitz (60 p o schoenheitz 2011 260-p.o.-schoenheitz-2011-2.pdf (120.5 Ko)).

L’idée du jour consistait à nous faire découvrir des accords gustatifs qui n’étaient pas centrés sur les expressions aromatiques des vins et des mets mais sur le rapport éléments organiques et éléments minéraux qu’on trouve dans tous les aliments.
Par exemple un vin jeune se plaira en compagnie d’un chèvre frais riche en éléments organiques alors qu’un vin plus évolué qui aura eu davantage de temps pour minéraliser sera plus à son aise face à un crottin affiné qui aura concentré sa teneur en sels minéraux.

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Crottin de chèvre frais et riesling Schiefferberg 2019 du domaine Geiger-Koenig

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Crottin de chèvre affiné avec un riesling Grand Cru Eichberg 2014 du domaine Gaschy

Les autres accords proposés étaient tous pensés selon la même logique et ma foi, , j’ai pu me rendre compte que cette théorie originale (pour moi du moins…) s’est plutôt bien vérifiée dans la pratique à travers tout une série d’accords très réussis.

Voilà quelques exemples pour que vous pourrez tester pour vérifier…

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Comté 30 mois avec un riesling Grand Cru Eichberg 2001 du domaine Gaschy

312156857 522233812653769 8795780739332899375 n
Munster avec un gewurztraminer Leckerli 2020 du domaine Florence et Sandra

312359660 524267169522768 5716578440687126508 n
Piment d’Espelette avec un pinot gris macération 2020 du domaine du Petit Poucet

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Chaource et Cuvée TM 2015 (assemblage riesling+pinot gris+ gewurztraminer en V.T.) du domaine Moritz.

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Jambon cuit, jambon sec et pâté en croûte avec des pinots noirs 2011 et 2001 du domaine Gaschy.


Je terminerai en vous priant de m’excuser pour l’indigence de mes notes et de mes commentaires.
On était dimanche matin, et je suis sorti sans mon matériel (pas d’appareil photo, pas de carnet de notes)…mais j’ai quand même voulu partager ces quelques impressions avec vous tout en vous encourageant à vous pencher sur les travaux de David Lefebvre pour comprendre un peu mieux ce terme de « minéralité ».
Je vous invite aussi à tester quelques accords gustatifs en vous référant à ce rapport organique/minéral qui nous permet de concevoir des associations mets et vins en oubliant un peu la référence aromatique pour se focaliser sur la cohérence des sensations en bouche.

Merci à David pour cette conférence-dégustation très intéressante et merci aux vignerons et aux artisans des halles du Scilt d’avoir accepté de partager quelques vins et quelques denrées avec nous.

Restaurant L'Autre Rive à Saint Laurent sur Saône - novembre 2022

Par Le 24/11/2022

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Pour terminer notre journée dans le vignoble du Beaujolais et de Mâconnais, l’ami Cyril a eu la bonne idée de réserver une table dans ce restaurant situé sur les bords de la Saône et tenu par un chef qui adore le vin…et qui a semblé très heureux de partager durant quelques instants sa passion œnophile avec nous.

La salle lumineuse et accueillante est prolongée par une véranda d’où on bénéficie d’une vue imprenable sur Mâcon et le pont Saint Laurent.

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Le restaurant côté salle…

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…et la vue depuis la terrasse couverte de « L’Autre Rive »

Le menu du soir est alléchant et la carte des vins est absolument géniale tant par la qualité des références présentées que par la sagesse des tarifs…je pense qu’on va passer une bonne soirée !

Bon, comme je suis en très bonne compagnie – l’ami Cyril et son épouse Géraldine – je ne vais pas sortir mon carnet de notes pour relever en détail mes sensations et mes émotions du soir…mais je vais quand même vous faire partager ce très beau moment avec quelques photos et quelques impressions restées en mémoire.

L’apéritif

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Saumon et bouchée à l’escargot pour réveiller les papilles

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Un joli verre de pet’nat 2021de gamay du domaine Séléné (offert par le patron) pour nous mettre en joie

L’entrée

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Foie gras au naturel avec compotée pomme/coing et pain aux céréales toasté.

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La grande cuvée de gringet du regretté Dominique Belluard au rendez-vous de l’excellence attendue…un vin inclassable mais d’une plénitude absolue pour un accord très équilibré avec le foie gras mais beaucoup plus à l’aise face à l’assiette suivante à bas de ris de veau.

Le plat

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Noisettes de ris de veau croustillantes et duxelles de champignons avec un jus de veau et une émulsion crémeuse aux cèpes

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Je n’aime pas trop les rouges du Jura et le trousseau est un cépage que je connais peu mais cette bouteille choisie par Cyril produite par un vigneron dont j’adore les cuvées de blancs m’a vraiment subjugué.
Je pense que cette cuvée de trousseau 2020 du domaine Labet fera partie de mes très grandes bouteilles dégustées durant cette année.

Le dessert

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Un soufflé au Grand Marnier et sa boule de sorbet à l’orange…une finale toute en douceur. MIAM !

Cette soirée à « L’Autre Rive » fut une expérience vraiment mémorable.

Nous nous sommes régalés en dégustant de très belles préparations culinaires où on sentait le souci de respecter les produits ainsi qu’une belle maîtrise de l’harmonie des saveurs.

Nous avons pu nous offrir deux bouteilles mythiques choisies sur une carte des vins exceptionnelle et présentées par Vincent Rivon, un chef cuisinier vraiment passionné de vin.

Voilà une adresse qui va figurer tout en haut de la liste de mes étapes gourmandes en Bourgogne.

 

Les vins du mois d'octobre 2022

Par Le 20/11/2022

Riesling Grand Cru Pfersigberg 2010
Domaine Emile Beyer à Eguisheim

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Robe : jaune profond avec des reflets vieil or.
Nez : noble et racé avec des notes de zestes d’agrumes, d’orange amère et d’épices douces sur un fond de pierre à fusil.
Bouche : ample et concentrée avec un centre très suave et une acidité large et aiguisée qui envahit progressivement la bouche pour étirer une finale longue et profondément saline.
Malgré une robe qui trahit son âge, ce riesling m’a impressionné par son énergie et sa grande complexité aromatique.
C’est un grand Pfersigberg arrivé dans sa phase de pleine maturité mais qui dispose des ressources nécessaires pour bien se tenir durant quelques années encore
.


Puligny Montrachet 1° Cru Les Perrières 2009
Domaine Carillon à Puligny

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Robe : jaune franc, limpide et brillante.
Nez : un peu retenu mais bien complexe, notes d’amande fraîche, de chèvrefeuille et d’herbes à tisane.
Bouche : attaque vive et claquante avec une acidité large et puissante qui structure un jus bien concentré, texture soyeuse avec un gras agréable, finale vive et assez austère avec une longue persistance minérale.
Les 13 années en cave n’auront pas pu gommer totalement cette impression de rigueur monastique que laisse toujours la dégustation d’un cru des Perrières de Puligny mais on ne peut pas rester insensible face cette cuvée de chardonnay qui nous emmène vers des sommets d’élégance et de classe.


Saint Chinian Classic 2018
Domaine de La Madura à Saint Chinian

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Robe : grenat moyen avec une fine frange rose
Nez : discret et bien complexe, notes de sous-bois, d’épices et d’herbes de garrigue
Bouche : attaque souple et suave, jus assez dense structuré par une acidité rayonnante et une fine trame tannique, finale digeste avec une présence minérale très stimulante
Si vous prenez 4 cépages emblématiques du sud (syrah, grenache, mourvèdre et carignan) nés sur des parcelles plantées sur les 3 types de sols du saint-chignanais (argilo-calcaire, grès et schistes) et vous les confiez à un grand vinificateur qui maîtrise les élevages à la perfection, vous obtenez ce superbe vin rouge équilibré et digeste qui nous propose une interprétation toute en élégance de ces grands terroirs sudistes. MIAM !


VDP du Mont Baudile Le Mourvèdre des Crouzets 2011
Domaine Supply-Royer à Arboras

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Robe : très dense, pratiquement noire avec des bords bien compacts
Nez : complexe et racé avec une palette très sombre sur les baies noires (mûre, myrtille), le chocolat noir, la réglisse sur un fond minéral assez marqué (pierre, mine de crayon)
Bouche : matière concentrée et serrée avec une texture très soyeuse, équilibre tonique, finale puissante avec une longue persistance fruitée et minérale.
Après plus d’une décennie en cave, ce grand rouge languedocien vinifié par l’ami Eric Supply s’exprime avec une plénitude absolue : une belle complexité aromatique au nez, de l’énergie et de la buvabilité en bouche…tout ce qu’il faut pour me plaire !
Cette cuvée qui nous offrira son « chant du cygne » avec le millésime 2021 – là c’est définitif, la parcelle des Crouzets a été arrachée après les vendanges 2021 – nous manque déjà !


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Le Clos de la Coulée de Serrant en octobre 2022.

Restaurant Pierre et Jean à Chagny - octobre 2022

Par Le 15/11/2022

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Quatrième dîner chez « Pierre et Jean » combiné avec une nuitée à l’Hôtel de la Poste – toujours aussi bien tenu – qui se trouve juste en face du restaurant…voici une soirée qui s’inscrit parfaitement dans l’esprit « pèlerinage » de ce séjour bourguignon.

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La cuisine en « open space » au rez-de-chaussée…

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…et comme toujours, ma table située à l’étage.

En attendant ma commande, je m’octroie un petit apéritif avec un verre de Santenay Le Chainey 2020 du domaine C. Nouveau : une aromatique bien ouverte avec un fruité délicat et un boisé fin, une bouche droite et sapide, une finale digeste et appétante

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La mise en bouche avec une verrine de gravlax de dorade sur purée de pois chiches et la traditionnelle gougère.

Cette cuvée de chardonnay s’est livrée à la dégustation avec une belle spontanéité , tout en réalisant un accord régional parfait avec la gougère (légèrement trop salée à mon goût)
Face à cette verrine qui développait des notes finement iodées adoucies par son accompagnement à base de pois chiches,  le vin a bien tenu sa place en imposant son côté vif et minéral en finale.


Mon menu du soir

Entrée

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Ravioles d’escargots de Bourgogne avec butternut au beurre d’ail et émulsion à la châtaigne.

Pour accompagner l'entrée j'ai choisi un verre de Hautes Côtes de Nuits Chardonnay 2020 du domaine Chevrot : un nez discret avec des notes d’amande fraîche sur un fond délicatement boisé, une bouche longiligne avec un équilibre droit, une finale salivante avec un léger grip tannique et un sillage balsamique/épicé.

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Les puissants arômes d’herbes aromatiques et de sous-bois des ravioles adoucis par la douceur de la butternut et de la châtaigne ont un peu durci le vin qui a développé des notes pierreuses et métalliques un peu trop prononcées à mon goût…
Je pense que la cuvée de santenay bue à l’apéritif aurait été plus à son aise face à au caractère très « forestier » de ce plat.


Plat

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Râble de lapin à la sauge, polenta et shitakés

Pour accompagner le plat principal, j’ai choisi un Santenay Les Charmes Dessus  2020 du domaine C. Nouveau : nez expressif t charmeur sur les fruits rouges et noirs bien mûrs avec une fine touche boisée/épicée, bouche bien gourmande avec un jus généreux solidement structuré, tannins poudrés, finale longue et sapide.

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Cette très belle assiette nous maintient dans une ambiance automnale et sylvestre avec un râble charnu et goûteux, un accompagnement très marqué par des notes de « sous-bois » et un jus de viande très suave.
Ce plat a développé l’expressivité et aiguisé la structure acide/saline de ce beau vin rouge qui est resté maître du palais en finale en laissant une belle impression de fraîcheur.


Dessert

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Potimarron confit avec crémeux aux épices et sorbet à l’orange.

Au risque de me répéter, je conclurai en disant que cette adresse gourmande de Chagny est toujours aussi recommandable avec son service très efficace et sa cuisine précise et créative.
Hélas, je dois réitérer ma remarque au sujet de la carte des vins : toujours très courte avec des références immuables et bien trop peu de propositions pour des demi-bouteilles ou des vins au verre…bref, ça ronronne et ça va finir par lasser

Ceci dit, son rapport Q/P toujours aussi attractif et sa situation face à mon hôtel préféré restent des arguments assez convaincants pour que restaurant conserve son titre de passage obligé en terre burgonde.

 

Restaurant L'Hoirie à Beaucouzé

Par Le 10/11/2022

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Pour terminer une belle journée dans le vignoble angevin, j’ai eu le plaisir de diner dans ce restaurant gastronomique que m’avait conseillé la collaboratrice de la famille Joly lors de ma visite au château de la Roche au Moines.

Le menu du soir propose une série de préparations culinaires sur le thème « Entre terre et mer » avec un choix de 3 entrées, 3 plats et 3 desserts.

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Mon terrain de jeu du soir : un salon au style épuré et élégant, j’adore !

Pour le choix du vin, j’ai laissé la main au sommelier qui m’a proposé d’accompagner les préparations culinaires du chef avec trois cuvées originales élaborées par des vignerons ligériens…allons-y !

L’apéritif
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Un velouté de carotte avec une mousse au parmesan et une chips au chorizo

Crémant de Loire Brut Nature 2019 du domaine Bois-Brinçon : une aromatique discrète et complexe avec des notes de fruits blancs et de brioche au beurre, un jus fruité bien sapide en bouche avec une mousse crémeuse et une finale salivante stimulée par de beaux amers.

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Avec sa bulle d’une grande finesse, ce crémant réalisé à partir d’un assemblage original de 90% de chenin et de 10% de cabernet franc, propose un équilibre subtil entre vinosité et gourmandise. Belle découverte !
Cette petite préparation apéritive toute en douceur et en suavité a réveillé l’acidité du vin pour produire un accord très équilibré qui laisse le palais frais et dispos pour pouvoir apprécier pleinement la suite du repas.


L’entrée

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Le croustillant de queues de gambas sauvages avec un gaspacho de tomate, pistou et crémeux mozzarella.

VDF Source 2020 du domaine Jardins de Fleury : un nez qui s’ouvre sur des notes de pain grillé et de fumé avant que l’aération ne libère de délicats arômes de fruits blancs frais, une bouche ample avec un joli gras et une profonde salinité, une finale vive et légèrement grenue avec de beaux amers minéraux et une longue persistance épicée.

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Elaborée par Carole Kohler, une vigneronne nouvellement installée dans les Deux Sèvres – 2020 est seulement son deuxième millésime – cette superbe cuvée de chenin, née sur un terroir de schiste et de quartz a été travaillée nature et élevé en amphore…un vin pur, vivant et expressif comme j’aime !
Avec des gambas vraiment exceptionnelles qui nous proposaient un jeu de goûts et de textures très intéressant et leur accompagnement aux saveurs très raffinées, le vin s’est tenu à merveille en réalisant une accord ton sur ton face aux notes grillées du plat tout en développant davantage son côté salin et minéral en finale face à la suavité crémeuse de l’accompagnement.


Le plat

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Le merlu des Sables d’Olonne avec écailles de chorizo, légumes wok et crème à l’andalouse.

VDF Le Réau 2020 du domaine Terra Vita Vinum : un nez complexe s’ouvre sur des notes fumées assez marquées avant de développer de belles notes de fruits blancs frais et de fleurs des champs, jus très consistant en bouche avec un équilibre très droit, finale assez douce mais très sapide, relevée par une fine présence tannique.

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Cette micro-cuvée parcellaire originaire née sur les terroirs schisteux de l’Anjou noir a été pressée après une courte macération (2 à 3 jours) avant d’être vinifiée et élevée en barriques et en œuf béton.
Malgré son procédé d’élaboration original ce vin révèle d’ores et déjà un caractère de grand chenin de terroir.

Face à cette préparation qui nous emmenait dans une ambiance gustative très douce avec un filet de merlu suave et onctueux stimulé par un jus tomaté épicé par le chorizo, le vin a réalisé un accord vraiment magnifique.
Le plat a permis au vin de développer son expressivité au nez comme en bouche : la palette aromatique s’est complexifiée et la minéralité s’est intensifiée en bouche (un grip tannique sensible et de belles notes de silex).


Le dessert

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Le flan pâtissier aux figues avec compotée de figues, chantilly au miel et figues fraîches, encadré par un pré-dessert et un post-dessert…bref, il y a tout ce qu’il faut pour combler un bec sucré de mon acabit. MIAM !


Cette journée dans le vignoble de Savennières s’est terminée de fort belle manière par ce superbe dîner dans cet établissement gastronomique situé à la périphérie d’Angers : un cadre classieux et chaleureux, des mets raffinés présentés dans des assiettes très esthétiques, un service souriant et professionnel et un sommelier passionné et passionnant qui n’a pas peur de sortir des sentiers battus pour proposer des vins élaborés par de jeunes talents du vignoble ligérien…un sommelier comme j’aimerais en trouver plus souvent lors de mes étapes gourmandes dans le vignoble !

Bref, « L’Hoirie » de Beaucouzé est un restaurant très chaudement recommandé pour tout œnophile qui a envie de vivre une belle expérience gustative.

Les vins du mois de septembre 2022

Par Le 17/10/2022

Riesling Grand Cru Pfersigberg-Hertacker 2014
Domaine P. Ginglinger à Eguisheim

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Robe : jaune franc avec des bords argentés
Nez : complexe et raffiné avec des notes de citron frais et d’orange amère sur un fond crayeux
Bouche : attaque puissante, jus riche et consistant structuré par une acidité large et assez mordante, finale longue et très tonique avec une longue persistance sur le pamplemousse et la craie.
Ce riesling Grand Cru, expressif et puissant, semble entrer tout doucement dans sa phase de pleine maturité en nous rappelant qu’en 2014, les cépages qui ont échappé aux attaques de drosophile suzukii ont permis aux vignerons de sortir quelques superbes cuvées.


Riesling Grand Cru Sommerberg 2014
Domaine de l’Oriel à Niedermorschwihr

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Robe : jaune clair avec des éclats métalliques
Nez : ouvert et complexe avec des notes d’agrumes mûrs (mandarine, pomelo), d’herbes méridionales et de pierre à fusil
Bouche : attaque vive et franche avec une acidité tranchante et filante qui structure un jus fruité bien concentré, finale très énergique avec des amers nobles, une fine tannicité et un long sillage sur les agrumes et les épices.
Cet autre « survivant » de ce millésime compliqué, se présente également sous son meilleur jour avec une belle aromatique et une parfaite tenue en bouche…je suis d’autant plus content de cette réussite puisque j’ai participé à la vendange de ces rieslings sur le Sommerberg en 2014.


Saint Véran Poncetys 2019
Jacques Saumaize à Vergisson

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Robe : jaune clair avec beaucoup d’éclat
Nez : fin et raffiné avec des notes de brioche au beurre et de fruits blancs sur un fond mentholé et anisé
Bouche : attaque assez vive, jus riche et consistant équilibré par une acidité bien large, finale assez intense avec un petit grain tannique très fin mais bien salivant.
A l’heure où de nombreux chardonnays de la Côte de Beaune atteignent des prix dissuasifs pour le commun des mortels, le vignoble mâconnais recèle une grand nombre de pépites avec des rapports Q/P très cohérents comme cette cuvée de Saint Véran d’une classe folle qu’on peut apprécier dès maintenant mais qui pourra encore vieillir avec bonheur durant quelques années.


Mâcon Vergisson Sur la Roche 2019

Jacques Saumaize à Vergisson

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Robe : jaune moyen, très lumineux
Nez : discret mais d’une belle complexité, notes de pomme verte et de citron sur un joli fond grillé/épicé
Bouche : attaque vive qui place une acidité large et puissante sous un jus dense avec un gras sensible, finale fraîche avec un long sillage citronné et boisé.
Comme ma visite au Salon des Artisans Vignerons de Bourgogne du Sud approche doucement, je suis obligé de faire de la place dans ma cave…surtout dans le secteur des chardonnays du mâconnais.
J’ai donc débouché une deuxième bouteille produite par ce domaine de Vergisson et j’ai tout autant aimé (voire plus) ce Mâcon-Vergisson remarquable de fraîcheur et de précisison. MIAM !


IGP Bouches du Rhône Minna 2015
Minna et J.-Paul Luc à Saint Cannat

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Robe : jaune franc et très lumineux.
Nez : complexe et très raffiné avec des notes de fruits exotiques, de fenouil et d’herbes de garrigue sur un fond épicé/vanillé délicat.
Bouche : attaque franche et vive, jus ample et consistant, équilibre très vif avec une belle présence saline, finale sapide avec des amers nobles et une longue persistance aromatique.
Cet assemblage de marsanne (50%), roussanne (34%) et vermentino (16%) élevé en partie en barriques (30%), se goûte remarquablement bien après 7 années de vieillissement : une aromatique complexe, un jus riche, bien construit et une parfaite buvabilité…un grand blanc sudiste que j’aimerai encore plus si l’accueil au domaine était un peu moins austère.


Pinot Noir Sundel 2015
Domaine Emile Beyer à Eguisheim

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Robe : rubis profond avec des bords orangés
Nez : complexe et racé avec une palette « sombre » sur la cerise noire, la mine de crayon, la cardamome et le poivre.
Bouche : attaque bien tonique avec une acidité large qui soutient un jus fruité très dense, trame tannique soyeuse, finale fraîche et salivante avec un long sillage réglissé et poivré.
En 2015, la jeune vigne du Sundel a engendré une cuvée de pinot noir pleine de fougue mais promise à un bel avenir.
Après 7 années d’évolution, on sent une matière assagie mais pas encore tout à fait sereine : avec son aromatique racée et son jus toujours bien tonique, ce vin qui se goute très bien en ce moment a encore quelques belles années devant lui.


Châteauneuf du Pape Le Traversier 2017
Château Simian à Piolenc

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Robe : grenat moyen avec une fine frange rose, très belle brillance.
Nez : très expressif et raffiné avec une palette complexe sur la cerise et l’orange sanguine sur un fond floral très élégant.
Bouche : attaque suave, jus fruité doux et soyeux, tanins très souples, finale digeste avec un long sillage qui laisse apparaître de belles notes épicées.
Cette première bouteille de châteauneuf débouchée après mon passage au château Simian en 2020 s’est montrée conforme à mes attentes avec une aromatique très séduisante et une tenue en bouche d’une grande élégance. J’adore ce vin !!!


Pauillac Château Batailley 2013
Héritiers Castéja à Pauillac

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Robe : grenat profond avec des bords brunissants.
Nez : très expressif et racé avec des notes de cèdre, de cardamome et d’encre sur un fond fumé/suie assez présent
Bouche : belle consistance, texture caressante avec des tanins d’une grande élégance, acidité assez présente, finale parfaitement digeste avec une belle persistance fumée/épicée.
Cela va faire 6 ans que je n’ai plus acheté la moindre bouteille de bordeaux mais je reste néanmoins sensible au charme maitrisé (et un peu convenu) de ces aristocrates médocains qui ne déçoivent jamais sans pour autant réussir à susciter de l’émotion...bref, j’ai bu ce Pauillac avec un vrai plaisir mais j’ai quand même fini par m’ennuyer.

Img 5617Vendanges à Eguisheim sur le lieu-dit Saint Jacques…les vignerons alsaciens sont très contents de la qualité des raisins pour ce nouveau millésime.

Les vins d'Alsace face à la cuisine indienne au restaurant "Le Massala"

Par Le 09/10/2022

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Après un premier repas dégustation mets et vins dans ce restaurant indien de Schiltigheim, nous nous retrouvons en petit comité pour tester une nouvelle série d’accords entre des plats réalisés par le chef du Massala et des vins mais cette fois-ci nous avons débouché une grande majorité de vins d’Alsace.

Quatre convives, 6 vins et une belle série de spécialités indiennes…voilà un déjeuner qui s’annonce bien !

J’ai pris des notes succinctes et quelques photos et j’ai relevé des impressions générales sur les vins et les accords, histoire de partager cette expérience avec vous.

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Le plateau d’entrées…

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…face à deux rieslings…

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…et un pinot gris

Les vins

Pfalz VDP Grosse Lage – Riesling Breumel in den Mauern 2014 – Weingut Müller-Catoir : nez ouvert et très fringant sur le citron frais et la mélisse, bouche juteuse, fraîche et bien tendue avec une présence saline sensible, finale étirée avec une longueur acidulée et de belles notes minérales sur la pierre à fusil.
Riesling Grand Cru Sommerberg-Cuvée Arnaud 2008 – Domaine de l’Oriel : robe ambrée mais bien brillante, nez sur le raisin sec et les épices douces, bouche riche avec un centre légèrement moelleux, structure très souple, finale miellée et épicée (cardamome, safran) mais assez courte…trop courte pour un Grand Cru dans tous les cas.
Pinot Gris Eguisheim 2017 – Domaine Emile Beyer : nez fin et précis avec une palette complexe sur les fruits à coque et les épices, bouche ample avec un joli gras, équilibre sec, finale sapide avec une très belle persistance aromatique.

Les accords

Même s’il s’est remarquablement bien goûté tout seul, le riesling du Palatinat n’a pas trouvé de partenaire compatible parmi les plats servis en entrée : construit sur la finesse et la droiture, il n’a pas résisté à l’aromatique épicée de ces préparations culinaires.
Même s’il m’a semblé pénalisé par un bouchage problématique (le bouchon s’est désintégré au moment de l’extraction…), le riesling alsacien a été « sauvé » par son jus généreux et quelques sucres résiduels qui lui ont permis de contrebalancer l’ardence (certes mesurée) des plats…mais il paraît évident que ce cépage n’est pas à son aise face à la cuisine indienne.
Avec son profil tout en élégance et son expression retenue et distinguée, le pinot gris a étonné son monde par sa faculté à relever le défi des saveurs et des arômes : il ne joue pas le rapport de force mais accompagne les plats avec beaucoup de class
e.

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Les premiers plats principaux…

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…et la suite présentée sur plaque chauffante…

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…face à deux gewurztraminers Grand Cru Hengst

Les vins

Gewurztraminer Grand Cru Hengst 2013 – Domaine Barmès-Buecher : nez délicat avec une très belle palette florale et épicée, bouche corsée mais très élégante avec une présence saline sensible, finale longue, sapide et épicée.
Gewurztraminer Grand Cru Hengst 1999 – Domaine Zind-Humbrecht : nez plus intense avec une palette largement dominée par des arômes d’épices, bouche ample et puissante avec un jus riche et consistant équilibré par une belle trame acide/saline, finale puissante avec une longue persistance épicée.

Les accords

Comme souvent (toujours) face à des préparations aux accents orientaux, ce sont les gewurztraminers qui réussissent les accords vins/mets les plus aboutis : les deux cuvées ont réussi à répondre sans fléchir au défi épicé proposé épicée par tous ces plats indiens.
Si le gewurztraminer 2013 de Barmès-Buecher a réussi à tempérer l’ardeur des différentes préparations culinaires, le gewurztraminer 1999 a littéralement « attisé le feu » en bouche tout en imposant sa structure et son aromatique en finale.
En tous cas, ce furent deux accords gustatifs quasi-parfaits...deux accords qui nous ont prouvé une fois encore que les grands gewurztraminers alsaciens ont un potentiel gastronomique tout à fait exceptionnel mais hélas sous-estimé ou méconnu par bien trop de professionnels du vin...il est grand temps que ça change !

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La série complète avec un petit intrus « super toscan » servis par François à l’apéritif.

Merci au chef du Massala et à mes compagnons ripailleurs pour ce moment de convivialité et de gourmandise.

Les vins du mois d'août 2022

Par Le 15/09/2022

Alsace En Vrac
Domaine Bohn à Reichsfeld

Img 5570Robe : jaune clair, bien brillant malgré une légère turbidité
Nez : ouvert et stimulant avec une palette complexe sur le pomelo, les herbes de garrigue et la pierre chaude.
Bouche : attaque très « punchy », jus bien consistant structuré par une acidité vive et une salinité bien marquée, finale légère et bien très salivante.
Cette cuvée d’entrée de gamme du domaine Bohn, réalisée à partir d’un assemblage de rieslings et de sylvaners de plusieurs millésimes, travaillé « nature », se goûte impeccablement bien aujourd’hui : il y a une belle expressivité, une l’énergie communicative et une parfaite buvabilité…pour faire court, j’adore !


Pinot Blanc 2019
Domaine Gaschy à Eguisheim

Img 5566Robe : jaune clair avec des reflets argentés
Nez : frais et délicat avec des notes de fruits blancs frais et de brioche toastée sur un fond légèrement épicé.
Bouche : attaque vive te franche, jus ample avec un joli gras, équilibré par une présence acide/saline intense, finale salivante et appétante avec une belle longueur citronnée et épicée.
Voilà un pinot blanc qui s’exprime sur un registre plutôt classique tout en se livrant à la dégustation avec une spontanéité gourmande vraiment irrésistible. MIAM !


Riesling Grand Cru Kaefferkopf-Vieilles Vignes 2012
Domaine Adam à Ammerschwihr

Img 5560Robe : jaune profond avec des éclats dorés
Nez : frais et raffiné avec des notes d’orange sanguine et d’herbes de garrigue sur un fond pierre à fusil qui gagne en intensité après oxygénation.
Bouche : attaque assez douce puis développement d’un jus ample et consistant soutenu par une structure acide/saline centrée mais assez large, finale longiligne, étirée par une acidité citronnée qui s’aiguise progressivement pour lui donner beaucoup de tonus.
Avec son jus très généreux et sa trame minérale bien en place ce riesling semble avoir atteint son optimum de maturité. C’est un vin qui se laisse déguster avec grand plaisir aujourd’hui mais j’ai l’impression qu’il n’a plus trop de ressources pour tenir encore longtemps à ce niveau…allez, on en profite !


Alsace Engelgarten 2018
Domaine Deiss à Bergheim

Img 5565Robe : jaune clair, très lumineux
Nez : charmeur et très évolutif avec des notes de fruits blancs frais à l’ouverture avant de laisser s’exprimer de beaux arômes d’agrumes mûrs et d’herbes à tisane sur un fond de plus en plus minéral.
Bouche : attaque franche et vive, jus fruité très suave avec un centre assez doux, structure acide/saline bien enrobée mais qui équilibre le tout en donnant une très belle digestibilité à la finale.
Issu d’une complantation sur terroir de graves ce vin expressif et charmeur révèle un équilibre assez original entre une richesse sensible et une belle trame minérale. C’est un vin qu’on peut apprécier dès aujourd’hui mais qui aura bien plus de choses à nous raconter dans quelques années.


Vouvray Les Argiles 2010
Domaine Chidaine à Montlouis sur Loire

Img 5569Robe : jaune profond avec des éclats dorés
Nez : ouvert et flatteur avec des notes de fruits blancs mûrs, de bergamote et de gingembre sur un fond délicatement miellé.
Bouche : volumineuse et riche avec un centre très suave, acidité très large et présence saline qui gagne progressivement en intensité, finale digeste avec des nuances minérales et épicées très appétantes.
J’ai débouché cette bouteille pour commencer à faire de la place dans ma cave en vue d’un périple en pays de Loire à venir, et grand bien m’en a pris car j’ai eu le plaisir de déguster ce chenin dans la force de l’âge, un vin magnifique à tous points de vue. MIAM !


Mercurey 1°Cru En Sazenay 2018
Domaine Tupinier-Bautista à Mercurey

Img 5572Robe : rubis moyen, très brillant avec une frange violine
Nez : complexe et très raffiné avec des notes fruitées et épicées sur un fond fumé/boisé très classieux.
Bouche : attaque souple et suave, jus gourmand avec une structure longiligne, tanins fondants, finale sapide avec une très belle persistance aromatique sur la violette et les épices.
Quand mes revenus de retraité deviennent de plus en plus incompatibles avec la folie tarifaire qui frappe la production vineuse de la Côte d’Or, je suis obligé de suivre un mouvement centrifuge pour aller chercher des appellations situées en périphérie du « saint des saints » beaunois et nuiton.
Mais cette migration « économique » me permet de découvrir des domaines très intéressants qui produisent de cuvées de très haute tenue comme ce premier cru de Mercurey expressif, goûteux et parfaitement équilibré. MIAM !


Crozes Hermitage Caprice 2018
Domaine Betton à La Roche de Glun

Img 5568Robe : très sombre et dense, presque noire avec des bords rubis
Nez : mûr et très charmeur avec des notes de fruits noirs confits (myrtille, cassis) et de violette sur un fond légèrement épicé
Bouche : puissante mais très sapide, belle concentration et tanins veloutés, acidité enrobée mais structurante qui s’impose en finale pour laisser le palais frais et dispos, sillage aromatique très long sur les épices douces.
Quand la grande cuvée de crozes hermitage de Christelle Betton atteint sa phase de plénitude, on est littéralement envouté par la beauté de son aromatique et la douceur de sa présence en bouche…une vraie caresse pour mes papilles !

Dsc 444
Albé et son vignoble de montagne en août 2022

 

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