Billets de pierre_radmacher

  • Les vins du mois de mai 2019

    Côtes de Provence Nowat blanc 2017
    Dupéré-Barrera à Carnoules

    Img 2927

    Robe : jaune clair avec des reflets argentés.
    Nez : frais et complexe, note de mandarine, de citron vert et de fleurs printanières sur un fond délicatement vanillé/épicé.
    Bouche : attaque vive, matière ample, équilibre sec avec un joli gras, finale assez pointue relevée par de beaux amers minéraux.
    Réalisée à partir d’un assemble de rolle (majoritaire) et d’ugni blanc élevé durant 9 mois en demi-muids, ce très beau blanc méditerranéen séduit par sa fraîcheur guillerette sa grande complexité aromatique. MIAM !


    V.D.P. du Mont Baudile La Roussanne du Bramaïre 2016
    Domaine Supply-Royer à Arboras

    Img 2926

    Robe : jaune paille clair avec des reflets dorés
    Nez : ouvert et très complexe, notes de cédrat, de gingembre et de poivre rose sur un fond balsamique (résine, pinède).
    Bouche : attaque assez douce puis montée en puissance progressive pour poser en bouche une matière consistante structurée par une acidité très solide qui reprend la main en finale, retour aromatique long et complexe avec de beaux amers salivants.
    Bien que dégustée dans sa prime jeunesse, cette cuvée pleine de gourmandise et d’énergie montre que le travail d’Eric et Marie-Ange sur cette parcelle commence vraiment à porter ses fruits : cette roussanne qui gagne chaque année en pureté et en équilibre mérite d’ores et déjà sa place parmi les grands blancs du Languedoc.


    V..D.P du Mont Baudile Les Intillères blanc 2017
    Domaine Supply-Royer à Arboras

    Img 2933

    Robe : jaune moyen, reflets dorés, très lumineux.
    Nez : intense et très complexe, notes balsamiques (cade, résine) dominantes complétées par de beaux arômes de citron mûr, de sésame grillé et de vanille.
    Bouche : attaque vive avec une acidité ciselée qui structure une matière ample et consistante, finale très longue sur les épices douces et le gingembre frais.
    Les jeunes vignes de bourboulenc et de chenin plantés sur le « triangle magique » des Intillères ont encore fait des étincelles en 2017 en donnant à Eric une matière première de toute beauté qu’il a travaillé avec sa maestria habituelle pour nous gratifier de cette cuvée vraiment exceptionnelle. WAOUHHH !


    V.D.F. Solo 2018
    La Ferme des Roumanes à Lussas

    Img 2928

    Robe : rubis sombre avec une fine frange violine.
    Nez : riche et engageant, notes de mûre confite, d’épices orientales et d’herbes de garrigue
    Bouche : attaque souple, matière douce et suave, équilibre bien gourmand, tanins fondus, finale épicée qui laisse une petite sensation de chaleur.
    Cette cuvée 100% grenache, travaillée « nature » par Béatrice Fromaigeat est une vraie petite friandise qui prouve qu’un vin n’a pas forcément besoin de SO2 pour se tenir en bouteille et dans le verre.
    Merci à l’ami Cyril de m’avoir fait découvrir ce très joli vin !


    Arbois Clos Maire 2016
    Domaine Ratte à Arbois

    Img 2931

    Robe : rubis moyen avec un fin liseré mauve clair
    Nez : épanoui et charmeur, notes de petits fruits rouges bien mûrs sur un fond floral discret.
    Bouche : attaque nette et bien franche, centre riche et très suave, acidité bien intégrée et trame tannique veloutée, finale fruitée et salivante.
    Les belles sensations éprouvées lors d’une première dégustation vin au domaine (en 2018) se sont confirmées aujourd’hui avec cette bouteille de Clos Maire tout à fait étonnante : c’est un vin dense et complexe qui se livre dès aujourd’hui avec une belle spontanéité mais qui est armé pour se bonifier encore quelques années en cave.

    Dsc 376
    Un gewurztraminer Grand Cru Winzenberg dégusté in-situ lors de la sortie AOC de mai...le CR est en cours

     

  • Eguisheim et ses terroirs - Une histoire alsacienne de la viticulture par Philippe Beyer

    Vm 1


    Attention, voilà le livre indispensable pour tous ceux qui veulent comprendre la genèse des grands terroirs alsaciens !
    Dans cette étude remarquablement documentée, Philippe Beyer nous invite à découvrir les grandes étapes géologiques, historiques et culturelles qui ont marqué notre région et son vignoble.

    C’est un travail de recherche d’une qualité et d’une précision dont il n’existe probablement pas d’équivalent sur ce sujet à l’heure actuelle.
    Autant dire que tous ceux qui veulent en savoir un peu plus sur Eguisheim et son vignoble trouveront dans ce livre une source presque intarissable d’informations.

    Sans oublier que cette lors de cette étude l’auteur n’a pas hésité à dépasser son cadre local initial pour étendre ses investigations et ses réflexions à toute l’Alsace viticole.
    « Il serait dommage de passer à côté de la richesse que nous offre notre région, tant par l’intérêt de son histoire que par la généreuse diversité de ses terroirs » nous dit Philippe Beyer dans sa conclusion...

    …et moi je ne peux que rajouter qu’il serait dommage de passer à côté de ce livre si on veut essayer de connaître un peu mieux l’histoire passionnante de nos vins d’Alsace.

  • Les vins du mois d'avril 2019

    Pinot Blanc La Fontaine aux Enfants 2013
    Domaine Kreydenweiss à Andlau

    Img 2855

    Robe : jaune citron avec des reflets dorés.
    Nez : riche et complexe avec de belles notes florales et épicées, nuances pierreuses et fumé léger en fond.
    Bouche : attaque franche, matière généreuse qui enrobe une acidité puissante, présence saline intense, finale longue et salivante.
    Une fois encore, ces pinots récoltés sur cette parcelle granitique qui coiffe le sommet du Kastelberg, ont engendré une cuvée qui impressionne par la densité de sa matière et la force de son expression minérale.


    Muscat 2016
    Domaine P. Blanck à Kientzheim

    Img 2817

    Robe : jaune moyen, belle brillance avec des reflets vert-pâle.
    Nez : pur et suave, notes de raisin frais et de fleur de sureau.
    Bouche : attaque franche, matière bien juteuse, ligne acide souple qui soutient vaillamment la structure, finale légère et très digeste.
    Avec son équilibre très juste entre une acidité fine et stimulante et une petite douceur bienvenue, ce muscat expressif et charmeur est un vrai vin plaisir qu’on pourra savourer dès l’apéritif mais qui sera également très à son aise face à une botte d’asperges. MIAM !


    VDP du Mont Baudile La Roussanne du Bramaïre 2012
    Domaine Supply-Royer à Arboras

    Img 2806

    Robe : jaune doré, limpide et lumineux.
    Nez : stylé et très complexe, notes de fruits jaunes et d’agrumes mûrs, nuances balsamiques et pierreuses.
    Bouche : attaque franche et pointue, matière opulente mais équilibre très sec, amers salivants qui se montrent dès le milieu de bouche, finale longue et sapide, retour aromatique sur les fruits et la résine.
    Face à ce « monstre » de puissance et d’expressivité les amateurs de blancs glissants et désaltérants devront passez leur chemin mais ceux qui cherchent un vin qui nourrit aussi bien le corps que l’âme trouveront ici une bouteille qui les comblera.


    Arbois La Mailloche 2005
    Domaine S. Tissot à Montigny les Arsures

    Img 2920

    Robe : jaune paille avec des éclats dorés.
    Nez : intense et complexe, palette fruitée (fruits à chair blanche) et épicée (gingembre, curry…) sur un fond fumé/boisé subtil.
    Bouche : attaque nette, matière concentrée, acidité longue et puissante, équilibre sec mais avec un joli gras, texture onctueuse, finale très énergique avec un sillage fumé/épicé persistant.
    On sait depuis longtemps que les grands terroirs jurassiens sont capables de donner naissance à des chardonnays de très haute tenue et cette cuvée d’Arbois remarquable de complexité et d’énergie nous le prouve une fois encore. MIAM !


    Mercurey 1° Cru Le Clos du Roi 2016
    Domaine Tupinier-Bautista à Mercurey

    Img 2807

    Robe : très sombre et dense avec un fin liseré rubis.
    Nez : agréable et raffiné, notes de fruits rouges bien mûrs (fraise des bois, cerise rouge) et nuances balsamiques sur un fond légèrement torréfié (café, chocolat noir).
    Bouche : attaque douce et séduisante, jus fruité très onctueux, équilibre impeccable, finale tonique et longuement aromatique.
    Découvert lors d’une première visite en 2017, ce domaine produit une gamme de rouges et de blancs de très belle facture comme ce1°Cru de Mercurey qui allie à merveille profondeur, complexité et gourmandise et qui nous rappelle que cette appellation recèle de jolies pépites viniques avec des rapports Q/P très avantageux.
    A bon entendeur…


    Bordeaux S de Saint-Pey 2016
    Château de Saint-Pey à Saint-Pey d’Armens

    Img 2856

    Robe : pourpre très sombre.
    Nez : expressif et charmeur, notes de fruits noirs bien mûrs et d’épices douces sur un fond légèrement fumé.
    Bouche : jus riche et bien gourmand, acidité souple, tanins veloutés, finale nette et fraîche, belle persistance aromatique fruitée et épicée.
    Je ne bois pas beaucoup de vins du bordelais et je n’en commente que très rarement sur ce site mais parfois je rencontre des bouteilles inspirantes comme ce « petit » bordeaux qui m’a fait vivre un joli moment de plaisir.
    J’ai trouvé ce vin dans un coffret « My Vitibox » arrivé un beau matin dans ma boîte aux lettres…c’était une belle surprise que je dois à mon petit X-men qui, malgré les kilomètres qui nous séparent,  n’a pas oublié mon anniversaire. Merci Maxime !

    Img 2888
    Vue sur le lac du Salagou…c’est beau le Languedoc !

  • Un déjeuner à la Villa Lalique à Wingen sur Moder


    Pour m’aider à surmonter le traumatisme du passage dans le monde du 3° âge mes amis du club AOC, ont eu la très bonne idée de m’offrir un joli chèque-cadeau à dépenser dans ce restaurant alsacien doublement étoilé situé dans le nord de l’Alsace.
    Hoppla, c’est parti pour une belle escapade gourmande à la Villa Lalique.

    1 107
    La Villa Lalique, dans son cadre bucolique à la sortie du village de Wingen sur Moder

    2 1 33   3 95
    La Villa vue du parking et l’entrée du restaurant

    La grande salle du restaurant est lumineuse et accueillante, le personnel ultra-professionnel est aux petits soins et ma table dressée à la perfection m’attend près d’une grande baie vitrée qui donne sur la forêt...je sens que je vais passer un très bon moment !

    4 1 25
    Mon « terrain de jeu » du jour…

    4 2 25
    …avec la vue sur une salle lumineuse et accueillante.

    Pour l’apéritif, le sommelier Romain Iltis, me propose un verre de Muscat Les Princes Abbés 2017 du domaine Schlumberger : un nez floral très épanoui et séduisant en diable, un jus frais et croquant en bouche avec une petite richesse bien agréable mais vite compensé par une finale tonique et appétente.

    4 3 13
    Quelques petites bouchées apéritives sous forme de clin d’œil à certaines spécialités alsaciennes…

    4 4 7
    …et un œuf parfait « Tozasu » pour accompagner le verre de muscat d’Alsace.

    Avec son expression ouverte et charmeuse et sa petite rondeur confortable en milieu de bouche, le muscat du domaine Schlumberger s’impose avec évidence dans sa fonction d’éveil papillaire tout en ouvrant également des perspectives d’accords gastronomiques plus larges face à cet œuf parfait vraiment parfait et sa mouillette aux saveurs complexes et originales.


    Comme le menu « Signature » de la Villa Lalique compte une dizaine de plats et que je n’ai pas de chauffeur à disposition pour cette journée, je vais laisser le sommelier choisir les 3 verres de vins qui vont s’accorder le mieux avec les différentes créations gustatives du chef.

    Pour accompagner les premiers plats, Romain Iltis me propose un verre de Riesling Grand Cru Rosacker 2016 du domaine Mader : un riesling vif et droit, tendu par une belle acidité citronnée et soutenu par une salinité calcaire bien marquée…et produite par un vigneron dont j’aime beaucoup le travail.

    4 5 6

    4 6 4
    La déclinaison de jeunes betteraves rouges

    4 7 2
    Le caviar Gold, sériole à la crème de céleri, blinis au sarrasin.

    Avec se structure élancée et sa trame acide/minérale de noble facture, le riesling a établi une synergie quasi-spontanée avec les arômes fins et acidulés des différentes déclinaisons gourmandes autour de ce légume racine rustique que le chef a littéralement magnifié.
    Les arômes salins et iodés de la chair de poisson crue et des grains de caviar ont stimulé l’expression olfactive du riesling qui a également bien tenu en bouche grâce à sa profonde minéralité qui lui a permis de répondre aux puissants effluves marins de ce plat tout en laissant persister un sillage iodé délicat.


    Pour la suite du repas ce sera un verre de Meursault Les Narvaux 2012 du domaine Girardin : un nez élégant et raffiné avec un fruit encore un peu dominé par des notes d’élevage (beurre, résine…), une bouche ample avec un gras « bourguignon » très charmeur et une ligne acide mûre qui porte la structure vers une finale longue, sapide et délicatement boisée

    5 1 27

    5 2 26
    La découpe de langoustines autour de fruits rouges

    5 3 12
    Le rouget à la plancha, cuit et cru, vinaigrette ananas verveine

    La douceur de la texture de la chair de langoustine s’est harmonisée parfaitement avec le gras du vin alors que les saveurs acidulées des petits fruits ont résonné avec la minéralité de sa finale mais je crois que c’est avec la tartelette à la fois acidulée, grillée et iodée que le mariage fut le plus abouti : le vin a gagné en expressivité et sa touche boisée s’est faite plus discrète en laissant se développer son caractère fruité et salin.
    Avec l’assiette consacrée au rouget, l’accord fut spontané et évident : le moelleux de la chair du poisson et l’ambiance exotique de son accompagnement ont donné une belle complexité aromatique au vin tout en lui répondant de façon équilibrée et harmonieuse en bouche.


    Pour accompagner les plats de viande, nous allons rester en Bourgogne avec un verre de Nuits Saint Georges 2013 du domaine Gouges : expression aromatique complexe et raffinée, notes de cerise rouge, d’épices douces sur un fond minéral sensible (graphite, terre humide), bouche longiligne, très élégante, jus gourmand, acidité souple et tanins fondus, finale bien sapide.

    6 86

    5 4 10
    La grillade de foie gras de canard au Baerawecka

    7 1 21
    La poitrine de pigeon rôtie de la maison Thierry Laurent, gâteau Forêt Noire « Bollenhut », sauce café

    7 2 21
    Le cappuccino de pommes de terre et truffe noire : le plat « signature » du chef

    J’avais gardé un fond de verre de Meursault pour le tester avec la préparation au foie gras et grand bien m’en a pris car l’accord s’est avéré superbe…même sur les arômes épicés du baerawecka où le vin a pu montrer toute ses ressources.
    Le Nuits Saint Georges n’a pas trop bien réagi face au foie gras seul mais avec le jus de pigeon comme trait d’union et le baerawecka comme exhausteur de saveurs l’accord s’est fait sans problème.
    Face à la chair fondante de la poitrine de pigeon nappée de sa réduction au café, le vin a évolué en terrain conquis : du ton sur ton pour un accord superbe qui s’est encore affiné avec les parfums sucrés et acidulés de la « Forêt Noire ». MIAM !
    Face à l’exceptionnel cappuccino tout en suavité et en finesse, le vin a tenu son rang de grand vin pour réaliser un très beau mariage…mais je pense qu’avec un cru de Nuits un peu plus évolué ou même un blanc de la Côte de Beaune de plus de 10 ans on n’était pas loin du Nirvana gustatif.


    Pour la fin du repas, il n’y a plus eu de vin – 4 jolis verres…ça suffit – mais deux très belles propositions de dessert :

    7 3 11
    L’instant douceur autour du pamplemousse avec un jus au sureau et des perles de basilic : un dessert fin, complexe et d’une fraîcheur réjouissante.

    7 4 6
    La signature sucrée : la crêpe Suzette revisitée avec des arômes de mandarine d’une très belle pureté.

    7 6 1   7 5 4
    Un café signé et une belle série de mignardises pour bien terminer ce magnifique repas.

    Certes ce restaurant est un peu loin de la route des vins – d’ailleurs il est un peu loin de tout – mais le voyage vers Wingen-sur-Moder mérite d’être fait par tout gastronome œnophile : la cuisine du chef Jean-Georges Klein est remarquable de précision et d’originalité, le cadre somptueux, le service impeccable et la carte des vins tout à fait spectaculaire (2500 références) fait une large place aux vignerons alsaciens.

    8 1 22
    La cave du restaurant…

    8 3 10
    …les verres et les carafes signées Lalique…

    8 2 24
    …les vins dans leur espace climatisé…

    8 4 5
    …et le livre de cave.

    Bref, voilà une adresse que j’ai vraiment envie de recommander car même si les prix des menus et des vins sont conséquents – mais on est dans un établissement doublement étoilé – on y passe un moment vraiment inoubliable. MIAM !!!

  • Petits repas entre bons vivants - Avril 2019

    Ce petit compte-rendu est destiné à partager avec vous un instant de convivialité où quelques bouteilles ont été débouchées et dégustées sans prises de notes : les commentaires sont rédigés à postériori en se basant sur des sensations en mémoire et (si possible) sur une nouvelle dégustation des fonds de bouteilles.

     

    Apéritif :

    Pouilly Vinzelles Les Quarts 2015 – La Soufrandière à Vinzelles : nez pur et charmeur, fruits blancs frais, pierre chaude et poudre de craie, petite touche bois/résine en fond, bouche ample avec un beau gras, équilibre très sec, finale longue et vive, sillage complexe avec un fruité net complété par de belles notes d’herbes aromatiques.
    Défendu depuis de longues années par les frères Bret, ce climat de Vinzelles est sur les rangs pour prétendre au classement 1° cru…et ce ne serait que justice quand on considère cette cuvée 2015 riche et profonde mais qui trouve un équilibre très dynamique grâce à une présence acide/minérale d’une grande profondeur.


    Plat : joues de porc confites au vin rouge et aux épices.

    Côte Rôtie Brune et Blonde 1990 – Domaine Guigal à Ampuis : nez riche, ouvert et bien mûr, notes de fruits noirs confits (mûre, cassis) sur un fond fumé/épicé très agréable, bouche ronde et suave, texture souple, tanins veloutés, finale très longue, présence minérale très stimulante.
    Châteauneuf du Pape Cuvée Noïa 2011 – Dupéré-Barrera à La Garde : nez puissant sur les fruits et les épices orientales, matière consistante et charpentée en bouche, développement aromatique intense, tanins fondants, finale intense et très épicée.
    Quoi de plus naturel que de convoquer deux grandes appellations du vignoble des Côtes du Rhône pour tenir compagnie à cette viande fondante baignant dans une sauce douce et épicée…et comme on pouvait s’y attendre les deux vins se sont parfaitement accordés avec le plat.
    La bouteille de Guigal – apportée par Thierry pour faire oublier la bouteille bouchonnée servie lors d’une récente réunion AOC – a livré une version mature et très aboutie d’un cru de Côte Rôtie : sa complexité aromatique et sa suavité en bouche ont crée une harmonie toute en nuances et en finesse avec le plat.
    Le Châteauneuf des Dupéré-Barrera – une cuvée signée Brunel/Cambie – a révélé une personnalité plus affirmée avec une matière musculeuse et une palette bien épicée…accord naturel et évident sur les épices mais la fougue de ce vin, peut-être encore un peu jeune, a fini par écraser le plat.


    Dessert : pannacotta fraise-coco- speculos

    Pfaltz VDP Erste Lage Mandelring-Scheurebe Auslese 2015 – Weingut Müller-Catoir à Haardt : aromatique épanouie et très séduisante, notes exotiques (litchi, mangue, ananas) et crayeuses, jus très riche, texture épaisse et onctueuse, acidité fine et longue qui étire une finale digeste et appétente.
    Après une première bouteille qui avait fait forte impression lors d'un repas en février, j’ai eu envie de resservir ce grand liquoreux du Palatinat pour accompagner cette petite préparation sucrée…et je crois que j’ai eu la main heureuse car ce vin s’est laissé boire avec une grande facilité – malgré une richesse en sucres assez hors normes (je n’ai pas trouvé les valeurs exactes) – tout en établissant une relation pacifiée et harmonieuse avec la panacotta.
    Je n’ai pas l’habitude de boire des vins avec des desserts mais avec des bouteilles de cet acabit, je suis tout à fait prêt à changer…

     Img 2818

  • Les vins du mois de mars 2019

    Img 2788

    Non ce n’est pas un poisson d’avril mais une petite diète sans alcool qui a couvert une bonne partie de ce mois…histoire de laisser un peu de répit à mon foie et pour vérifier mon niveau de dépendance par rapport à mon breuvage préféré.

    Les résultats sont plutôt encourageants…je vais donc pouvoir me remettre au travail en avril !

    Dsc 0018
    Le Wiebelsberg au printemps.

     

  • VIGNERON N°36 - Directrice de la rédaction : Oriane Nouailhac

    V

    Ce trimestriel consacre une bonne cinquantaine de pages au vignoble alsacien en vantant la beauté de ses paysages et sa diversité géologique unique au monde.
    Les textes sont de Léa Delpont, Birte Jansen et Jean-Luc Barde dont j’ai pu apprécier la verve lors d’une soirée mémorable à l’U.G.V.

    Après une introduction signée par Jean-Luc Barde, les 3 collaborateurs se relaient pour présenter une vingtaine de grands domaines alsaciens : L’Agapé, Barmès-Buecher, Emile Beyer, Paul Blanck, Paul Ginglinger, Ostertag, Mochel...et plein d’autres noms qu’on retrouve très souvent dans mes chroniques viniques sur ce site.

    Autant dire que je ne peux que vous recommander chaudement la lecture de cette revue qui parle vraiment bien de l’Alsace…mais pas que, puisqu’on y trouve aussi de beaux articles sur les domaines Overnoy ou Grivault ainsi que quelques contributions sur des vignobles étrangers.

     

  • Les vins du mois de février 2019

    Riesling Saint Jacques 2017
    Domaine Emile Beyer à Eguisheim

    Dsc 971

    Robe : jaune paille, très belle brillance.
    Nez : riche et séduisant, notes de fruits jaunes (mirabelle), de fleurs des prés et de poudre de craie.
    Bouche : attaque très vive, jus épais avec une texture assez grasse, charpente acide/saline bien construite, équilibre généreux mais digeste, finale salivante avec de beaux amers minéraux.
    Cette belle parcelle située à la périphérie de l’Eichberg permet à Christian Beyer d’élaborer une cuvée qui s’impose millésime après millésime comme l’un des très beaux vins de terroir de sa gamme.
    C’est un vin où on sent le côté ample et généreux de l’Eichberg et qui dispose à l’évidence d’un vrai potentiel de garde mais comme c’est déjà très bon maintenant, pourquoi attendre…MIAM !


    Riesling Grand Cru Kessler 2012
    Domaine Dirler-Cadé à Bergholtz

    Img 2753

    Robe : jaune moyen, très lumineux avec des reflets dorés.
    Nez : raffiné et charmeur, notes d’agrumes (mandarine, pomelo), de miel de fleurs et d’herbes aromatiques méridionales.
    Bouche : attaque franche avec une acidité vibrante et centrée, milieu de bouche riche et concentré, texture légèrement grenue, finale qui s’étire progressivement sillage citronné très rafraichissant.
    Né sur ce très beau terroir gréseux de Bergholtz, ce Grand Cru arrivé dans la force de l’âge mur s’exprime avec classe et gourmandise : l’aromatique est séduisante, le jus d’une parfaite suavité et la présence minérale bien typée.
    Quel beau riesling mes amis !


    Riesling Clos Mathis 2012
    Domaine Ostertag à Epfig

    Img 2730

    Robe : jaune clair, parfaite limpidité et beaucoup d’éclat.
    Nez : fin et racé, palette fraîche et stimulante, notes de citron et d’herbes de garrigue sur un fond minéral très discret.
    Bouche : présence magnifique avec un jus plein d’énergie parfaitement équilibré par une acidité filante et bien centrée, finale salivante avec de beaux amers et un sillage sur le pamplemousse et les zestes d’agrumes.
    Avec sa robe lumineuse, son expression aromatique d’une grande pureté et son jus parfaitement équilibré, ce riesling est né sur un terroir granitique du vignoble de Ribeauvillé.
    « L’intrus » de la cave Ostertag montre une fois encore qu’il mérite largement sa place parmi les cuvées d’élite de ce domaine. MIAM !


    Riesling Grand Cru Zotzenberg-Kappel 2011
    Domaine Rietsch à Mittelbergheim

    Img 2771

    Robe : jaune paille, très lumineux.
    Nez : intense et complexe, notes de pêche jaune, d’abricot, d’épices douces et de vanille avec une petite touche de volatile qui apporte une belle pointe de fraîcheur.
    Bouche : matière concentrée, acidité qualitative et bien tonique, équilibre très sec, finale longue et puissante avec une salinité bien marquée.
    Issu d’une parcelle située sur le lieu-dit Kappel – qui fait partie du Grand Cru Zotzenberg – ce riesling a été élevé longuement sur lies dans un foudre de la cave Rietsch.
    Après plus de 7 années de garde ce vin dégage une belle sérénité avec son jus puissant (14°), son équilibre vif (1,3g de SR) et sa très belle présence minérale. MIAM !


    Riesling Charta Rheingau 2013
    Weingut Spreitzer à Oestrich

    Img 2733

    Robe : jaune clair avec beaucoup d’éclat.
    Nez : discret mais très engageant, notes de poire, de pêche blanche et de vanille sur un fond minéral sensible.
    Bouche : attaque suave, acidité souple et bien large, milieu de bouche légèrement doux, finale digeste avec une salinité longue et impressive.
    Arrivé au sommet de sa forme après 5 années de garde, ce riesling élevé en partie sous bois (20% fûts + 80% cuve inox) est une petite friandise qui se laisse boire avec une facilité déconcertante tout en gardant de jolies caractéristiques organoleptiques qui nous rappellent que c’est aussi un vrai vin de terroir.


    Beaumes de Venise Les Terres Jaunes 2016
    Domaine de la Ferme Saint Martin à Suzette

    Img 2747

    Robe : rouge sombre et profond, fine frange purpurine.
    Nez : assez secret à l’ouverture, belle complexité après aération, notes de ronce, de mûre, d’herbes de garrigue et de violette.
    Bouche : attaque vive et franche, acidité incisive dont la virulence est rapidement équilibrée par un jus dense et fruité, tanins veloutés, finale très sapide mais qui serre encore un peu.
    L’heure de mon escapade méridionale approchant peu à peu, la tentation de déboucher quelques quilles sudiste se fait de plus en plus insistante…et c’est un domaine que je connais depuis pas mal d’années qui ouvre cette série : ce Terres Jaunes 2016 est probablement encore un peu jeune mais l’équilibre est en train de se construire et la dégustation procure déjà un maximum de plaisir dès maintenant.


    Saint Chinian Berlou D’une Main l’Autre 2013
    Domaine La Grange Léon à Berlou

    Img 2766

    Robe : sombre avec une légère frange pourpre.
    Nez : charmeur et racé, notes de fruits noirs, de laurier, de poivre et d’olive noire sur un fond minéral sensible (silex).
    Bouche : jus dense et très gourmand, texture caressante, équilibre parfait entre richesse et structure, finale longue et digeste avec de belles rémanences minérales.
    Cette magnifique cuvée de Saint Chinian Berlou évoque le souvenir de beaux moments de partage vinique passés en compagnie de Dany Jaffuel et Joël Fernandez (en 2016)…déjà impressionnant à l’époque, ce vin a encore gagné en classe et en complexité après ces quelques années de garde. MIAM !


    Santenay 1°Cru Clos des Mouches 2009
    Domaine Clair à Santenay

    Img 2767

    Robe : grenat sombre avec des bords tirant sur le roux
    Nez : fin et complexe, notes de cerise à l’eau de vie, de noyau de cerise, boisé subtil et fines touches de violette.
    Bouche : fraîche et parfaitement équilibrée, acidité bien centrée et trame tannique très fine, finale fruitée, longue et salivante.
    Un beau terroir, un beau millésime et un vigneron réputé sur l’appellation, voilà des éléments qui plaident pour la réussite d’une très belle bouteille…et ce 1° cru de Santenay arrivé dans la force de l’âge mûr est tout à fait conforme à mes attentes : c’est un vin mûr et complexe, très élégant mais avec une vraie profondeur. MIAM !

    Img 1875
    Premier mois de février depuis 20 ans sans aller tâter de la poudreuse loin de l’Alsace...on se rattrapera en 2020 !