Articles de pierre_radmacher

  • Les vins du mois de juin 2022

    Riesling Grand Cru Altenberg de Bergbieten-Cuvée Henriette 2017
    Domaine Mochel à Traenheim

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    Robe : jaune clair avec des reflets argentés
    Nez : ouvert et très complexe, notes de pomelo, d’aubépine et d’herbes aromatiques sur un fond crayeux
    Bouche : pleine et bien charnue avec un gras sensible et un équilibre bien droit, finale bien tonique avec de beaux amers et une salinité marquée.
    Avec son équilibre parfait entre richesse et sapidité ce riesling est une petite pépite vinique qu’on pourra apprécier dès aujourd’hui mais qui dispose des ressources nécessaires pour envisager une belle évolution en cave durant quelques années.
    Bref, c’est tout simplement un grand vin…chapeau Guillaume !


    Pinot Gris Grand Cru Hengst 2011
    Domaine Gaschy à Eguisheim

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    Robe : jaune franc avec beaucoup d’éclat
    Nez : ouvert et intense, palette très complexe avec des notes d’abricot, de gelée de coing et d’épices douces sur un fond finement torréfié.
    Bouche : attaque vive et franche avec une acidité puissante et large qui donne une assise solide à un jus très riche, finale tonique et salivante avec un sillage empyreumatique et épicé.
    Voilà un vin qui révèle de façon éclatante la force de ce grand terroir alsacien : non content de porter sa décennie avec une facilité déconcertante (et pourtant 2011 n’a pas été un très grand millésime en Alsace) ce pinot gris réussit à intégrer la générosité initiale de son jus fruité  pour nous proposer une bouche parfaitement digeste. MIAM !


    Meursault Les Tessons 2010
    Domaine Buisson-Charles à Meursault

    Bc 10 tessons

    Robe : jaune clair, très lumineuse
    Nez : très envoûtant avec une palette raffinée sur le citron, la chair de poire, les herbes à tisane (sauge, verveine) et la craie.
    Bouche : attaque vive et franche, milieu ample avec un gras élégant, finale longue acidulée et saline avec une belle persistance fruitée et crayeuse.
    Après l’époustouflant Tessons 2013, qui m’avait emmené vers un sommet qualitatif que je pensais indépassable – à mon niveau du moins – cette cuvée 2010 a réussi à m’emmener encore un peu plus haut si bien que j’ai envie de clore mon commentaire avec une sentence hautement technique : « P…que c’est bon !!! ».


    IGP Coteaux du Gard Medenas 2021
    SCA Les Grands Vins du Pazac à Meynes

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    Robe : jaune clair avec des reflets vert-pâle
    Nez : ouvert et bien frais, notes de citron et de fleurs blanches sur un fond légèrement musqué
    Bouche : attaque très vive, jus léger et très gourmand, finale tonique et appétante, pas très longue mais avec des amers délicats qui génèrent une belle salivation.

    Réalisée à partir d’un assemblage de cépages blancs (25% muscat + 22% grenache blanc + 16% viognier + 15% chardonnay + 11% vermentino + 11% marsanne) cette cuvée produite par une toute petit unité coopérative (7 vignerons) nous a séduit par sa belle aromatique et sa fraîcheur.
    Conseillé par l’incontournable Jérôme de la « Maison des Vins de l’Espiguette » ce blanc offre un rapport qualité/plaisir vraiment exceptionnel (de mémoire, il est vendu autour de 5 euros).

    Img 5440Vignoble autours des Dentelles de Montmirail avec le Ventoux à l’horizon.

  • Restaurant (U)(MA)(MI) à Strasbourg

    Grâce à mes amis du club AOC qui se sont cotisés pour me faire oublier que j’ai encore pris un an de plus au compteur, j’ai pu enfin découvrir ce restaurant étoilé situé en plein cœur du quartier de la Petite France à Strasbourg.
    J’ai les papilles qui frétillent !

    290137471 596513565141356 6308772068225815854 nOn y est… !

    Dans une salle de restaurant décorée avec sobriété et raffinement, Jessica Fieger s’occupe d’une petite une petite quinzaine de convives – je crois que la capacité totale du restaurant est de 16 couvertes – en leur proposant les créations culinaires de son époux René.
    Mon menu du soir se décline en 5 étapes gourmandes que j’ai choisi d’accompagner avec une sélection de vins au verre…hoppla, c’est parti !

    Apéritif

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    Quelques petites bouchées apéritives pour accompagner un verre de muscat signe Mochel.

    Muscat 2003 du domaine Mochel : un nez ouvert avec une expression fruitée mûre, une bouche généreuse mais bien sapide, finale douce et salivante.
    Ce muscat assez riche a bien répondu au défi gustatif de la première bouchée qui alliait des saveurs aigres douces et délicatement épicées : un accord assez naturel où le vin s’est épanoui pour dominer en finale.
    Face au second amuse-bouche qui nous invite à tremper un naan au fromage dans une préparation à la coriandre, ce fut un vrai duel aromatique qui a réveillé les saveurs épicées et végétales du vin.


    Premier plat


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    Nouille soba froide, miso, shiitaké et glace au foie gras

    Sauvignon The Ned 2020 du domaine Marisco (Nouvelle-Zeelande) : un nez expressif avec des notes de groseille et de pêche blanche sur un fond exotique, bouche gourmande avec une structure longiligne très élégante, finale très tonique.
    Malgré sa fringance et sa fraîcheur, ce vin venu des antipodes a eu un peu de mal à résister aux saveurs douces et acidulées de ce plat remarquable d’originalité et d’équilibre gustatif.


    Deuxième plat


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    Crevettes sauvages, houmous de fenouil et sauce aux herbes.

    Chenin 2020 du domaine Beaumont (Afrique du Sud) : un nez discret et complexe avec des nuances de fleurs blanches soutenues par une fine ligne citronnée, une bouche très élégante avec un gras sensible et une salinité bien marquée, une finale nette et salivante.
    Avec ses saveurs anisées, iodées, végétales et épicées qui se répondaient dans une parfaite harmonie, cette assiette a proposé un défi de taille au vin qui a bien résisté pour réaliser un accord équilibré sans pour autant créer de véritable dialogue gustatif. Les sensations salines du vin ont été stimulées par le plat mais en finale c’est la pointe pimentée du houmous qui a gardé la main.


    Troisième plat


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    Dos de rascasse, sauce au curry jaune et lait de coco

    Riesling Grand Cru Sommerberg 2012 du domaine Boxler : un nez complexe et assez mûr avec des notes miellées et florales sur un fond d’épices douces, une bouche plutôt riche avec un jus consistant qui enrobe une acidité mûre, une finale sapide mais un peu courte et marquée par une légère oxydation.
    Ce plat haut en couleur qui alliait les notes chaleureuses du curry, la fraîcheur des petits pois et la douceur de la chair du poisson nous a offert un vrai festival gustatif.
    Face à cette préparation aux arômes puissants, ce vin qui semblait pourtant donner quelques signes de fatigue, a réussi à créer une relation équilibrée et harmonieuse avec le plat…le potentiel gastronomique des grands rieslings alsaciens m’impressionnera toujours !


    Quatrième plat


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    Volaille d’Alsace à la sauce barbecue framboise-piment

    Motle Cock Red 2015 du domaine Castra Rubra (Bulgarie) : un nez mûr et flatteur avec des notes de fruits noirs et d’épices bien mûr sur un fond végétal noble, une bouche pleine et charnue avec des tanins souples et une finale fraîche et digeste.
    Une fois encore, l’assiette préparée par le chef nous proposait un jeu de saveurs et de textures parfaitement équilibré avec des brocolis frais et croquants et une volaille juteuse et moelleuse boostés par une sauce aux arômes intenses…un défi de taille que ce vin riche et chaleureux a relevé sans fléchir : le plat a donné de la force aux arômes fruités de ce vin qui est parvenu à rester souverain jusqu’en en finale.
    Un mariage vraiment étonnant !


    Dessert

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    Abricots pochés, crème de noisettes et glace au shiso…

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    …et une petite Chartreuse jaune avec quelques douceurs pour finir

    Avec son ambiance intimiste et chaleureuse dans un décor épuré et raffiné, son service souriant et attentionné et sa cuisine qui nous fait voyager en nous proposant des mets aux saveurs originales mais parfaitement équilibrées, le restaurant (U)(MA)(MI) mérite amplement sa place parmi les très belles adresses gastronomiques de notre région.

    Mon enthousiasme ne sera tempéré que par le choix des vins au verre proposés pour accompagner mon menu : même si les accords ont tous très bien fonctionné, j’ai quand même regretté de ne pas trouver plus de vins français et c’est d’autant plus frustrant que la carte des vins du restaurant comptait une pléthore de belles références alsaciennes, bourguignonnes ou rhodaniennes.

     

  • Les vins libres sont à la fête en Alsace

     Les amateurs de vins naturels ou les oenophiles désireux de déciouvrir une autre façon de concevoir le vin pourront profiter de deux évènelments festifs et gourmands organisés en ce début de vacances estivales :

    2022 07 10 summerfascht
    - le "Summerfascht" qui se tiendra à "L'Illiade" d'Illkirch-Graffenstaden les 10 et 11 juillet 2022 
    Vous trouverez tous les détails dans le lien vers communiqué de presse relatif à l'évènement
    Communique presse avla summerfascht4 2022 v2communique-presse-avla-summerfascht4-2022-v2.pdf (45.68 Ko)

    - le "Salon des Vins Libres" qui se tiendra au Biotope de Mittelbergheim les 16 et 17 juillet 2022

    Salondesvinslibres 2022

     

     

  • Petits repas entre bons vivants - Juin 2022

    Ce petit compte-rendu est destiné à partager avec vous un instant de convivialité où quelques bouteilles ont été débouchées et dégustées sans prises de notes : les commentaires sont rédigés à postériori en se basant que sur des sensations en mémoire.et (si possible) sur une nouvelle dégustation des fonds de bouteilles…à table !

    Un déjeuner en compagnie de 3 fins becs avec au menu :
    - salade composée blé, thon, courgette et maïs au curry
    - brochettes de filet mignon au chorizo et macédoine de légumes maison
    - munster de la ferme-auberge du Strohberg
    - panna cotta, fraise, coco, basilic

    Et quelques bouteilles pour accompagner tout ça !

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    Les notes des premiers vins ont été rédigées après avoir regoûté les fonds de bouteilles le soir :

    Riesling Grand Cru Rangen-Clos Saint Théobald 2019 – Domaine Schoffit : robe jaune moyen, très lumineuse, nez très séduisant avec une palette suave et complexe (agrumes, pierre, fumé léger…), bouche consistante avec du gras et de la structure, équilibre bien droit avec une belle salinité, finale tendue et légèrement tannique  avec une belle persistance aromatique sur le pamplemousse.
    Un Rangen ouvert et accessible dans sa jeunesse qui confirme son niveau à chaque nouvelle dégustation…un apéritif de luxe !
    Luberon 2009 – Domaine Guillaume Gros : robe presque noire avec une frange grenat, nez assez évolué mais très avenant, notes de prune bien mûre et d’aromates sur un fond délicatement chocolaté, bouche puissante et concentrée avec des tanins soyeux, finale assez digeste avec un belle persistance sur le cacao amer.
    Un rouge sudiste tout en rondeur et en expressivité qui a bien tenu face aux arômes épicés de l’entrée.

    Les trois vins suivants n’ont pas survécu au déjeûner…donc notes plus courtes rédigées de mémoire :

    Coteaux du Languedoc Terrasses du Larzac 2013 – Domaine de Montcalmès : robe sombre, olfaction fraîche et raffinée, bouche longiligne, très élégante, tanins bien enrobés, finale digeste et délicatement épicée.
    Même si le style tout en finesse de Montcalmès a orienté les dégustateurs du jour vers le vignoble bourguignon, le vin a quand même réussi à tenir tête aux saveurs pimentées et épicées de la viande…à croire que le plat a réveillé le caractère sudiste de cette très belle bouteille.

    Alsace Altenberg de Bergheim 2011 – Domaine Deiss : robe jaune franc, très lumineuse, nez complexe et envoûtant avec des notes fruitées et terpéniques, bouche très lumineuse avec un jus riche et suave mais très tonique, finale sapide avec une très longue persistance sur les agrumes et la fraise des bois.
    Avec son aromatique vraiment exceptionnelle et sa présence en bouche d’une classe folle, cet Altenberg a mis tout le monde d’accord autour de la table : c’est un très grand vin qui commence à arriver au top de sa forme et qui a bien apprécié l’association avec un munster affiné à plus de 1000 mètres d’altitude sur les flancs du Petit Ballon…un vrai mariage d’amour entre un « paysan » et un « aristocrate ».

    Gewurztraminer S.G.N. 2001 – Domaine Mochel : robe jaune profond avec de reflets topaze, nez riche et complexe, notes de céréales grillées et d’agrumes confits sur un fond légèrement épicé, bouche bien liquoreuse mais assez facile à siroter grâce à une finale bien digeste

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    Après plus de 2 décennies de garde cette demi-bouteille d’or liquide a magnifiquement accompagné le dessert : voilà une SGN qui a trouvé son équilibre idéal et qui se boit avec une facilité déconcertante…quel régal !

  • Les vins du mois de mai 2022

    Riesling Grand Cru Kaefferkopf-Vieilles Vignes 2010
    Domaine Adam à Ammerschwihr

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    Robe : jaune profond avec des éclats dorés
    Nez : évolutif et très complexe, notes d’agrumes et de zestes d’agrumes, de cire d’abeille et de résine sur un fond pierre à fusil
    Bouche : attaque très vive avec une acidité alerte et puissante qui structure un jus fruité bien frais, finale très digeste avec un beau sillage citronné et terpénique.
    Après plus de 10 années sous verre, ce riesling exprime avec une parfaite lisibilité la signature granitique de ce beau terroir d’Ammerschwihr. C’est un vin qui semble avoie atteint son plateau de maturité mais qui dispose des ressources nécessaires pour y rester encore longtemps.


    Mâcon-Vinzelles Le Clos de Grand-Père 2019
    La Soufrandière à Vinzelles

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    Robe : jaune clair, avec des reflets argentés
    Nez : intense et très évolutif qui s’ouvre sur notes de citron frais et de craie avant de laisser s’exprimer de belles notes de fleurs blanches
    Bouche : attaque souple et suave, milieu assez riche, texture consistante et légèrement grenue, finale fraîche et très saline.
    Cette cuvée que je suis depuis ma première rencontre avec les frères Bret se goûte toujours aussi bien avec ce jus dense et sapide et cette expression aromatique d’une pureté inouïe…une petite consolation pour oublier que mes deux gaillards ne sont toujours pas prêts à me filer mon billet d’entrée pour génération des papys.


    Meursault Les Tessons 2013
    Domaine Buisson-Charles à Meursault

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    Robe : jaune profond avec des éclats dorés
    Nez : évolutif et très complexe, notes d’agrumes et de zestes d’agrumes, de cire d’abeille et de résine sur un fond pierre à fusil
    Bouche : attaque très vive avec une acidité alerte et puissante qui structure un jus fruité bien frais, finale très digeste avec un beau sillage citronné et terpénique.
    J’ai toujours adoré les vins issus de ce grand terroir de Meursault, surtout lorsqu’ils sont vinifiés par un vigneron de la trempe de Patrick et ce n’est certainement pas cette cuvée sublime, arrivée sur son plateau de maturité optimale, qui va remettre en cause cette dilection.
    Voilà probablement une bouteille qui va entrer dans le gotha des plus grands vins dégustés cette année. MIAM !


    Pinot Noir Vieilles Vignes 2019
    Domaine P. Gaschy à Eguisheim

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    Robe : grenat profond avec une frange tirant sur le roux
    Nez : intense et flatteur avec des arômes fruités (fraise, cerise burlat) et épicés sur un fond légèrement fumé
    Bouche : charnue et bien gourmande avec des tanins très onctueux, finale fraîche et salivante avec une belle persistance fumée/épicée.
    Avec ce millésime béni pour les pinots noirs, ces terroirs d’Eguisheim capables de donner naissance à de grands vins rouges et ce vigneron formé à Beaune et particulièrement bien inspiré lorsqu’il s’agit de travailler ce cépage, nous avions là des conditions idéales pour faire naître une très belle bouteille…et ça n’a pas raté ! Bravo Hervé !


    Vacqueyras Variation 2019
    Domaine Montvac à Vacqueyras

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    Robe : sombre, dense, presque noire
    Nez : intense et complexe, notes de fruits noirs bien mûrs, d’herbes de garrigue et d’épices orientales
    Bouche : pleine et concentrée avec un jus fruité bien consistant mais très digeste, texture soyeuse, finale sapide avec une persistance épicée et légèrement fumée.
    Lorsque je commence à planifier mon périple sudiste, je débouche toujours l’une ou l’autre bouteille qui va m’emmener vers ces vignobles méridionaux que j’aime de plus en plus comme cette cuvée de Vacqueyras qui nous propose une équilibre tout à fait remarquable entre puissance et buvabilité…allez, je prépare ma valise !


    Ventoux Souvage 2020
    Domaine La Combe au Mas à Mormoiron

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    Robe : rubis profond avec une finale frange mauve
    Nez : très intense et complexe, notes de livèche, de bois de réglisse et de poivre noir sur un fond fumé très présent
    Bouche : très puissante avec un jus concentré et bien texturé structuré par une acidité fraîche et une trame tannique fine mais bien stimulante, finale tonique avec une présence minérale bien salivante
    La suite de la préparation à ma future sortie dans le sud a été assurée par cette cuvée incroyable vinifiée par Thomas Ayoun à partir de raisins récoltés sur une vigne qui n’a plus connu d’intervention humaine depuis plusieurs années.
    C’est un vin vraiment hors norme qui m’étonne, m’interpelle et finit toujours par me séduire. MIAM !

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    Tu aimais bien manger, boire un bon vin ou une bière fraîche, tu aurais eu 90 ans le 26 mai

  • Winstub Le Rosenmeer à Rosheim

    Même si je n’en ai que très peu parlé sur ce site (à part pour évoquer une soirée en compagnie de la famille Weinzorn), le Rosenmeer a été le restaurant gastronomique que j’ai fréquenté le plus souvent mais je ne n’avais encore jamais testé la « winstub » attenante, j’ai donc profité d’une petite virée dans le vignoble alsacien pour combler cette lacune.

    1 202La winstub du Rosenmeer

    Le chef Hubert Maetz est aux fourneaux dans sa grande cuisine où sa brigade prépare aussi bien les plats pour le restaurant gastronomique que la winstub.

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    Le menu »Printemps » de la winstub est servi en trois temps :
    - l’entrée : marcassin, asperges d’Alsace et copeaux de jambon séché comme un carpaccio
    - le plat : assiette de la marée aux herbes
    - le dessert : vacherin glacé aux fraises

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    L’assiette de l’entrée…

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    …et le plat.

    Pour l’apéritif et pour l’entrée, j’ai choisi un verre de Muscat 2019 du domaine Jacques Maetz : un nez séduisant avec des notes de raisin frais sur un fond finement mentholé, une bouche riche mais avec un équilibre bien sec, une finale gouleyante et sapide.

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    Avec son aromatique expressive et bien typée et son jus bien construit, ce muscat m’a séduit : de belles promesses au nez et une présence en bouche qui assure…un équilibre pas toujours facile à construire avec ce cépage.
    Après une prestation souveraine à l’apéritif, le muscat a eu fort à faire face à une assiette très complexe en saveurs et en textures mais il a réussi à tenir sa place dans cet environnement gastronomique un peu impressionniste tout se payant le luxe de rester maître du jeu en finale…le muscat est un cépage magique !


    Pour le repas ce sera un verre de Riesling Réserve du Domaine 2014 du domaine Jacques Maetz : un nez fin et discrètement zesté, une bouche juteuse et bien saline, une finale tonique avec une belle persistance minérale et terpénique.

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    Issu d’un millésime qui se goûte très bien en ce moment – et qui nous réserve de plus en plus de bonnes surprises en Alsace – ce riesling entré dans sa phase de pleine maturité se laisse boire avec plaisir tout en révélant une trame minérale de belle facture.
    Face à cette préparation qui nous emmenait dans une ambiance gustative très douce avec un filet de lieu moelleux et des légumes croquants dans une nage généreusement crémée, le riesling s’est senti particulièrement à l’aise : ses arômes se sont intensifiés et son acidité est devenue plus saillante pour nous laisser le palais parfaitement frais et dispos…bref, l’assiette et le verre se sont vidés tous seuls !


    J’ai été ravi de retourner dans cette grande institution gastronomique de Rosheim, pour y retrouver le chef Hubert Maetz et déguster quelques très belles préparations culinaires dont j’ai apprécié autant la présentation que l’harmonie des saveurs et des textures.
    Comme toute winstub qui se respecte, les vins du domaine familial sont proposés pour accompagner avec bonheur les jolies assiettes qui sortent de la cuisine du restaurant gastronomique.

    Pour finir, il faut également relever la qualité du service, rapide et sympathique ainsi que des prix très raisonnables pour le menu comme pour les vins…que demander de plus !

     

  • Les vins du mois d'avril 2022

    Muscat Mittelweg 2019
    Domaine Gross à Gueberschwihr

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    Robe : jaune franc avec un léger trouble
    Nez : intense et charmeur, notes de raisin frais sur un fond floral épanoui et complexe (fleur de sureau, muguet, fleur d’oranger)
    Bouche : pleine et charnue structurée par une acidité assez vive et une fine trame tannique, texture légèrement grenue, finale tonique avec des amers minéraux délicats.
    Avec son aromatique épanouie et sa présence en bouche pleine d’énergie cette cuvée de muscat de macération (25 jours, raisins égrappés) révèle une vrai personnalité de vin de terroir et nous rappelle que Vincent Gross est vraiment une référence alsacienne sur ce style de vin. MIAM !


    Riesling Grand Cru Kastelberg 2011
    Domaine Moritz à Andlau

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    Robe : jaune profond avec des éclats dorés
    Nez : complexe et racé avec des notes de pamplemousse, de cire d’abeille et d’épices sur un fond terpénique assez marqué
    Bouche : droite et puissante avec un jus concentré et légèrement grenu, présence saline intense, finale très salivante avec des amers nobles et un long sillage minéral (pierre à fusil, poudre à canon)
    Après une décennie de vieillissement, ce Kastelberg assume pleinement la puissance et le caractère minéral un peu austère qui lui viennent de e grand terroir de schiste : c’est un vin pur et racé qui fera merveille à table dès maintenant mais qui pourra encore attendre quelques années en cave.


    Moselle Château de Vaux-Maddalena 2015
    Domaine Molozay à Vaux

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    Robe : jaune franc, très lumineuse
    Nez : intense et complexe, notes de pomelo, d’anis et de gingembre sur un fond végétal noble relevé par de fines nuances torréfiées
    Bouche : attaque franche avec une acidité mure et large qui structure un jus fruité consistant et très salin, finale tendue et salivante avec un retour persistant sur les agrumes.
    Elevée durant 14 mois dans des fûts de chêne mosellan de 600 litres, cette cuvée 100% müller-thurgau est une vraie petite pépite qui allie parfaitement gourmandise et buvabilité tout en révélant un caractère gastronomique tout à fait exceptionnel : c’est un grand vin qui se plaira en compagnie de mets raffinés à base de fruits de mer comme des gambas ou des saint jacques. MIAM !


    Pouilly Fuissé En Carementrant 2012
    Domaine Bret Brothers à Vinzelles

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    Robe : jaune clair avec des éclats argentés
    Nez : ouvert et très frais, notes de cédrat et de gingembre frais sur un fond fumé très délicat.
    Bouche : attaque vive avec un jus dense posé sur une acidité bien large, toucher bien gras, finale très sapide avec un long sillage sur le citron, la cire et la résine.
    Après une petite déception sur une cuvée de Pouilly-Fuissé La Roche 2010, dégustée lors d’une récente session AOC, ce magnifique « En Carementrant » 2012 m’a pleinement rassuré : c’est un vin riche, complexe et sapide, étonnant de jeunesse et capable de résister encore quelques années à l’usure du temps.


    Roussette de Savoie Marestel 2009
    Domaine Dupasquier à Jongieux

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    Robe : jaune profond avec des éclats vieil or
    Nez : mûr et complexe avec des notes de miel de châtaignier, d’agrumes confits et de cire sur un fond légèrement fumé/grillé.
    Bouche : ample et suave avec un centre légèrement moelleux, finale droite et digeste avec des amers minéraux bien salivants et une belle persistance sur les épices et la pierre à fusil.
    Malgré une robe dorée qui trahit son âge, cette cuvée d’altesse séduit par sa rondeur gourmande tout en nous étonnant par sa présence en bouche pleine de fraîcheur et d’énergie…une valeur sure du vignoble savoyard qui tient superbement son rang. MIAM !


    Mondeuse Avalanche 2019
    Domaine F. Trosset à Arbin

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    Robe : sombre, presque noire avec une frange pourpre
    Nez : mûr et expressif, notes de prune, de myrtille et de poivre noir
    Bouche : attaque douce et suave, centre souple et fruité avec des tanins très soyeux, finale fraîche et délicatement épicée.
    Ce domaine que j’ai visité l’année passée, produit une jolie série de vins savoyards comme cette cuvée de mondeuse récoltée sur son terroir de prédilection et élevée en cuve. C’est un vin plein de gourmandise avec un fruité bien défini stimulé par la signature épicée du cépage.


    Maranges 1°Cru La Fussière 2019
    Domaine Regnaudot à Dezize-les-Maranges

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    Robe : rubis très profond avec des bords bien compacts
    Nez : mûr et expressif, notes de fruits rouges frais et de pivoine sur un fond boisé très raffiné.
    Bouche : voluptueuse et gourmande avec un jus fruité dense et très soyeux, finale étirée et sapide, stimulée par une acidité longue et une présence minérale salivante.
    Suivant les recommandations d’un partenaire de golf, j’ai visité ce domaine à l’automne 2021 et depuis je goûte régulièrement les cuvées de maranges que j’y ai acheté pour vérifier que mes bonnes impressions initiales se confirment dans le temps…et ce n’est pas cette superbe bouteille de premier cru qui va me faire revoir mon jugement initial : c’est un vin plein et expressif qui se livre à la dégustation avec une gourmandise tout à fait irrésistible…on oublie très facilement que c’est également un vin de garde qui pourra se bonifier encore quelques années en cave.

    Dsc 61
    Le Rangen au printemps 2022

     

     

  • L'Altévic à Hattstatt - Visite 2022

    Même si durant l’été 2021 j’ai eu l’occasion de participer à un diner-dégustation à l’Altévic autour des vins du domaine Otter, ça faisait bien longtemps que je n’avais pas fait une pause déjeuner dans ce restaurant de Hattstatt.
    J’ai donc profité d’une sortie dans le vignoble alsacien – pour aller travailler sur mon article à propos du Hengst avec Hervé Gaschy – pour faire une nouvelle petite halte gourmande chez Jean-Christophe Perrin et son équipe.

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    La formule déjeuner est à 24 euros avec une entrée, un plat et un dessert.

    En ce début mai le menu du jour de l’Altévic nous propose les plats suivants :

    279785912 373735787859384 6057382098779576258 nSalade de poireaux de Munwiller au fruit de la passion, saucisson de cuisse de volaille

    279678157 707337367076340 2448773652770123072 nPaleron de bœuf cuit mœlleux, légumes braisés de chez Sylvie

    279809259 1135314870586919 6105778978998943791 nGalette/ pancake d'avoine, fruits du verger, sauce caramel

    Pour l’apéritif et l’entrée, j’ai choisi un verre de Riesling Grand Cru Pfersigberg-Hertacker 2019 du domaine P. Ginglinger : une aromatique discrète avec une palette florale délicate, une bouche très droite avec un équilibre, une finale stimulante avec de la salinité et de beaux amers minéraux.

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    L’entrée qui associe une saucisse faite maison et des poireaux assaisonnés avec une vinaigrette au goût exotique, offre un jeu de saveurs et de textures d’une grande subtilité.
    Ce plat original – comme toujours à l’Altévic ! – a réveillé l’expression aromatique du vin qui a autant aimé le moelleux et la suavité de la saucisse que les saveurs végétales et exotiques de l’accompagnement mais il a gardé la main en finale avec une persistance minérale bien marquée.

    Pour le plat de résistance, j’ai choisi de rester chez le même viticulteur en demandant un verre de Pinot Noir Les Rocailles 2019 du domaine P. Ginglinger : un joli bouquet floral au nez, un jus gourmand et solidement charpenté en bouche avec une trame tannique très soyeuse et un finale longue, sapide et délicatement fumée.

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    L’assiette du plat principal révèle des arômes très engageants et nous présente une viande qui fond littéralement sur la langue, un jus bien goûtu et des légumes légèrement craquants boostés par le romarin et les oignons crus…bref, nous avons là un jeu de saveurs et de textures plein de gourmandise et d’harmonie.
    Ce plat a réussi à dompter un peu la fougue de ce vin qui aurait besoin d’encore un peu de temps pour trouver son équilibre (comme beaucoup de 2019 d’ailleurs).
    L’accord a permis à ce grand pinot noir de définir son profil aromatique tout en donnant plus de souplesse à sa structure.

    Pour résumer et pour conclure, je ne vais pas faire beaucoup d’effort pour être original, je dirais simplement qu’une fois encore, j’ai passé un très beau moment de gastronomie à l’Altévic…Bravo et merci M. Perrin !